Récit d’une aventure CAPFQienne #1

 outre-Atlantique aux multiples facettes.

Du 1er septembre au 12 octobre, j’effectue un stage, dans le cadre du programme du CAP-FQ (voir plus loin), dont les Jeunes Écologistes sont membres, au sein du cabinet du ministre de la justice du Québec, M. Bertrand Saint-Arnaud. Cette opportunité me permet d’observer, d’analyser et de comprendre les pulsions politiques de la Belle-Province. Durant un mois et demi, il sera question de poutine*, de baleines, d’été indien et de caribous, mais surtout de politique. En quelques lignes, je vous propose de partager mon humble aventure afin de nous enrichir collectivement de cette expérience, de provoquer le débat et d’attirer l’attention de vos esprits curieux.


Avant de livrer quelques détails et mes impressions de mes deux premières semaines québécoises, il est nécessaire de présenter en quelques phrases le CAP-FQ. Dernière ce sigle mystérieux se cache une association créée il y a plus de 15 ans et visant à mettre en relation des jeunes militants politiques québécois et français afin de renforcer les liens entre la Nouvelle France et le vieux continent.  Le Comité d’Action politique France-Québec envoie chaque année 8 jeunes politiques français outre-Atlantique, dans le but d’y effectuer une mission d’un mois et demi au sein de cabinets ou de bureaux politiques québécois. Pour la première fois, les Jeunes Écologistes participent à l’aventure (on sous-estime toujours les avantages d’avoir un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale !). Cette participation se concrétise d’une part en rencontrant les stagiaires québécois lors de leur passage en France, et d’autre part en envoyant des Français au Québec. J’ai le plaisir et l’honneur d’avoir été sélectionné pour le millésime 2013, qui se compose également de trois MJS, deux Jeunes Populaires et un JRG.

Pluralité et cohabitation


La pluralité d’opinions au sein de la délégation française est une des raisons d’existence de ce programme d’échanges. Le premier enjeu est alors de pouvoir faire cohabiter pendant ces six semaines des gens qui, a priori, ne se rejoignent que très peu sur le papier, mais qui ont comme caractéristiques communes d’être jeunes et engagés en politique. De nombreuses activités sont organisées en commun pour nous faire découvrir le Québec et plus particulièrement ses institutions et son organisation politique au-delà des clivages partisans traditionnels. Le but est de nous offrir le panorama le plus large possible pour voir plus loin, nous ouvrir et comprendre la vie politique locale sans arrière-pensées partisanes. Cet exercice se révèle très enrichissant et nous permet d’avoir de nombreux débats entre nous dans un climat d’écoute, de respect et sans trop de chicanes. À plus d’un titre, la présence des Jeunes Écologistes au sein de ce collectif s’avère justifiée, permettant de faire entendre la petite musique écologiste outre-Atlantique. Alors que 7% du PIB canadien dépendent de l’exploitation des sables bitumineux, cette mission représente une belle opportunité pour découvrir et soutenir les forces écologistes en présence dans le débat politique québécois, à l’instar du Parti Vert de Québec et de Québec Solidaire.

Une province qui se voit pays !


De Montréal à Québec, en passant par Lac-Mégantic, Ottawa et Chicoutimi, je tente d’appréhender les contrastes de cette Belle Province canadienne, qui se voit pays. Il est bien là l’enjeu politique principal et structurant de la vie politique québécoise. Entre héritage français et us et coutumes britanniques, sur les bords du Saint-Laurent, il n’est guère question d’évoquer le clivage droite-gauche (sauf pour donner quelques repères à des Français un peu perdus), le curseur de la vie politique étant celui de la souveraineté.

À plus d’un titre, l’utilisation systématique de cette notion de souveraineté peut surprendre. Il faut comprendre que le désir de liberté et d’indépendance a grandement marqué l’histoire du Québec. Tel un petit village d’irréductibles qui résiste encore et toujours à l’envahisseur, une partie de la classe politique québécoise souhaite une rupture avec le régime d’Ottawa pour prendre en main son destin et répondre aux aspirations des seuls Québécois. L’aspiration à l’indépendance est la synthèse entre un enracinement historique et la volonté d’exister en tant qu’État-nation sur le plan international. Chez ces héritiers de René Lévesque, cette vision est particulièrement visible actuellement au Québec en raison de l’arrivée au pouvoir, depuis un an, du Parti Québécois, qui a fait campagne autour du slogan « La souveraineté pour tous ! » Le gouvernement minoritaire dirigé par Pauline Marois place le désir de souveraineté au cœur de son action.

Comme on dit ici, « à tantôt » pour de nouvelles aventures sur fond de débat sur la charte des valeurs québécoises, de campagne électorale dans les municipalités, de bières et de baleines. En attendant, tâchez d’écouter la chanson des Cow-Boys fringants, Lettre à René Levesque, en écho au paragraphe précédent.

Anthony Poulin

* je parle bien ici du fameux plat québécois aussi calorique que délicieux.

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