Le Tour d’Europe de la Souris Verte : étape Pays-Bas

Du 22 au 25 Mai 2014, les électeurs des 28 états membres de l’Union Européenne vont élire les 751 députés Européens au sein du Parlement Européen. Mais il se passe quoi au fait un peu partout en Europe ? Comment les jeunes militants voient-ils l’Europe, l’engagement politique et les enjeux politiques des élections ? On a posé la question à plusieurs militants, pour notre Tour d’Europe, et aujourd’hui c’est Jeroni & Kim des Pays-Bas qui nous répondent !

Ecosprinter / Souris Verte : Salut Jeroni and Kim, comment allez vous ? Qui êtes vous ?

Jeroni : Ca va super bien ! Je suis Jeroni, j’ai 26 ans et j’habite à Amsterdam. Je suis active depuis déjà sept ans pour l’écologie au sein du groupe local des DWARS (les Jeunes écolos néerlandais, ndlr). Lorsque j’étais chargée des relations internationales pour DWARS je me suis plus impliquée au sein de la FYEG (la Fédération des Jeunes Verts Européens, ndlr) et ça m’a énormément plu d’emblée ! Et maintenant, je suis candidate pour les élections européennes pour le parti des Verts néerlandais, GroenLinks. Je m’intéresse plus particulièrement aux questions de diversité et d’égalité des droits mais également du futur de l’Europe. Dans l’idéal, une Europe où les jeunes jouent un rôle plus important dans la prise de décision et contribuent d’avantage à la création des politiques publiques.

Kim : Moi aussi ça va super ! Je m’appelle Kim, j’ai 24 ans et je fais partie de l’équipe de campagne de la FYEG pour les élections européennes. Je suis très intéressée par tout ce qui tourne autour de la justice climatique. J’aime bien réfléchir aussi à la manière de créer des villes plus durables. La campagne des européennes me passionne et j’espère qu’en créant une super campagne européenne avec les autres représentants de la FYEG, on va pouvoir faire changer les choses !

Ecosprinter / Souris Verte : Vous êtes donc toutes les deux engagées pour la campagne aux Pays-Bas. Comment ça se passe ? Quels sont les enjeux principaux aux Pays-Bas ?

Kim & Jeroni : L’euroscepticisme, évidemment. Aux Pays-Bas, les gens ont l’impression que leur argent est utilisé pour renflouer les caisses des Espagnols et des Grecs trop paresseux pour travailler… Alors que nous savons pertinemment que la réalité est très différente, et nous savons également que ce genre de discours crée un grand sentiment de non-solidarité entre les peuples et au sein de l’Europe.

Les Néerlandais ont aussi l’impression que Bruxelles est un gros monstre très méchant, qui prend tout un tas de décisions non voulues contre notre intérêt. Donc l’enjeu principal reste pour nous de parvenir à expliquer aux Néerlandais que les Etats-membres de l’Union Européenne sont les principaux décideurs et votants, et que Bruxelles ne parle pas d’une seule voix. Un autre enjeu également très important, c’est de parvenir à expliquer ce que les Verts veulent au niveau européen. Le fait que nous voulons une Union Européenne puissante sur le plan politique, mais qui prend un autre chemin que celui qui est actuellement emprunté. On ne veut pas d’une Union uniquement concentrée sur le libéralisme et la loi du marché. On veut une Europe qui se bat pour l’égalité, pour une économie plus durable, un endroit où tout le monde peut vivre en paix et peut trouver ses besoins essentiels satisfaits.

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Ecosprinter / Souris Verte : Pourquoi avez-vous choisi de vous engager dans la campagne ?

Jeroni : Parce que j’ai l’impression que beaucoup de jeunes en Europe ne savent plus ce que la politique européenne signifie vraiment. Ca me paraît vraiment important de s’engager, et d’autant plus quand on est jeune. Convaincre d’autres jeunes qu’ils sont l’avenir et qu’ils peuvent construire l’Europe (oui c’est cliché…) ! En travaillant avec la FYEG je me suis rendue compte de beaucoup de choses par rapport à l’intégration européenne et j’ai pu me rendre compte que les Jeunes Verts européens ont vraiment les mêmes objectifs, malgré les différences entre les pays. Cela m’a conforté dans ma volonté de descendre dans la rue, de débattre et de participer à des actions pour faire part de mon expérience et convaincre les gens de voter pour les Verts !

Kim : Moi aussi, travailler avec la FYEG m’a largement ouvert les yeux sur les enjeux internationaux et européens. J’ai aussi la chance d’étudier dans la ville les plus internationale des Pays-Bas, où je rencontre souvent des Espagnols et des Grecs. En parlant avec eux, on se rend compte que certains objectifs et certaines luttes peuvent être communes. On se rend aussi compte de l’importance de la solidarité européenne ! Nous devrions tous avoir les mêmes possibilités, partout en Europe, et dans le reste du monde. Faire partie de l’équipe de campagne de la FYEG m’a fait comprendre les différences culturelles entre chaque pays, et la difficulté qu’il peut y avoir à faire une campagne commune !  C’était une expérience assez difficile, mais aussi très enrichissante !

Ecosprinter / Souris Verte : Y a-t-il une proposition qui te tient particulièrement à cœur parmi celles présentées dans le projet ?

Jeroni : “Vous n’avez AUCUN avenir.” Nous refusons de faire partie de la “génération perdue”, qui n’a aucun accès à l’emploi, ou au logement malgré des études de plus en plus longues. Nous demandons que la lutte contre le chômage des jeunes soit une priorité au niveau européen à la fois sur le long et le court terme. Pour moi, le chômage des jeunes est l’un des plus gros problèmes de notre époque. Il serait temps d’arrêter de se concentrer sur les mesures d’austérité et choisir de se battre pour une vie meilleure pour les jeunes générations.

Kim : “Avez vous assez chaud ?” L’Union Européenne a une grosse responsabilité vis-à-vis du réchauffement climatique, et en ressent d’ailleurs les premières conséquences, mais également une vraie possibilité de conduire le changement. Nous demandons un traité européen engageant contre le changement climatique d’ici 2015. Ce traité incluant des objectifs chiffrés et obligatoires de réduction des émissions de gaz à effet de serre, une taxe-carbone et des ultimatums progressifs concernant les négociations internationales relatives au changement climatique.

Une Europe plus écologique peut avoir un réel effet sur le futur de notre planète et sur les générations futures. Nous attendons beaucoup des négociations du COP 21 qui aura lieu à Paris et qui sera crucial pour les questions de réchauffement climatique. L’Union Européenne peut jouer un vrai rôle de leader en choisissant des objectifs ambitieux et en convainquant d’autres pays et d’autres régions de l’imiter.

Ecosprinter / Souris Verte : Demain, comment voyez-vous l’Europe ?

Kim : J’aimerais une Europe où l’égalité des chances est valable pour toutes et tous. En regardant le contexte néerlandais actuel, je n’ai pas l’impression que ce soit le genre de chose qui arrivera rapidement. Il y a une vraie possibilité que Wilders (Geert Wilders, fondateur et candidat du PVV, principal parti eurosceptique et nationaliste des Pays Bas, ndlr) remporte les élections, et si un groupe d’extrême droite se constitue au Parlement européen, nos idéaux écolos ne risquent pas de progresser… Je reste optimiste malgré tout. Des débats houleux au Parlement européen permettront peut être d’attirer l’attention sur les enjeux européens et réaliser que le projet des Verts est le plus cohérent et le plus souhaitable pour l’Europe. Si on ne gagne pas cette année, ce sera pour 2019 !

Jeroni : Peut être pas demain, mais à l’avenir j’aimerais voir une Europe plus solidaire. Une Europe qui prend conscience des liens de fait qui se sont constitués entre les pays, et qui nécessitent que nous réfléchissions à une plus grande échelle. Une Europe où l’avenir est plus prometteur et où les générations futures pourront respirer un air pur et se balader dans des forêts préservées. C’est comme cela que j’imagine l’Europe du futur.

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