Cinq titres pour dire merde au 14 juillet

Si tu frôles l’overdose de Marseillaise et autres marches militaires, la Souris Verte te propose cinq classiques de la chanson française pour commémorer à ta façon la Fête de la Fédération.

1. Aux armes et caetera, Serge Gainsbourg

Gainsbarre était un génie, et cette chanson en est la preuve ultime. Pour réussir à susciter des débats passionnés en chantant l’hymne national tel quel, il fallait maîtriser l’art de la provocation à la perfection. Comment ne pas y avoir pensé plus tôt ? Pour emmerder copieusement les militaires et autres réacs cocardiers, il suffisait d’épousseter la chanson de tout son décorum militaire. Et la ramener à ce qu’elle est sans les drapeaux, tambours, trompettes et troupes au pas : une simple chansonnette. Aussi peu impressionnante qu’un soldat à poil.

2. La Mauvaise Réputation, Georges Brassens

« Le jour du quatorze juillet,

Je reste dans mon lit douillet.

La musique qui marche au pas,

Cela ne me regarde pas.

Je ne fais pourtant de tort à personne

En n’écoutant pas le clairon qui sonne.

Mais les braves gens n’aiment pas que

L’on suive une autre route qu’eux. »

Vous êtes nombreux-ses à ne vous y être pas trompé-e-s, en la partageant sur les réseaux sociaux aujourd’hui. L’un de ses premiers grands succès nous rappelle que sous ses airs de gentil papy moustachu, Brassens était aussi un anarchiste convaincu. Oui, en 1952, c’était courageux de critiquer le « moutonisme » cocardier de ses compatriotes. Mais avant de louer le courage du chanteur face à la censure et à la vieille France conservatrice, n’oublions pas la façon dont sont traités tant de rappeurs à la plume acérée, soixante-trois ans plus tard. Le progrès, mais pas trop vite…

3. Hexagone, Renaud

Certes, cette liste aurait presque pu être entièrement composée de chansons de Renaud (La Médaille, Où c’est que j’ai mis mon flingue, Déserteur…). C’est dire si le choix a été difficile. Mais Hexagone, elle aussi premier succès du jeune titi parisien, c’est du lourd. Du brut de décoffrage. De l’énervement à l’état pur. Ce démontage en règle de la mythologie nationale convient te convient si, le 14 juillet, tu es un peu plus vénère que les autres. Si tu te torcherais avec du papier bleu blanc rouge si c’était possible. À celles et ceux qui trouvent ce mépris pour les Français exagéré, jetez plutôt un œil aux derniers scores électoraux du FN. Ça calme.

4. Le Déserteur, Boris Vian

Elle aussi censurée pendant des années, cette chanson est le grand classique français de l’antimilitarisme. Bien sûr, la conscription est rangée au placard depuis bien longtemps. Bien sûr, les stigmates de la guerre, bien présents dans la chanson, sont plus abstraits pour nos générations. Mais « Monsieur le Président » mériterait pourtant de recevoir quelques lettres. De Maliens et de Centrafricains, notamment. Alors rappelons-nous à son bon souvenir.

5. Ma France, Jean Ferrat

Oui. Être patriote et de gauche, c’est possible. Mais si tu es dans ce cas, cette Marseillaise rythmée par les bruits de bottes doit révulser tes instincts antimilitaristes. Ton hymne national, et tu le sais, c’est la France de Ferrat. Avec un peu de Résistance, un peu de Commune de Paris, un peu de Victor Hugo et un peu de Robespierre.

« Qu’elle monte des mines, descende des collines,

Celle qui chante en moi, la belle, la rebelle,

Elle tient l’avenir serré dans ses mains fines,

Celle de trente-six à soixante-huit chandelles,

Ma France… »

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