Marina Silva, candidate à la présidence du Brésil

Écologiste ou imposteure : Qui est Marina Silva, candidate à la présidence du Brésil ?

Marina Silva, candidate à la présidence du Brésil[/caption]Depuis le 13 août et la mort brutale du candidat socialiste à la présidentielle brésilienne Eduardo Campos, sa candidate à la vice-présidence, Marina Silva, est en lice pour le plus haut poste de l’État brésilien.
Déjà candidate à la présidentielle de 2010 au nom du Parti vert brésilien, Marina Silva, 56 ans, issue des classes populaires noires de l’État amazonien d’Acre, avait créé la surprise en obtenant 19% des voix.
À la présidentielle d’octobre, elle pourrait selon les sondages arriver au second tour, voire l’emporter face à la présidente sortante, Dilma Rousseff.
Quoi ? Une écolo pourrait devenir présidente du pays où se trouve plus de 60% de la forêt amazonienne ? On croit rêver…
Il faut dire que le Brésil a un tas de défis environnementaux à relever : la déforestation, bien entendu, qui fait reculer chaque année un peu plus cette forêt amazonienne, et menace la biodiversité et le climat. Mais aussi la prolifération des cultures OGM, destructrices pour les sols, les nappes phréatiques et la santé des populations rurales. Et également la multiplication de méga-chantiers comme le barrage de Belo Monte, qui risque quant à lui d’engloutir sous l’eau le territoire d’un peuple amérindien.
Tout cela, Marina Silva a passé sa vie à le combattre. Dans ses discours politiques, bien sûr, mais aussi dans les actes. Militante syndicale aux côtés de Chico Mendes, elle s’est engagée en politique jusqu’à devenir ministre de l’Environnement de Lula de 2003 à 2008. Gouvernement qu’elle a finalement quitté, lassée de ne pas être écoutée par ses collègues du parti majoritaire. Ça rappelle quelque chose…
Alors, soutenons Marina Silva et tout ira pour le mieux ? Pas vraiment.
Car Marina est loin d’être un modèle à suivre par les écologistes du monde.
De par ses positions sociétales, d’abord. Pentecôtiste pratiquante et prosélyte, elle a défendu l’enseignement du créationnisme dans les écoles. Elle s’est également prononcée contre la décriminalisation de l’avortement, avant de mettre de l’eau dans son vin et de réclamer un référendum sur la question.
Écologiste, pas vraiment donc. Environnementaliste, à la rigueur.
Sauf que sur les questions environnementales, tout n’est pas non plus tout rose – ou tout vert, en l’occurrence. Son micro-parti, Rede Sustentabilidade (Réseau Durable), n’ayant pas obtenu les signatures nécessaires pour concourir à l’élection, elle a été obligée de chercher l’appui d’un grand parti : le Parti socialiste brésilien. Or, ce parti n’est pas franchement connu pour ses positions écologistes. De fait, après avoir obtenu l’investiture du parti, elle a immédiatement lâché du lest sur le méga-barrage de Belo Monte, se déclarant « ni pour ni contre » en parlant une langue de bois de compétition.
Idem pour le choix de son candidat à la vice-présidence : Beto Albuquerque, chef des députés socialistes, est un grand ami des lobbies de l’agrobusiness, qui avaient financé sa campagne législative en 2010. Il a aussi eu un rôle prépondérant dans l’autorisation du soja transgénique au Brésil, en 2010.
À peine entrée en campagne, Marina Silva va donc avoir bien du mal à faire le grand écart entre ses positions environnementalistes et ses alliés, fort productivistes… Si elle est la candidate la moins mauvaise, ne nous attendons pas pour autant à ce que le Brésil devienne l’Eden écolo de nos rêves.

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