Carnets de voyage – Rêve

Aujourd’hui, j’ai réalisé un de mes plus grands rêves, pour ne pas dire le plus grand. Partir sur la route avec mon sac à dos. Seul face à moi-même et mes galères. Franchissant chaque kilomètre avec d’autant plus de courage que la route me sépare chaque jour de mes attaches sédentaires : Poitiers, Bordeaux, Bayonne, Pau, Toulouse, Perpignan, Barcelona et enfin Can Masdeu. Plus de 1 000 kilomètres en stop, seul sur la route mais avec ma famille à chaque étape.

Ces deux semaines de voyage ont été les plus intenses de ma vie. Les mots me manquent pour décrire la force de bonheur qui me traverse en ce moment-même et depuis quelques temps. Aujourd’hui, je traverse les collines de Barcelone dans un paysage qui m’est complétement inconnu, plein de plantes désertiques, de pins maritimes et de parfums de fenouil et de menthe. Émerveillé, je grimpe pour aller toujours plus haut et avoir une meilleure vue à chaque pas. Et à chaque pas je me rapproche de mon but, j’en suis persuadé.

Après une demi-heure de marche sans signe de vie, j’aperçois un vieil hôpital se dressant entre les collines boisées, tel un temple au milieu du Tibet. Mon pouls s’accélère, je saute, je cours, j’avance avec frénésie, je me casse la gueule… mais je suis heureux de pouvoir toucher de mes yeux ce rêve idéalisé depuis des mois. Je redescends toute la forêt, accueilli en premier par un chien, libre gardien de ces lieux.

En arrivant je n’ose pas croire ce que je vois : la végétation est abondante et les amis sont nombreux. On m’annonce que je suis le bienvenu et qu’aujourd’hui, comme à chaque dimanche, tout est ouvert aux curieux. Il y a une projection débat sur « Comment mettre en place une révolution ». Je prends une bière bien fraiche, et fais connaissance avec des Français, un Irlandais, une Anglaise, un Indien, plusieurs étudiants catalans et quelques sages hippies comme on les aime tous. Puis vient l’heure du coucher de soleil, je dois partir mais je sais que je reviendrai bientôt ici, dans ce petit coin de paradis, Can Masdeu.

Je tiens à remercier mon papa pour les bio-crêpes qu’il m’a servi avant mon départ d’Auray, Lou grâce à qui j’ai pu faire une étape à Poitiers, Louise qui m’a fait un super accueil à Bordeaux alors que j’étais épuisé, Tifenn pour m’avoir accueilli chez elle et présenté à ses colocs, Maitane pour nous avoir offert une très belle soirée avant mon départ pour Bayonne et Alternatiba, Leila et Jean pour m’avoir invité dans leur charmant petit appartement et m’avoir apporté du bonheur à Toulouse, Fox pour avoir partagé avec moi ses 9m² à Perpignan et Toti pour m’avoir chaleureusement prêté son « trucks » près de Barcelone.

Je tiens aussi à remercier l’adorable inconnue qui m’a presque sauvé la vie en Charente, le couple de gens très ouverts et intéressants qui nous ont pris en stop entre Bordeaux et Bayonne, Luna que j’ai eu le plaisir de rencontrer sur la route de Pau, Céline qui est venu me parler d’un écovillage alors que je rédigeais mes articles dans un bar de Toulouse, Yannick qui m’a fait monter dans son camion et avec qui j’ai passé deux heures et demi inoubliables, et tout ceux qui m’ont pris en stop et dont je ne connais pas les noms.

Enfin je tiens à remercier tous les jeunes écolos qui m’ont aidé et encouragé de tout leur cœur, et sans qui rien n’aurait été possible.

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