Les ruches à miel, une bonne-mauvaise idée

Pour lutter contre la disparition des abeilles (syndrome d’effondrement des colonies), de nombreuses bonnes âmes se sont lancées dans l’apiculture amateur, construisant et implantant des ruches dans leurs jardins et dans les villes.

Les essaims, achetés sur internet ou à un apiculteur de la région, sont généralement composés d’abeilles Apis mellifera mellifera, l’abeille noire ou abeille ancestrale. Pour des raisons diverses (adaptabilité, taux de survie, résistance au Varroa, rendement en miel) on ne trouve qu’un faible nombre d’espèces d’abeilles dans le commerce, alors qu’il existe environ 20 000 espèces différentes. Pour environ un millier d’espèces présentes naturellement en France, on ne retrouve dans les ruches des amateurs qu’une demi-douzaine d’espèces, dont une bonne partie issue de l’importation !

Ainsi, ce geste sympathique à première vue est pourtant un facteur d’appauvrissement de la biodiversité. Les abeilles domestiques, rapides et efficaces, vont faire la razzia sur les fleurs des environs, ne laissant pas une goutte de nectar aux nombreux autres insectes pollinisateurs (mouches, coléoptères, papillons…). Pour certains insectes, c’est leur unique source de nourriture qui se trouve pillée ! La disparition de ces insectes, essentiels au maintien de l’équilibre écologique, aura des conséquences que nous ne pourrons ni mesurer, ni maîtriser.

En particulier, la présence de ruches artificielles crée un déséquilibre en faveur des abeilles sociales, paradoxalement dommageable à la pollinisation des fleurs sauvages : les abeilles sociales concurrencent les abeilles solitaires, qui sont de bien meilleures pollinisatrices. Ces dernières, moins délicates quand elles butinent, ont tendance à se couvrir de pollen de la tête aux pattes,
et de ce fait répandent beaucoup plus de pollen sur les autres fleurs qu’elles visitent.

D’autre part, les essaims d’importation contiennent des abeilles qui n’ont généralement jamais connu d’hiver, peuvent véhiculer des maladies inconnues sous nos contrées, et se croiseront avec nos abeilles locales pour produire des hybrides dont la “gourmandise” et les points faibles ne sont pas connus… Autre raison pour ne pas multiplier les ruches à tort et à travers.

Alors, que faire pour lutter contre la disparition des abeilles ? Diminuer, voire supprimer les épandages de pesticides, promouvoir les méthodes naturelles pour lutter contre les parasites naturels des ruches, favoriser la création d’espaces verts sauvages et surtout limiter l’action humaine sur l’environnement !

Au prochain numéro, la vérité sur les opérations de “reforestation” promues dans notre société de consommation “durable”…

Crédit photo : Photos Libres

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