Le Tour d’Europe de la Souris Verte : étape Portugal

Du 22 au 25 Mai 2014, les électeurs des 28 états membres de l’Union Européenne vont élire les 751 députés Européens au sein du Parlement Européen. Mais il se passe quoi au fait un peu partout en Europe ? Comment les jeunes militants voient-ils l’Europe, l’engagement politique et les enjeux politiques des élections ? On a posé la question à plusieurs militants, pour notre Tour d’Europe, et aujourd’hui c’est Célia, une adhérente franco-portugaise des Jeunes Ecolos qui nous répond !

Ecosprinter / Souris Verte : Salut Célia, ça va ? Qui es-tu ? D’où viens-tu ?

Célia : Je suis adhérente au groupe local de Rennes des Jeunes Ecologistes. Je suis franco-portugaise. Ma famille paternelle a quitté le Portugal -plus précisement la région de Trás-os-Montes au nord-est du pays- en 1972 pour venir s’installer en France afin de fuir la dictature.

Ecosprinter / Souris Verte : Qu’est-ce qu’être Européen pour toi ?

Célia : Etre européen pour moi, c’est à la fois être réaliste et utopiste. La mondialisation, les crises sociales, écologiques, … ne peuvent être combattues à l’échelle nationale, le choix de l’intégration européenne est par conséquent une nécessité.

Reconnaitre la nécessité du projet européen, n’empêche aucunement d’en combattre les nombreuses dérives et d’influencer la construction européenne dans un sens plus social, démocratique, écologique et soyons fou : fédéral !

« Il faut de l’imagination pour construire le monde de demain » comme le rappelait Daniel Cohn Bendit à François Hollande.

Ecosprinter / Souris Verte : Quelle est la situation dans ton Euro-région ? Quels sont les candidats ? Quelle est la dynamique ?

Célia : Il n’y a qu’une seule et unique circoncription au Portugal pour les élections européennes. Le Portugal est frappé par les politiques d’austérité depuis 6 ans. La situation est très difficile pour les citoyens face aux diminutions des salaires, des retraites, des aides sociales et l’augmentation des impôts. La colère est grandissante contre la coalition gouvernementale entre le Parti Social Démocrate et le Parti Populaire et les mesures imposées par la « Troika » (UE, FMI et BCE).

Une sortie du plan d’aide économique a été opérée le 17 mai dernier sans aide supplémentaire, cependant le gouvernement ne semble pas vouloir renoncer à la politique de rigueur malgré les défaites électorales et les manifestations de plus en plus importantes.

Il y a 16 listes constituées pour les élections européennes dont (pour ne citer que les plus importantes selon les résultats des élections européennes de 2009 et les sondages) :

AP (Alliance Portugal) réunissant le Parti Social Démocrate et le Parti Populaire.

PS (Parti Socialiste).

BE (Bloc de Gauche).

CDU (Coalition démocratique unitaire), alliance entre le Parti Communiste Portugais (PCP) et le Parti Ecologiste les Verts (PEV) sous l’intitulé CDU (coalition démocratique unitaire).

Les têtes de liste du CDU est João Ferreira et Inês Zuber, députés européens et membres du Parti Communiste Portugais. Sur les 21 candidats, seules Manuela Cunha (4ème position) et Susana Silva (20ème position) sont membres du Parti Ecologiste les Verts. Le programme du CDU est dominé par les idées du PCP.

Les derniers sondages (source Eurosondagem, semaine du 14 au 22 avril) :

Parti Socialiste : 37,5% (+10,97% par rapport aux élections 2009)

Alliance Portugal : 37,1% (- 7,6% par rapport aux élections de 2009)

CDU : 10,9% (+0,3% par rapport aux élections de 2009)

BE : 5,5% (- 5,2% par rapport aux élections de 2009).

Si les sondages se confirment, le peuple portugais condamnera une fois de plus électoralement la politique gouvernementale. Le parti socialiste semble retrouver une certaine adhésion à son programme depuis la crise politique de 2011 et les élections anticipées perdues à cette occasion. Le CDU pourrait créer la surprise au vu des mauvais sondages du BE et de ses bons résultats aux élections municipales de septembre 2013.

Petite exception européenne qui mérite d’être soulignée : l’extrême-droite à priori restera quasi-inexistante.

Ecosprinter / Souris Verte : Les élections européennes sont les élections les moins populaires. Pourtant, même avec des Eurodéputés loin à Bruxelles et Strasbourg, les conséquences sur l’Europe sont visibles. As-tu des difficultés à parler d’Europe autour de toi ?

Célia : Au Portugal, il est aisé de parler de l’Union Européenne étant donné qu’elle est omniprésente. La construction européenne a bouleversé la vie des portugais à plusieurs égards : elle a soutenu la démocratie récente, accordé de nombreuses aides économiques, faciliter les échanges internationaux, imposé un équilibre budgétaire et des politiques d’austérité, …

Critiquéee ou admirée, l’Union Européenne a une place centrale dans les discours des portugais qui sombrent quelque peu dans l’eurofatalisme mais très rarement dans l’euroseptiscisme comme en témoigne le peu d’auditoire que trouvent les discours nationalistes.

Ecosprinter / Souris Verte : Est-ce qu’il existe un projet intéressant qui a été mené durant le dernier mandat en Europe ?

Célia : Le revenu médian annuel au Portugal est inférieur à 8500 euros (chiffres de 2011), le salaire minimum est de 565,83 euros tandis que les frais d’incription dans les universités portugaises varient entre 400 et 4 000 euros. De plus, les prêts étudiants sont difficiles à obtenir en raison du fort taux de chômage des jeunes.

Heureusement, entre 2007 et 2013, le Portugal a bénéficié de 6 800 millions d’euros du Fonds Social Européen. Cette somme a permis -en autres- d’étendre à 260 000 élèves le système des bourses réduisant l’inégalité des chances qui sévit.

Ecosprinter / Souris Verte : Demain, comment tu vois ton Europe ?

Célia : L’Union Européenne est à un croissement entre une intégration choisie et réussie, et une intégration imposée. J’ose espérer que par la multiplication des processus démocratiques au sein de l’Union (élections du Parlement Européen au suffrage universel, initiative européenne, nomination du président de la Commission Européenne selon le résultat des prochaines élections, …), les citoyens européens imposeront aux dirigeants nationaux une réforme des traités et un modèle supra-national, condamneront les égoismes nationaux, réclameront un budget européen conséquent pour entreprendre les réformes nécessaires au monde de demain respectueux de l’environnement et des Hommes.

« Nous n’avons que le choix entre les changements dans lesquels nous serons entraînés et ceux que nous aurons su vouloir et accomplir » Jean Monnet, 12 mai 1954

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Ces interviews “Tour d’Europe” font partie d’une série d’article publiés en commun avec l’Ecosprinter, le journal de la Fédération des Jeunes Verts Européens.

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