Tour d’Europe – Européennes 2014

Récit de campagne européenne : eurorégion France Sud Est

Mercredi 7 mai 2014, début de soirée. Des manifestants se réunissent devant la bourse du travail de la Villeneuve, à Grenoble, sur la galerie qui relie l’Arlequin à Grand-Place. La Villeneuve, c’est ce quartier grenoblois cosmopolite que certains médias se sont ingéniés, en juillet 2010, à peindre en pleine émeute. La Villeneuve, c’est d’elle dont profite Nicolas Sarkozy pour appeler à une politique sécuritaire raciste, le 30 juillet de la même année, dans son discours de Grenoble. La Villeneuve. Quatre ans plus tard, il vient de pleuvoir d’une pluie battante, mais les habitants et les militants se battent encore plus fort et ils se rassemblent, devant la bourse du travail. Le cortège va bientôt partir.

Les Jeunes Écologistes de Grenoble sont là et l’avantage avec le mauvais temps, maintenant que la pluie s’est calmée, c’est que dans le vent, les drapeaux flottent bien. Sur la passerelle qui relie les quartiers pauvres au plus grand centre commercial de l’agglomération, parce que les urbanistes parfois ne manquent pas d’ironie, sur la passerelle le cortège part — il ne va pas très loin : il va à Alpes-Congrès. Là, parfois, il y a des expositions, il y a des dégustations, mais celle du jour laisse un goût amer aux habitants de l’agglomération : ce jour-là, ce qui s’expose, c’est le Front National. Et pas n’importe comment : c’est le président d’honneur, d’honneur parce que les Frontistes non plus ne manquent pas d’ironie, qui ce jour-là mène la danse. Jean-Marie Le Pen vient à Grenoble.

Bientôt, il y a deux côtés de la barrière : derrière les lignes de fer, derrière la ligne des CRS, quelques militants Frontistes arrivent, au compte-goutte, pour assister à la réunion. On n’en comptera tout au plus une petite centaine. Devant les barrières, nous sommes trois cents assemblés à manifester notre désapprobation. Des journalistes prennent quelques photographies, certains filment : ils ne filmeront pas longtemps. France 3, qui avait décidé de couvrir la manifestation citoyenne d’abord, la réunion politique ensuite, est expulsée du meeting, comme l’explique plus tard dans la soirée André Faucon, délégué régional de la chaîne. [LIEN : http://blog.france3.fr/politique-alpes/2014/05/07/lequipe-de-france-3-alpes-empechee-de-couvrir-le-meeting-de-jean-marie-le-pen-a-grenoble.html ]

Non décidément, au Front National, on ne manque pas d’ironie. Le même jour, quelques heures plus tôt, contacté par des journalistes de BFMTV, Jean-Marie Le Pen déplorait l’attitude selon lui anti-démocratique d’Éric Piolle, le maire écologiste de Grenoble, récemment élu et bien élu par les citoyens. Motif ? La municipalité avait publié un communiqué déplorant l’organisation en catimini du meeting [LIEN : http://www.ledauphine.com/isere-sud/2014/05/05/venue-de-le-pen-a-grenoble-un-contre-rassemblement-unitaire-et-antifasciste-annonce ]. Plein de la pondération qui le caractérise à l’ordinaire, Jean-Marie Le Pen traite Éric Piolle de « pervers » et s’érige en défenseur de la démocratie [LIEN : http://www.bfmtv.com/video/bfmtv/politique/jean-marie-pen-maire-eelv-grenoble-est-un-pervers-07-05-195601/ ]. Émouvant.

Mercredi 7 mai 2014, la soirée continue. Quelques gaz lacrymogènes plus tard, les Jeunes Écologistes ont enroulé leurs drapeaux, enfourché leurs vélos et ont rejoint la salle de conférence de la Maison du Tourisme, dans le centre-ville grenoblois, pour assister à la fin du débat des candidats à l’eurodéputation dans le Sud-Est. Bien sûr, toutes les têtes de liste ne sont pas là pour se présenter aux citoyens. Certaines ont délégué. D’autres ont eu, de toute évidence, d’autres obligations : quand nous pénétrons dans la salle, la place du représentant de l’UMP est vide. Michèle Ravisi, eurodéputée et candidate pour Europe Écologie-les Verts, elle, est bien là. Elle est là et elle répond : sur les énergies, sur TAFTA, sur la régulation de la finance et sur l’emploi.

Il faut dire que ces sujets, elle les connait bien : élue déjà en 2009, elle siège aux commissions du Parlement Européen. Environnement, santé publique et sécurité alimentaire. Industrie, recherche et énergie. Michèle Rivasi connait son affaire et elle sait qu’il y a encore beaucoup de travail pour construire l’Europe solidaire et sociale dont la famille Verte rêve, au Parlement Européen, comme dans chaque pays de l’Union. Et les Jeunes Écologistes présents dans la salle savent que l’Europe verte n’est pas seulement la promesse d’une transition industrielle et énergétique, mais la certitude d’un continent rouvert sur le monde. Comment ne pas songer, en revenant d’Alpes-Congrès ce soir-là, à la déclaration de principe du programme d’Europe-Écologie : « L’Europe peut et doit accueillir des migrants. Contrairement aux fantasmes populistes, l’immigration est une chance. »

Bien sûr, quand le débat se termine, les autres candidats entonnent aussi le couplet démocratique : le 25 mai, il faut voter, pour faire barrage au Front National. Mais il leur faut plus que quelques mots pour s’acheter une bonne conscience démocratique et en vérité, il nous faut plus que de faire flotter nos drapeaux devant les meetings frontistes : il faut, de la bourse du travail à la maison du tourisme, de la manifestation au débat, de notre politique municipale à notre politique européenne, reprendre Front National de ses prés carrés conquis à force de mensonges et de contre-vérités, il faut ouvrir nos programmes à la page immigration et à la page sécurité, à la page industrie et à la page emploi, pour qu’aucun citoyen ne soit plus la victime de ceux qui n’ont pour la démocratie que l’ironie des bons mots.

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Titre :Avenue d’Innsbruck – Grenoble

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Auteur : Milky (Wikimedia Commons)

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Le Tour d’Europe de la Souris Verte : étape Finlande

Du 22 au 25 Mai 2014, les électeurs des 28 états membres de l’Union Européenne vont élire les 751 députés Européens au sein du Parlement Européen. Mais il se passe quoi au fait un peu partout en Europe ? Comment les jeunes militants voient-ils l’Europe, l’engagement politique et les enjeux politiques des élections ? On a posé la question à plusieurs militants, pour notre Tour d’Europe, et aujourd’hui c’est Milja de Finlande qui nous répond !

Ecosprinter/La Souris Verte : Salut Milja, ça va ? Qui es-tu ? D’où viens-tu ?

Milja : Salut, je m’appelle Milja et je suis la secrétaire générale de la Fédération des Jeunes Verts de Finlande. Je suis dynamique et motivée par cette campagne des élections européennes !

Ecosprinter/La Souris Verte : Tu es donc engagée en Finlande pour les élections européennes. Comment sens tu les choses dans ton pays ? Quels sont les principaux enjeux ?

Milja : Comme je l’ai dit, je suis très dynamique et optimiste par rapport à la campagne en ce moment. je suis très fière que les Jeunes Verts européens soient les seuls à avoir vraiment fait une campagne européenne, transnationale, avec les mêmes objectifs et les mêmes thèmes partout en Europe. Nous avons participé à la campagne de la FYEG (Fédération des Jeunes Verts Européens, dont les Jeunes Ecologistes font partie, ndlr) sur les réseaux sociaux et nous avons également fait quelques actions suggérées par la FYEG, qui nous a donné de bonnes idées !

Les deux enjeux principaux en Finlande pour nous à l’heure actuelle sont : comment motiver les jeunes à aller voter et comment les convaincre de voter pour les Verts. Les Verts finlandais ont deux députés européens et ça va nous demander un effort considérable pour qu’ils puissent rester pour la prochaine mandature. Mais je reste optimiste, notre programme est cohérent, l’ambiance est bonne dans la campagne et la liste de candidats est au top !

Ecosprinter/La Souris Verte : Pourquoi as-tu choisi de t’engager dans cette campagne ?

Milja : C’est venu relativement naturellement de par ma position au sein de la fédération des Jeunes Verts finlandais de devenir également chef de l’équipe de campagne. Mais la raison pour la quelle j’aime ce boulot, c’est avant tout parce que cela permet de s’engager pour une Europe plus verte et plus jeune !

Ecosprinter/La Souris Verte : Est-ce qu’il existe un projet intéressant qui a été mené durant le dernier mandat en Europe ?

Milja : Je pense que la meilleure chose dans cette campagne est qu’elle a été conçue comme un vrai projet européen. Il y a beaucoup d’outils, petit et grand, qui peuvent servir à chacun pour trouver sa place en Europe et porter malgré tout le même message d’une Europe meilleure pour tous et toutes.

Ecosprinter/La Souris Verte : Demain, comment tu vois l’Europe ?

Milja : J’espère que demain je pourrais voir une Europe plus ouverte, plus démocratique et plus égalitaire. Une Europe où les jeunes ont un vrai futur et la possibilité de le choisir eux mêmes. Une Europe qui prend soin de ses citoyens, respecte les droits de l’Homme et est déterminée à se battre contre le changement climatique, le plus grand défi de notre époque.

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Ces interviews “Tour d’Europe” font partie d’une série d’article publiés en commun avec l’Ecosprinter, le journal de la Fédération des Jeunes Verts Européens.

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Le Tour d’Europe de la Souris Verte : étape Portugal

Du 22 au 25 Mai 2014, les électeurs des 28 états membres de l’Union Européenne vont élire les 751 députés Européens au sein du Parlement Européen. Mais il se passe quoi au fait un peu partout en Europe ? Comment les jeunes militants voient-ils l’Europe, l’engagement politique et les enjeux politiques des élections ? On a posé la question à plusieurs militants, pour notre Tour d’Europe, et aujourd’hui c’est Célia, une adhérente franco-portugaise des Jeunes Ecolos qui nous répond !

Ecosprinter / Souris Verte : Salut Célia, ça va ? Qui es-tu ? D’où viens-tu ?

Célia : Je suis adhérente au groupe local de Rennes des Jeunes Ecologistes. Je suis franco-portugaise. Ma famille paternelle a quitté le Portugal -plus précisement la région de Trás-os-Montes au nord-est du pays- en 1972 pour venir s’installer en France afin de fuir la dictature.

Ecosprinter / Souris Verte : Qu’est-ce qu’être Européen pour toi ?

Célia : Etre européen pour moi, c’est à la fois être réaliste et utopiste. La mondialisation, les crises sociales, écologiques, … ne peuvent être combattues à l’échelle nationale, le choix de l’intégration européenne est par conséquent une nécessité.

Reconnaitre la nécessité du projet européen, n’empêche aucunement d’en combattre les nombreuses dérives et d’influencer la construction européenne dans un sens plus social, démocratique, écologique et soyons fou : fédéral !

« Il faut de l’imagination pour construire le monde de demain » comme le rappelait Daniel Cohn Bendit à François Hollande.

Ecosprinter / Souris Verte : Quelle est la situation dans ton Euro-région ? Quels sont les candidats ? Quelle est la dynamique ?

Célia : Il n’y a qu’une seule et unique circoncription au Portugal pour les élections européennes. Le Portugal est frappé par les politiques d’austérité depuis 6 ans. La situation est très difficile pour les citoyens face aux diminutions des salaires, des retraites, des aides sociales et l’augmentation des impôts. La colère est grandissante contre la coalition gouvernementale entre le Parti Social Démocrate et le Parti Populaire et les mesures imposées par la « Troika » (UE, FMI et BCE).

Une sortie du plan d’aide économique a été opérée le 17 mai dernier sans aide supplémentaire, cependant le gouvernement ne semble pas vouloir renoncer à la politique de rigueur malgré les défaites électorales et les manifestations de plus en plus importantes.

Il y a 16 listes constituées pour les élections européennes dont (pour ne citer que les plus importantes selon les résultats des élections européennes de 2009 et les sondages) :

AP (Alliance Portugal) réunissant le Parti Social Démocrate et le Parti Populaire.

PS (Parti Socialiste).

BE (Bloc de Gauche).

CDU (Coalition démocratique unitaire), alliance entre le Parti Communiste Portugais (PCP) et le Parti Ecologiste les Verts (PEV) sous l’intitulé CDU (coalition démocratique unitaire).

Les têtes de liste du CDU est João Ferreira et Inês Zuber, députés européens et membres du Parti Communiste Portugais. Sur les 21 candidats, seules Manuela Cunha (4ème position) et Susana Silva (20ème position) sont membres du Parti Ecologiste les Verts. Le programme du CDU est dominé par les idées du PCP.

Les derniers sondages (source Eurosondagem, semaine du 14 au 22 avril) :

Parti Socialiste : 37,5% (+10,97% par rapport aux élections 2009)

Alliance Portugal : 37,1% (- 7,6% par rapport aux élections de 2009)

CDU : 10,9% (+0,3% par rapport aux élections de 2009)

BE : 5,5% (- 5,2% par rapport aux élections de 2009).

Si les sondages se confirment, le peuple portugais condamnera une fois de plus électoralement la politique gouvernementale. Le parti socialiste semble retrouver une certaine adhésion à son programme depuis la crise politique de 2011 et les élections anticipées perdues à cette occasion. Le CDU pourrait créer la surprise au vu des mauvais sondages du BE et de ses bons résultats aux élections municipales de septembre 2013.

Petite exception européenne qui mérite d’être soulignée : l’extrême-droite à priori restera quasi-inexistante.

Ecosprinter / Souris Verte : Les élections européennes sont les élections les moins populaires. Pourtant, même avec des Eurodéputés loin à Bruxelles et Strasbourg, les conséquences sur l’Europe sont visibles. As-tu des difficultés à parler d’Europe autour de toi ?

Célia : Au Portugal, il est aisé de parler de l’Union Européenne étant donné qu’elle est omniprésente. La construction européenne a bouleversé la vie des portugais à plusieurs égards : elle a soutenu la démocratie récente, accordé de nombreuses aides économiques, faciliter les échanges internationaux, imposé un équilibre budgétaire et des politiques d’austérité, …

Critiquéee ou admirée, l’Union Européenne a une place centrale dans les discours des portugais qui sombrent quelque peu dans l’eurofatalisme mais très rarement dans l’euroseptiscisme comme en témoigne le peu d’auditoire que trouvent les discours nationalistes.

Ecosprinter / Souris Verte : Est-ce qu’il existe un projet intéressant qui a été mené durant le dernier mandat en Europe ?

Célia : Le revenu médian annuel au Portugal est inférieur à 8500 euros (chiffres de 2011), le salaire minimum est de 565,83 euros tandis que les frais d’incription dans les universités portugaises varient entre 400 et 4 000 euros. De plus, les prêts étudiants sont difficiles à obtenir en raison du fort taux de chômage des jeunes.

Heureusement, entre 2007 et 2013, le Portugal a bénéficié de 6 800 millions d’euros du Fonds Social Européen. Cette somme a permis -en autres- d’étendre à 260 000 élèves le système des bourses réduisant l’inégalité des chances qui sévit.

Ecosprinter / Souris Verte : Demain, comment tu vois ton Europe ?

Célia : L’Union Européenne est à un croissement entre une intégration choisie et réussie, et une intégration imposée. J’ose espérer que par la multiplication des processus démocratiques au sein de l’Union (élections du Parlement Européen au suffrage universel, initiative européenne, nomination du président de la Commission Européenne selon le résultat des prochaines élections, …), les citoyens européens imposeront aux dirigeants nationaux une réforme des traités et un modèle supra-national, condamneront les égoismes nationaux, réclameront un budget européen conséquent pour entreprendre les réformes nécessaires au monde de demain respectueux de l’environnement et des Hommes.

« Nous n’avons que le choix entre les changements dans lesquels nous serons entraînés et ceux que nous aurons su vouloir et accomplir » Jean Monnet, 12 mai 1954

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Ces interviews “Tour d’Europe” font partie d’une série d’article publiés en commun avec l’Ecosprinter, le journal de la Fédération des Jeunes Verts Européens.

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Le Tour d’Europe de la Souris Verte : étape France (Sud-Ouest)

Du 22 au 25 Mai 2014, les électeurs des 28 états membres de l’Union Européenne vont élire les 751 députés Européens au sein du Parlement Européen. Mais il se passe quoi au fait un peu partout en Europe ? Comment les jeunes militants voient-ils l’Europe, l’engagement politique et les enjeux politiques des élections ? On a posé la question à plusieurs militants, pour notre Tour d’Europe, et aujourd’hui c’est Adrien de France qui nous répond !

Ecosprinter / Souris Verte : Salut Adrien, ça va ? Qui es-tu ? D’où viens-tu ?

Adrien : Je m’appelle Adrien. Je suis né et j’habite à Montpellier, après avoir pas mal bourlingué en France et à l’étranger.

Ecosprinter / Souris Verte : Qu’est-ce qu’être Européen pour toi ?

Adrien : Être européen, pour moi, c’est avant tout quelque chose dont on n’a pas conscience tous les jours : c’est qu’avec n’importe quel-le autre Européen-ne qu’on va rencontrer, on va partager un mode de vie, de pensée, et une vision du monde qui vont nous rapprocher.

Ecosprinter / Souris Verte : Quelle est la situation dans ton Euro-région ? Qui sont les candidats ? Quelle est la dynamique ?

Adrien : Les candidats écolos sont José Bové et Catherine Grèze. Pour ce qui est des autres, la couverture médiatique de l’élection est telle que je ne les connais même pas. Idem pour la dynamique, c’est mou, on a le sentiment que personne ne s’y intéresse.

Ecosprinter / Souris Verte : Les élections européennes sont les élections les moins populaires. Pourtant, même avec des eurodéputés loin à Bruxelles et Strasbourg, les conséquences sur l’Europe sont visibles. As-tu des difficultés à parler d’Europe autour de toi ?

Adrien : Non, je me suis intéressé aux institutions européennes, je sais faire la différence entre « l’Europe » tant brocardée, « la Commission européenne présidée par Barroso » et « Le Parlement européen où la droite est majoritaire », qui eux ont des raisons d’être brocardés.

Ecosprinter / Souris Verte : Est-ce qu’il existe un projet intéressant /qui te tient à cœur qui a été mené durant le dernier mandat en Europe ?

Adrien : J’ai bien peur que non. Et je crois qu’au fond c’est ça qui pose problème : personne n’est aujourd’hui capable de susciter des coups de cœur avec de grands projets européens. Alors que si même Hollande a réussi à me faire rêver, c’est vraiment à la portée de n’importe qui ! 😉

Ecosprinter / Souris Verte : Demain, comment tu vois ton Europe ?

Adrien : Plus unie, plus proche des citoyens, plus écologique… mais j’ai hélas peur que le nouveau Parlement ne propose rien de tout ça.

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Ces interviews “Tour d’Europe” font partie d’une série d’article publiés en commun avec l’Ecosprinter, le journal de la Fédération des Jeunes Verts Européens.

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Le Tour d’Europe de la Souris Verte : étape France (Grand Est)

Du 22 au 25 Mai 2014, les électeurs des 28 états membres de l’Union Européenne vont élire les 751 députés Européens au sein du Parlement Européen. Mais il se passe quoi au fait un peu partout en Europe ? Comment les jeunes militants voient-ils l’Europe, l’engagement politique et les enjeux politiques des élections ? On a posé la question à plusieurs militants, pour notre Tour d’Europe, et aujourd’hui c’est Vincent de France qui nous répond !

Ecosprinter / Souris Verte : Salut Vincent, ça va ? Qui es-tu ? D’où viens-tu ?

Vincent : Çavabienettoi ? Vincent Herbuvaux est étudiant en géologie à la faculté des sciences de Nancy. Il est adhérent à EELV depuis 2009 et a aujourd’hui 24 ans. Il est ancien coordinateur fédéral des Jeunes Ecologistes, actuellement conseiller municipal et membre du bureau de la communauté urbaine du Grand Nancy.

Ecosprinter / Souris Verte : Qu’est-ce qu’être Européen pour toi ?

Vincent : C’est être citoyen de l’Union Européenne. C’est avoir des valeurs communes comme les droits de l’Homme, le respect de la vie des autres, des minorités, le droit à la protection, notamment sociale. C’est défendre la laïcité, la liberté d’information et d’expression. Mais être européen c’est aussi être au cœur d’une grande diversité culturelle et linguistique.

Ecosprinter / Souris Verte : Quelle est la situation dans ton Euro-région ? Qui sont les candidats ? Quelle est la dynamique ?

Vincent : Dans mon Euro-région (Est), la situation est extrême. Extrême par la poussée du FN qui est attendu comme ayant le meilleur résultat. Extrême par le néant médiatique autour de la campagne des européennes, ce qui contraste beaucoup avec les attentes des gens que je peux rencontrer dans la rue lorsqu’on parle des élections à venir le 25 mai. Ils sont en attente d’informations et sont très contents de rencontrer des écologistes et de découvrir nos solutions pour l’Europe.

La campagne dans le grand Est, se fait plutôt au rabais avec Nadine Morano, Florian Philipot et Edouard Martin qui comptent surtout sur leur célébrité pour faire un « score » alors qu’ils ne semblent porter que peu d’intérêt à l’Europe, la campagne s’en ressent par leur absence et le champ libre qu’ils nous laissent avec Sandrine Bélier.

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Ecosprinter / Souris Verte : Les élections européennes sont les élections les moins populaires. Pourtant, même avec des eurodéputés loin à Bruxelles et Strasbourg, les conséquences sur l’Europe sont visibles. As-tu des difficultés à parler d’Europe autour de toi ?

Vincent : Dans mon eurorégion, Strasbourg et Bruxelles sont très proche, voire même sur place et plus proche que Paris en tout cas. Je ne pense pas que la distance soit la question. Lorsque je parle d’Europe autour de moi, les gens sont très demandeurs et ravis de parler d’un sujet qui n’est abordé nulle part ailleurs mais qui est très naturel pour les gens de ma génération qui n’imaginent pas un monde sans l’UE. La solution pour mieux impliquer les citoyens au fonctionnement de l’UE c’est parler plus d’UE, dans les médias de masse notamment.

Ecosprinter / Souris Verte : Est-ce qu’il existe un projet intéressant qui a été mené durant le dernier mandat en Europe ?

Vincent : L’harmonisation des chargeur téléphoniques ! #blague Le combat pour les libertés informatiques et le respect de la vie privée avec le refus du traité ACTA. Ce combat se prolonge aujourd’hui avec la préparation du traité TAFTA sur l’accord commercial trans-atlantique avec les Etat Unis dont la portée est encore bien plus étendue et dont le potentiel est encore pire qu’ACTA.

Ecosprinter / Souris Verte : Demain, comment tu vois ton Europe ?

Vincent : Ma vision de l’Europe, c’est une Europe fédérale. Avec une Europe renforcée, où il y aurait plus de démocratie, avec un président élu par le peuple. Où il y aurait une vraie politique fiscale et pas seulement monétaire, où il y aurait une vraie politique militaire et diplomatique, ce qui permettrait de faire des économies militaires pour financer plus d’éducation, par exemple, tout en pesant plus au niveau mondial (voire galactique !). Une Europe où il y aurait de vraie politiques communes, concernant la transition énergétique (qui permettrait de créer environ 3 millions d’emplois d’ici à 2030), une taxe sur l’importation aux frontières de l’Europe, ce qui permettrait aussi de préserver l’emploi ici tout limitant l’aberration de transporter partout autour de la Terre des produits avant de les consommer alors qu’on peut les produire à coté de chez nous, localement.

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Le Tour d’Europe de la Souris Verte : étape Pays-Bas

Du 22 au 25 Mai 2014, les électeurs des 28 états membres de l’Union Européenne vont élire les 751 députés Européens au sein du Parlement Européen. Mais il se passe quoi au fait un peu partout en Europe ? Comment les jeunes militants voient-ils l’Europe, l’engagement politique et les enjeux politiques des élections ? On a posé la question à plusieurs militants, pour notre Tour d’Europe, et aujourd’hui c’est Jeroni & Kim des Pays-Bas qui nous répondent !

Ecosprinter / Souris Verte : Salut Jeroni and Kim, comment allez vous ? Qui êtes vous ?

Jeroni : Ca va super bien ! Je suis Jeroni, j’ai 26 ans et j’habite à Amsterdam. Je suis active depuis déjà sept ans pour l’écologie au sein du groupe local des DWARS (les Jeunes écolos néerlandais, ndlr). Lorsque j’étais chargée des relations internationales pour DWARS je me suis plus impliquée au sein de la FYEG (la Fédération des Jeunes Verts Européens, ndlr) et ça m’a énormément plu d’emblée ! Et maintenant, je suis candidate pour les élections européennes pour le parti des Verts néerlandais, GroenLinks. Je m’intéresse plus particulièrement aux questions de diversité et d’égalité des droits mais également du futur de l’Europe. Dans l’idéal, une Europe où les jeunes jouent un rôle plus important dans la prise de décision et contribuent d’avantage à la création des politiques publiques.

Kim : Moi aussi ça va super ! Je m’appelle Kim, j’ai 24 ans et je fais partie de l’équipe de campagne de la FYEG pour les élections européennes. Je suis très intéressée par tout ce qui tourne autour de la justice climatique. J’aime bien réfléchir aussi à la manière de créer des villes plus durables. La campagne des européennes me passionne et j’espère qu’en créant une super campagne européenne avec les autres représentants de la FYEG, on va pouvoir faire changer les choses !

Ecosprinter / Souris Verte : Vous êtes donc toutes les deux engagées pour la campagne aux Pays-Bas. Comment ça se passe ? Quels sont les enjeux principaux aux Pays-Bas ?

Kim & Jeroni : L’euroscepticisme, évidemment. Aux Pays-Bas, les gens ont l’impression que leur argent est utilisé pour renflouer les caisses des Espagnols et des Grecs trop paresseux pour travailler… Alors que nous savons pertinemment que la réalité est très différente, et nous savons également que ce genre de discours crée un grand sentiment de non-solidarité entre les peuples et au sein de l’Europe.

Les Néerlandais ont aussi l’impression que Bruxelles est un gros monstre très méchant, qui prend tout un tas de décisions non voulues contre notre intérêt. Donc l’enjeu principal reste pour nous de parvenir à expliquer aux Néerlandais que les Etats-membres de l’Union Européenne sont les principaux décideurs et votants, et que Bruxelles ne parle pas d’une seule voix. Un autre enjeu également très important, c’est de parvenir à expliquer ce que les Verts veulent au niveau européen. Le fait que nous voulons une Union Européenne puissante sur le plan politique, mais qui prend un autre chemin que celui qui est actuellement emprunté. On ne veut pas d’une Union uniquement concentrée sur le libéralisme et la loi du marché. On veut une Europe qui se bat pour l’égalité, pour une économie plus durable, un endroit où tout le monde peut vivre en paix et peut trouver ses besoins essentiels satisfaits.

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Ecosprinter / Souris Verte : Pourquoi avez-vous choisi de vous engager dans la campagne ?

Jeroni : Parce que j’ai l’impression que beaucoup de jeunes en Europe ne savent plus ce que la politique européenne signifie vraiment. Ca me paraît vraiment important de s’engager, et d’autant plus quand on est jeune. Convaincre d’autres jeunes qu’ils sont l’avenir et qu’ils peuvent construire l’Europe (oui c’est cliché…) ! En travaillant avec la FYEG je me suis rendue compte de beaucoup de choses par rapport à l’intégration européenne et j’ai pu me rendre compte que les Jeunes Verts européens ont vraiment les mêmes objectifs, malgré les différences entre les pays. Cela m’a conforté dans ma volonté de descendre dans la rue, de débattre et de participer à des actions pour faire part de mon expérience et convaincre les gens de voter pour les Verts !

Kim : Moi aussi, travailler avec la FYEG m’a largement ouvert les yeux sur les enjeux internationaux et européens. J’ai aussi la chance d’étudier dans la ville les plus internationale des Pays-Bas, où je rencontre souvent des Espagnols et des Grecs. En parlant avec eux, on se rend compte que certains objectifs et certaines luttes peuvent être communes. On se rend aussi compte de l’importance de la solidarité européenne ! Nous devrions tous avoir les mêmes possibilités, partout en Europe, et dans le reste du monde. Faire partie de l’équipe de campagne de la FYEG m’a fait comprendre les différences culturelles entre chaque pays, et la difficulté qu’il peut y avoir à faire une campagne commune !  C’était une expérience assez difficile, mais aussi très enrichissante !

Ecosprinter / Souris Verte : Y a-t-il une proposition qui te tient particulièrement à cœur parmi celles présentées dans le projet ?

Jeroni : “Vous n’avez AUCUN avenir.” Nous refusons de faire partie de la “génération perdue”, qui n’a aucun accès à l’emploi, ou au logement malgré des études de plus en plus longues. Nous demandons que la lutte contre le chômage des jeunes soit une priorité au niveau européen à la fois sur le long et le court terme. Pour moi, le chômage des jeunes est l’un des plus gros problèmes de notre époque. Il serait temps d’arrêter de se concentrer sur les mesures d’austérité et choisir de se battre pour une vie meilleure pour les jeunes générations.

Kim : “Avez vous assez chaud ?” L’Union Européenne a une grosse responsabilité vis-à-vis du réchauffement climatique, et en ressent d’ailleurs les premières conséquences, mais également une vraie possibilité de conduire le changement. Nous demandons un traité européen engageant contre le changement climatique d’ici 2015. Ce traité incluant des objectifs chiffrés et obligatoires de réduction des émissions de gaz à effet de serre, une taxe-carbone et des ultimatums progressifs concernant les négociations internationales relatives au changement climatique.

Une Europe plus écologique peut avoir un réel effet sur le futur de notre planète et sur les générations futures. Nous attendons beaucoup des négociations du COP 21 qui aura lieu à Paris et qui sera crucial pour les questions de réchauffement climatique. L’Union Européenne peut jouer un vrai rôle de leader en choisissant des objectifs ambitieux et en convainquant d’autres pays et d’autres régions de l’imiter.

Ecosprinter / Souris Verte : Demain, comment voyez-vous l’Europe ?

Kim : J’aimerais une Europe où l’égalité des chances est valable pour toutes et tous. En regardant le contexte néerlandais actuel, je n’ai pas l’impression que ce soit le genre de chose qui arrivera rapidement. Il y a une vraie possibilité que Wilders (Geert Wilders, fondateur et candidat du PVV, principal parti eurosceptique et nationaliste des Pays Bas, ndlr) remporte les élections, et si un groupe d’extrême droite se constitue au Parlement européen, nos idéaux écolos ne risquent pas de progresser… Je reste optimiste malgré tout. Des débats houleux au Parlement européen permettront peut être d’attirer l’attention sur les enjeux européens et réaliser que le projet des Verts est le plus cohérent et le plus souhaitable pour l’Europe. Si on ne gagne pas cette année, ce sera pour 2019 !

Jeroni : Peut être pas demain, mais à l’avenir j’aimerais voir une Europe plus solidaire. Une Europe qui prend conscience des liens de fait qui se sont constitués entre les pays, et qui nécessitent que nous réfléchissions à une plus grande échelle. Une Europe où l’avenir est plus prometteur et où les générations futures pourront respirer un air pur et se balader dans des forêts préservées. C’est comme cela que j’imagine l’Europe du futur.

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Le Tour d’Europe de la Souris Verte : étape République Tchèque

Du 22 au 25 Mai 2014, les électeurs des 28 états membres de l’Union Européenne vont élire les 751 députés Européens au sein du Parlement Européen. Mais il se passe quoi au fait un peu partout en Europe ? Comment les jeunes militants voient-ils l’Europe, l’engagement politique et les enjeux politiques des élections ? On a posé la question à plusieurs militants, pour notre Tour d’Europe, et aujourd’hui c’est Sára de République Tchèque qui nous répond !

Ecosprinter / Souris Verte : Salut Sára, comment vas tu ? Qui es-tu ?

Sára : Je vais bien, je suis plutôt occupée en ce moment mais ça va. Je suis une jeune écologiste candidate aux élections européennes, et je suis avant tout une militante ! Je me présente aux élections européennes et je suis numéro 10 sur la liste des candidats.

Ecosprinter / Souris Verte : Tu es donc engagée pour la campagne européenne en République Tchèque. Comment ça se passe ?

Sára : Les choses se passent bien pour le moment. On travaille en coopération avec le Parti Vert européen, et je trouve ça très intéressant de voir la logique derrière une campagne, les réseaux militants qui s’organisent etc.

Ecosprinter / Souris Verte : Quels sont les principaux enjeux dans ton pays ?

Sára : Les principaux enjeux à mon avis sont de parvenir à motiver d’autres jeunes de nous rejoindre, et de parvenir à leur montrer que la politique n’est pas le domaine réservé des vieux mâles. Il faut leur dire qu’ils peuvent vraiment influer sur la décision publique ! Nous voulons également parler de la montée du racisme en Europe, du chômage des jeunes et plus généralement de l’Europe, de son fonctionnement, etc.

Ecosprinter / Souris Verte : Pourquoi as-tu choisi de t’engager dans cette campagne ?

Sára : Parce que je pense que notre équipe de campagne est super, et qu’on peut faire une très bonne campagne en parlant autrement de la politique dans notre pays ! Nous voulons d’abord montrer le pouvoir et l’ambition des jeunes à changer les choses, et aussi montrer qu’il est possible d’avoir un autre discours sur les politiques écologistes en République Tchèque. Nous voulons mettre plus en valeur les propositions des Verts pour le Parlement Européen et expliquer ses retombées positives sur la politique tchèque.

Ecosprinter / Souris Verte : Y a-t-il une proposition qui te tient particulièrement à cœur parmi celles présentées dans le projet ?

Sára : Réaffirmer la force de la jeunesse, combattre le racisme et les discriminations.

Ecosprinter / Souris Verte : Demain, comment vois-tu l’Europe ?

Sára : Pour demain, je vois véritablement une Europe plus écolo, plus démocratique et plus solidaire. Moins d’intolérance et de différences entre les peuples en Europe également. Je vois aussi plus de chances et d’opportunités pour les jeunes et les jeunes familles. Et pour la politique hors Union Européenne, je rêve d’un monde plus heureux, sans dictature ni occupation. Plus généralement, une Europe écologiste est sans doute le seul futur souhaitable pour mon continent adoré !

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Le Tour d’Europe de la Souris Verte : étape Chypre

Du 22 au 25 Mai 2014, les électeurs des 28 états membres de l’Union Européenne vont élire les 751 députés Européens au sein du Parlement Européen. Mais il se passe quoi au fait un peu partout en Europe ? Comment les jeunes militants voient-ils l’Europe, l’engagement politique et les enjeux politiques des élections ? On a posé la question à plusieurs militants, pour notre Tour d’Europe, et aujourd’hui c’est Maria de Chypre qui nous répond !

Ecosprinter / Souris Verte : Salut, ça va ? Qui es-tu ? D’où viens-tu ?

Maria : Salut, je m’appelle Maria Kola, je viens de Chypre et je suis une membre active des Jeunes verts chypriotes. Cette année, je suis également la coordinatrice de campagne des Européennes dans mon pays.

Ecosprinter / Souris Verte : Tu es donc engagée à Chypre dans la campagne des Européennes. Comment ça se passe ? Quels sont les principaux enjeux dans ton pays ?

Maria : Je considère que c’est une opportunité pour moi d’aider à modifier la situation, surtout sur la question de l’abstention des jeunes. Le plus gros enjeu pour Chypre est que le Parti vert n’a pas de candidat jeune parce qu’ils sont sur des listes communes avec le Parti socialiste chypriote. C’est donc difficile d’expliquer à des jeunes qu’ils doivent aller voter et de les convaincre que c’est important pour eux alors que je fais la campagne d’un parti qui n’a pas de jeune candidat !

Ecosprinter / Souris Verte : Pourquoi as-tu choisi de t’engager dans cette campagne ?

Maria : Je me suis engagée pour apprendre comment on fait campagne mais également pour démontrer aux jeunes dans mon pays l’importance de leur vote sur l’Europe et pourquoi nous sommes présents, nous avons un rôle à jouer et un avis à donner sur des décisions qui nous concernent. Voter est un des moyens de montrer que nous existons et que nous nous sentons concernés ! En plus, jusqu’à maintenant, il n’y avait aucune chance qu’un vert chypriote soit élu au Parlement européen, alors que cette année nous avons deux candidats aux élections, donc nous menons une campagne plus importante que d’habitude. D’ailleurs, la FYEG nous aide beaucoup.

Ecosprinter / Souris Verte : Y a-t-il une proposition qui te tiens particulièrement à cœur parmi celles présentées dans le projet ?

Maria : Le principal sujet est la question économique, et là-dessus, je suis parfaitement d’accord avec notre programme !

Ecosprinter / Souris Verte : Demain, comment vois-tu l’Europe ?

Maria : Pour « demain », j’espère d’abord une Europe plus verte ! J’espère un Parlement européen plus fort, où les députés travailleraient véritablement sur les sujets pour lesquels ils ont été élus et de manière vraiment démocratique. J’espère enfin que le Parlement prendra des décisions sans se préoccuper de la Troïka et aidera plus rapidement les pays à repartir du bon pied.

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Le Tour d’Europe de la Souris Verte : étape Irlande

 Du 22 au 25 Mai 2014, les électeurs des 28 états membres de l’Union Européenne vont élire les 751 députés Européens au sein du Parlement Européen. Mais il se passe quoi au fait un peu partout en Europe ? Comment les jeunes militants voient-ils l’Europe, l’engagement politique et les enjeux politiques des élections ? On a posé la question à plusieurs militants, pour notre Tour d’Europe, et aujourd’hui c’est Chris d’Irlande qui nous répond !

Ecosprinter / Souris Verte : Salut Chris, ça va ? Qui es-tu ? D’où viens-tu ?

Chris : Je suis Chris Green, attaché de presse du Parti vert irlandais. Et je vais bien, merci !

Ecosprinter / Souris Verte : Tu es donc engagé en Irlande dans la campagne des Européennes. Comment ça se passe ? Quels sont les principaux enjeux dans ton pays ?

Je suis attaché de presse du Parti vert irlandais, et je m’occupe donc des relations presse pour le Parti. Mon travail consiste à construire une histoire autour de nos candidats et à les « vendre » à la presse nationale, ainsi que de m’assurer que nous restions toujours audibles dans le débat national.

Les principaux enjeux en Irlande sont toujours liés à la crise économique. Les Verts irlandais faisaient partie du gouvernement avec un des principaux partis au moment du sauvetage financier, donc ils doivent encore assumer leur part de responsabilité dans la récession. Cependant, le climat a changé et beaucoup de gens se tournent aujourd’hui vers les idées écologistes.

Ecosprinter / Souris Verte : Pourquoi as-tu choisi de t’engager dans cette campagne ?

Chris : Après avoir quitté mon précédent travail, je cherchais à m’engager en politique. Les objectifs et la philosophie du Parti vert m’ont vraiment séduit. Je pense que cette élection va être extrêmement importante pour dessiner l’Europe post-récession et je veux que l’on entende la voix des Verts irlandais à la table de l’Europe !

Ecosprinter / Souris Verte : Y a-t-il une proposition qui te tient particulièrement à cœur parmi celles présentées dans le projet ?

Chris : La question des droits numériques me semble essentielle et les Verts sont les seuls à articuler une politique cohérente entre la protection des libertés et la question du numérique. L’Irlande accueille de nombreuses entreprises internationales qui travaillent dans les technologies et a donc un rôle énorme à jouer dans ce débat.

Ecosprinter / Souris Verte : Demain, comment vois-tu l’Europe ?

Chris : Si la population n’arrive pas à comprendre que l’Europe a favorisé la démocratie, ainsi que ses bénéfices tangibles en matière d’investissement et d’emploi, je vois un futur relativement lugubre pour l’Europe. Nous avons un potentiel énorme qui est aujourd’hui freiné par la bipolarisation de l’échiquier politique, le fait que les Etats supportent les dettes privées et que le système soit tourné vers les intérêts des entreprises. Heureusement, les Verts peuvent continuer à travailler pour changer l’Europe pour le bien des gens, et ils seront encore plus nombreux après le 25 mai !

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Le Tour d’Europe de la Souris Verte : étape Espagne

 Du 22 au 25 Mai 2014, les électeurs des 28 états membres de l’Union Européenne vont élire les 751 députés Européens au sein du Parlement Européen. Mais il se passe quoi au fait un peu partout en Europe ? Comment les jeunes militants voient-ils l’Europe, l’engagement politique et les enjeux politiques des élections ? On a posé la question à plusieurs militants, pour notre Tour d’Europe, et aujourd’hui c’est Joan d’Espagne qui nous répond !

Rédac SV : Salut Joan, ça va ? Qui es-tu ? D’où viens-tu ?

Joan : Salut ! Je suis Joan Groizard, un espagnol (de Mallorque) “exilé” à Londres, où je bosse comme ingénieur dans les énergies renouvelables.

Rédac SV : Qu’est-ce qu’être Européen pour toi ?

Joan : En fait je sens que ma première identité “nationale” c’est européen (ensuite je suis mallorquin, puis je suis des Iles Baléares et finalement je suis espagnol). Pourquoi je me sens européen ? Parce que l’Europe ce n’est pas une “nation” comme les autres, avec des valeurs “historiques” souvent basées sur des critères géographiques, totalement fortuit. L’Europe est né avec les idées des droits de l’homme (et la femme), la solidarité, la diversité… et plutôt la paix. J’ai du mal à m’identifier à des idées et des valeurs simplement car je suis né dans un pays ou dans un autre. Mais je m’identifie totalement à l’idée d’un espace construit afin d’atteindre la paix et les droits en Europe… et dans le reste du monde.

Rédac SV : Quelle est la situation dans ton Euro-région ? Qui sont les candidats ? Quelle est la dynamique ?

Joan : En Espagne, il n’y a qu’une seule circonscription. Tous les votes ont la même valeur, et c’est la seule occasion en Espagne pour les petits partis – dont EQUO, le parti vert espagnol – de jouer avec les mêmes chances que les autres partis. Pourtant, la situation est un peu désespérante avec 26% de chômage (56% pour les jeunes) et un taux prévu de participation aux élections de moins de 50%.

Les deux principaux partis – le parti socialiste et le parti “populaire” (centre-droite) ont une candidate et un candidat qui ne sont pas du tout engageants. Pour eux, c’est mieux si les Espagnols ne s’activent pas et restent chez eux. Ils savent que si les citoyen-ne-s vont voter en masse, ça ne va pas être pour eux.

Il y a aussi les communistes (“gauche unie”), les “on n’est pas droite, on n’est pas gauche, mais on vote avec la droite” UPyD (Union – car ils sont du Centre, progrès et démocratie), EQUO (le parti vert, en coalition avec des partis régionalistes), différentes candidatures régionalistes (basques, galiciens, catalans, dans chaque cas de gauche et de droite) et des tout nouveaux partis. Soit beaucoup de diversité… Peut-être trop pour le citoyen moyen qui ne connait pas trop la politique européenne ?

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Rédac SV : Les élections européennes sont les élections les moins populaires. Pourtant, même avec des Eurodéputés loin à Bruxelles et Strasbourg, les conséquences sur l’Europe sont visibles. As-tu des difficultés à parler d’Europe autour de toi ?

Joan : C’est toujours pareil. Ce sont des élections européennes mais tout le monde parle du gouvernement et de l’opposition au niveau de l’Espagne. Les médias ont aussi du mal à expliquer l’Europe, et même à parler des évènements clés, comme le débat entre les candidats et la candidate à la présidence de la Commission Européenne.

Beaucoup de monde dit que l’Europe est trop lointaine, qu’il faut résoudre les problèmes locaux dans un premier temps… et ils ne comprennent pas qu’en fait beaucoup de ces problèmes viennent parce que ce sont des politiciens néolibéraux et de droite qui ont le pouvoir maintenant en Europe.

Rédac SV : Est-ce qu’il existe un projet qui te tient à cœur qui a été mené durant le dernier mandat en Europe ?

Joan : À mon avis, le principal problème partout en Europe dans ce dernier mandat, c’est que sous prétexte de gérer la crise économique, les gouvernements des états membres de l’Union Européenne ont pris le pouvoir. Ils en ont profité, avec le permis d’un Parlement Européen plutôt conservateur, pour avancer un agenda de dérégulation, d’austérité, de privatisation et autres mesures néolibérales. Face à ça, les dernières années ont surtout été une résistance face à ces mesures et cette idée d’une Europe seulement comme marché commun au service des grands pouvoirs économiques.

Dans tout ce contexte, la bataille la plus importante c’est le TTIP ou TAFTA. La négociation d’un traité secret entre l’UE et les États Unis qui permettrait à des multinationales de poursuivre en justice des gouvernements dans des tribunaux privés s’ils essayent de mettre en œuvre des lois pour protéger l’environnement ou les droits des travailleurs au-dessus des niveaux américains est abominable.

Rédac SV : Demain, comment tu vois ton Europe ?

Joan : C’est une très bonne question. Je crois vraiment que les citoyen-ne-s européen-ne-s vont prendre conscience de l’urgence et se mobiliser pour vraiment changer les choses. Peut-être que ça va arriver tard et ça va être après-demain et pas demain. Mais finalement nous aurons une Europe sociale, durable et juste, parce que nous aurons une Europe démocratique. Une Europe sans frontières internes et qui lutte pour un monde meilleur.

Sinon, je n’ose pas penser ce que serait l’alternative.

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Le Tour d’Europe de la Souris Verte : étape Belgique

 Du 22 au 25 Mai 2014, les électeurs des 28 états membres de l’Union Européenne vont élire les 751 députés Européens au sein du Parlement Européen. Mais il se passe quoi au fait un peu partout en Europe ? Comment les jeunes militants voient-ils l’Europe, l’engagement politique et les enjeux politiques des élections ? On a posé la question à plusieurs militants, pour notre Tour d’Europe, et aujourd’hui c’est Nicolas de Bruxelles qui nous répond !

Rédac SV : Salut Nicolas, ça va ? Qui es-tu ? D’où viens-tu ?

Nicolas : Hello ! Je suis un jeune bruxellois engagé qui milite chez écolo j, l’homologue belge-francophone des Jeunes Ecologistes. Je m’occupe des relations internationales et notamment de la coordination entre notre organisation et la Fédération des Jeunes Verts Européens.

Rédac SV : Qu’est-ce qu’être Européen pour toi ?

Nicolas : J’aurais tendance à dire qu’il s’agit d’une personne résidant en Europe continentale, peu importent son origine et sa nationalité. Une personne plus ou moins à mi-chemin entre l’Orient et l’Occident, qui a à mon sens un rôle fondamental à jouer pour l’avenir.

Rédac SV : Quelle est la situation dans ton Euro-région ? Qui sont les candidats ? Quelle est la dynamique ?

Nicolas : Mon “Euro-région” (sourire, on n’utilise pas ce terme outre-quiévrain) a une situation très particulière puisque chez nous, le 25 mai ce sont non seulement les élections européennes, mais aussi les élections fédérales et régionales : 3 bulletins de vote pour le prix d’1 ! Les têtes de liste des principaux partis ont changé sauf chez les libéraux pour lesquels on retrouve de nouveau Verhofstadt et Michel. Chez Ecolo, nous avons décidé que ce serait Philippe Lamberts (“le pire ennemi de la City”) qui nous représenterait à l’Europe. Nous avions atteint un score de 22,88% aux précédentes élections, ce qui nous avait permis d’avoir 2 députés. 5 ans plus tard, pas d’illusion, nous enverrons seulement Philippe au Parlement Européen du côté francophone, et Groen espère renvoyer Bart Staes.

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Rédac SV : Les élections européennes sont les élections les moins populaires. Pourtant, même avec des Eurodéputés loin à Bruxelles et Strasbourg, les conséquences sur l’Europe sont visibles. As-tu des difficultés à parler d’Europe autour de toi ?

Nicolas : Habitant Bruxelles, les discussions autour de l’Europe sont courantes, surtout ces dernières années avec toutes les mesures d’austérité que l’UE a imposé à ses états membres et notamment à la Belgique. En revanche, lorsque l’on souhaite manifester au sujet d’un traité comme le TSCG ou le TTIP, on arrive à mobiliser des forces d’énormément de milieux différents mais au final, peu de citoyens sortent dans la rue. Sinon, du fait que les élections européennes aient lieu en même temps que les fédérales et régionales, j’ai vraiment l’impression que le belge moyen (déjà désintéressé de la politique à la base) ne mesure absolument pas les enjeux de celles-ci.

Rédac SV : Est-ce qu’il existe un projet intéressant /qui te tient à cœur qui a été mené durant le dernier mandat en Europe ?

Nicolas : J’aimerais beaucoup qu’on remette la Politique Agricole Commune sur la table et qu’on arrive à imposer des règles strictes en matière d’environnement, de santé et de protection de la biodiversité notamment. La venue des OGM m’effraie et je trouve scandaleux que notre agriculture soit encore essentiellement basée sur la pétrochimie dans des conditions immondes à l’heure où des pays comme le Bhoutan cultivent 100% bio.

Rédac SV : Demain, comment tu vois ton Europe ?

Nicolas : Je souhaite la voir indépendante énergétiquement grâce au déploiement rapide et massif du renouvelable. Cela contribuerait énormément à résoudre les crises sociales et environnementales qui risquent fort de nuire aux européens si elles ne sont pas prises en main : création d’un nombre considérable d’emplois, réduction de la facture énergétique et des émissions de gaz à effet de serre.

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