changement climatique

#InsideCOP J7 : Un petit tour du côté des actions des représentants des ONG

Du 30 novembre au 11 décembre a lieu au Bourget, en Seine-Saint-Denis la COP21. Les 7000 représentants des 196 signataires de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique se réunissent afin de mettre sur pied un accord universel de lutte contre le changement climatique. Cinq jeunes écologistes ont réussi à se faufiler à l’intérieur du centre de conférence. Chaque soir, ils racontent à la Souris Verte leur journée #insideCOP.

Retrouvez ici les récits des jours précédents.

Raphaëlle COPO21Raphaëlle, en pleine forme après quelques heures de sommeil, pour cette deuxième semaine de COP.

Souris verte : Bonjour Raphaëlle, merci de te prêter (encore une fois) au jeu des interviews. Entrons dès maintenant dans le vif du sujet, ce qui taraude nos lecteurs… Où en est-on dans l’accord ?
Raphaëlle : L’accord est à la fois (comme le disent les médias) très bon et très mauvais. Il subsiste une palette de possibilités –positives- étendue. Par exemple : s’attache t-on à établir un objectif à 1.5 ou 2° ? A un horizon 2060, 2080, plus, moins ? Quel niveau de carbonisation est acceptable ? En l’état actuel des choses, il y a encore une marge d’amélioration énorme !
De plus, plusieurs points restent pour le moment en suspens. Ces points concernent principalement le Fond vert. On s’interroge sur plusieurs éléments :

  • Si deux fonds sont créés : un fond adaptation et un fond vert qui serait alors plus tourné vers la réparation des dégâts climatiques… enfin, la distinction reste encore vague. Et si deux fonds sont effectivement créés, comment orienter les promesses de financement déjà annoncées par les Etats ? La secrétaire exécutive de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique, Christiana Sigueres a elle-même évoqué son scepticisme face à cette répartition.
  • La question du contrôle et de la répartition des fonds aux pays touchés par le changement climatique reste vague.
  • Le problème du renouvellement des fonds. C’est bien beau participer maintenant au fond vert mais les problèmes liés au changement climatique ne vont pas s’arrêter une fois qu’un accord sera trouvé. Il faut réfléchir sur l’approvisionnement à long terme de ce fond.

SV : La question du jour : Décarbonisation ou décarbonation ?
Raphaëlle : Hahah les deux sont acceptés. Tous le monde hésite un peu sur le terme à employer, même François Hollande butte sur ce mot !

SV : Comment peut-on faire bouger cet accord ?
Raphaëlle : Essentiellement par des actions car le lobbying envers les politiques n’est pas vraiment la spécialité des YOUNGO.
Depuis ce matin beaucoup d’actions ont eu lieu.

  • Il y en a notamment eu quelques unes concernant les droits humains.
  • Une autre qui a dénoncé ENGIE [un des sponsors de la COPOOO21 spécialiste du greenwashing] et ses fausses solutions. Des représentants de la société civile se sont tenus devant la session dans laquelle ENGIE qui exposait ses « solutions pour le climat » en dénonçant les paradoxes et mensonges de l’entreprise avec des pancartes. Cette action assez simple a été bien relayée dans les médias et a fait s’interroger beaucoup de personnes de passage sur les motivations d’ENGIE. Une réussite !

Action simple et efficace !

  • Une dernière action chouette aujourd’hui portait sur la limite 1.5/2°. A l’entrée de la COP, les représentants étaient invités à prendre le tapis vert des 1.5° ou le tapis rouge des 2° et de toutes les conséquences désastreuses qui en découleront.

SV : Super toute cette émulation !
Pour finir sur une (autre) note optimiste, as-tu un moment de grâce à nous faire partager ?
Raphaëlle : Toujours. Ce soir Léa [qui fait aussi partie de la délégation des JE] est au comité de Paris. Cette séance de plénière est un peu spéciale car, une fois n’est pas coutume, elle est ouverte aux négociateurs ET aux représentants de la société civile [aussi appelés observateurs]. En revanche, les médias n’y sont pas conviés. Cela nous met un peu de baume au cœur d‘être reconnus et de pouvoir entrer dans ce lieu de négociations.
Ah et j’ai un deuxième coup de cœur pour aujourd’hui ! La présidence de la COP, c’est à dire la France, a financé le voyage d’un certain nombre de jeunes militants internationaux. Ces jeunes sont des représentants d’associations environnementales de leurs pays qui avaient obtenu des accréditations mais qui n’avaient pas les financements pour y venir. Bon point pour la France.

SV : Merci pour toutes ces niouz #InsideCOP Raphaëlle, à bientôt et bonne COP-continuation !

Pourquoi certaines personnes continuent de nier le changement climatique ?

Certains continuent de nier que le changement climatique à bel et bien lieu. Pour quelles raisons ? Cette courte vidéo de la chaîne Youtube d’informations américaine TesTube News vous l’explique.

La vidéo est totalement en anglais mais les sous-titres anglais sont disponibles pour faciliter votre compréhension.

J. Lebourgeois pour la rédac’

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De la tête au ski : pratiquer la montagne de manière écolo !

Qu’on parte en rando dans les Pyrénées ou qu’on aille faire du ski l’hiver dans les Alpes, la montagne : on adore ! Lieu d’évasion, de sports , de tranquillité et de nature, elle représente une véritable bouffée d’oxygène. Associée à nos vacances et à nos loisirs, la montagne nous apparaît comme un îlot de bien-vivre coupé de la pollution atmosphérique, de l’excitation citadine ou bien encore du ronron incessant des moteurs de voiture. Les paysages sauvages, l’edelweiss, la tarte aux myrtilles, les marmottes… quoi de plus nature que des vacances en montagne !

Pourtant, même si la montagne est à nos yeux belle et intacte, elle est en réalité bien menacée ! La montagne est la première victime du changement climatique, la température dans les Alpes augmente deux fois plus vite qu’à l’échelle planétaire (+ 2° depuis 1900). En effet, elle subit de plein fouet l’activité humaine. Destination appréciée et rentable, l’activité touristique ne cesse de s’y développer. Plus grand domaine skiable au monde avec 357 stations, les montagnes françaises ne cessent de s’artificialiser : explosion de l’industrie touristique, prédominance de la voiture, multiplication des canons à neige.. Alors, la montagne ça vous gagne toujours ?
Le changement climatique en montagne est une menace pour ceux qui y vivent et y pratiquent leurs activités. Le bouleversement des saisons entraîne des perturbations pour la faune (le lagopède alpin** prend un coup de chaud), menace des espèces végétales et provoque un stress hydrique causant des baisses de production agricole. Le réchauffement contribue également à la diminution de l’enneigement et à la multiplication des chutes de pierres entraînant des risques pour l’activité touristique. Montagnard, vacancier, berger ou éleveur : chacun a donc intérêt à ne pas voir l’équilibre naturel se bouleverser !

« Donc si je veux sauver la montagne, cela signifie qu’il vaut mieux que je n’y mette plus les skis? » Bien sûr que non ! Aimer la montagne c’est aussi adapter les pratiques pour limiter l’impact humain et préserver cet espace. Plein d’initiatives existent à notre échelle pour en profiter sans scrupule :
– Laisser la voiture au garage et prendre les transports en commun. Dans sa campagne « Changer d’approche », l’association Mountain Wilderness te propose plus de 15 000 itinéraires sans voiture. http://changerdapproche.org/

– Consommer des produits frais et locaux pour faire vivre l’économie rurale et éviter les méfaits de l’importation
– Préférer les refuges et gîtes conviviaux plutôt que les hôtels commerciaux
– Découvrir la montagne grâce à des guides ou accompagnateurs afin d’apprendre à la connaître et à la préserver
– Ne plus envisager la montagne uniquement comme un espace de jeux : pratiquer l’escalade sans impact comme le propose la campagne KeepWild !, ne pas sortir son 4×4 super polluant, éviter les sentiers sur-fréquentés… http://keepwildclimbs.ch/en/what-is-clean-climbing/

N’attendons plus : prenons le premier bus et partons nous émerveiller de la beauté de la montagne !

Ne dit-on pas que la montagne offre à l’homme tout ce que la société moderne oublie de lui donner ?

** http://www.observatoire-galliformes-montagne.com/Lagopede-alpin.html

2 degrés avant la fin du monde

Spécial COP21 du jour :

Un reportage très complet sur le réchauffement climatique et sur l’enjeu que représente la COP21 à Paris ! Plein d’humour et d’interviews, cette vidéo est réalisée par DataGueule avec la participation de France 4.

Bref, moins de 90 minutes qui dénouent parfaitement les “nœuds de nos cerveaux” sur la question ! Enjoy !

  J. Lebourgeois pour la rédac’

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Avant la COP

Avant la COP 21, remettons les feuilles sur les arbres, ou plutôt les points sur les i à propos de la déforestation car non, il ne s’agit pas seulement de contraindre les industries pollueuses et les transports durant la conférence à la fin du mois. Il faut aussi mettre fin à la déforestation et entamer des programmes de reforestation pour ensuite gérer durablement nos forêts. Pour contribuer à la reforestation tu peux installer le moteur de recherche Ecosia, dont un article sur La Souris Verte t’explique déjà le fonctionnement.

Pour la vidéo, il faut remercier Greenpeace France. Enjoy !

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J. Lebourgeois pour la rédac’

Une idée de Petit plaisir du jour ? Nous sommes preneur ! Envoie-la-nous à redac-souris-verte@listes.jeunes-ecologistes.org

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Justice climatique, justice sociale : retour sur le forum des Jeunes Ecologistes à Lille

Les 4, 5 et 6 avril s’est tenu à Lille le forum national des Jeunes Ecologistes sur le thème « Justice climatique, justice sociale ». L’occasion pour les JE, bien sûr de se retrouver déjà, mais aussi et surtout de nourrir la réflexion et préparer la voie vers la COP21 qui se tiendra cette année, du 30 novembre au 12 décembre, à Paris. Sans aucune intention de vous rendre trop nostalgiques, après ces deux semaines déjà sans se réunir tou-te-s ensemble, La Souris Verte revient sur ce week-end riche en travail et en bonne humeur :

Un forum placé sous le signe du climat…

Le groupe local des Jeunes Ecologistes de Lille a accueilli une centaine de leurs jeunes camarades JE pour travailler pendant trois jours sur le thème « justice climatique, justice sociale ». Après un accueil festif le vendredi soir à la MER (Maison de l’Ecologie Régionale), l’ambiance fût studieuse dès le lendemain matin pour démarrer sur le programme chargé du week-end.

C’est par un café mondial des alternatives que tout commence, avec de nombreux intervenants, notamment Majdouline Sibai, Vice-Présidente du Conseil Régional Nord Pas-de-Calais et des représentants du REFEDD (REseau Français des Etudiants pour le Développement Durable). Au menu : politiques publiques, économie, traitement des déchets, alimentation, énergie, éducation, transports et urbanisme. S’en est suivi une plénière avec les interventions de Karima Delli (Eurodéputée EELV), Emmanuel Cau (Vice-Président du Conseil Régional Nord Pas-de-Calais) et Charles-Adrien Louis (Avenir Climatique) où nous avons pu échanger sur les enjeux climatiques et de la COP21, ainsi que les leviers d’action disponibles en vue de la mobilisation pour la conférence des parties. Avant de retourner à des activités plus festives,  les Jeunes Ecologistes sont allés migrer en plein centre de Lille pour installer le premier camp de réfugiés climatiques de la ville, toujours en compagnie de Karima Delli, dont l’énergie semble inépuisable.

… et bien évidemment aussi de la COP21

La deuxième journée de travail a été majoritairement consacrée à la préparation de la stratégie des Jeunes Ecologistes en vue de la COP21. Le café mondial des alternatives a ainsi laissé place à un café mondial des mobilisations où ont été discuté les différentes mobilisations à venir d’ici le mois de décembre et lors de la COP21, la stratégie de communication des Jeunes Ecologistes, les liens du mouvement avec les autres réseaux climatiques (WARN, Alternatiba…), la lutte contre les GPII, la plateforme des jeunes politiques Génération Climat fondée à l’initiative des JE ainsi que la coopération avec la FYEG (Fédération des Jeunes Verts Européens) et la mobilisation au niveau européen. Après toutes ces réflexions et avant de conclure ce forum sur le climat, une simulation géante de négociations climatiques a été organisée avec l’aimable contribution du réseau Avenir Climatique, représenté par Charles-Adrien Louis. C’était ensuite l’heure de conclure ce forum avec un retour global sur ce week-end riche en réflexion et en motivation et un mot de nos secrétaires fédéraux, Laura Chatel et Lucas Nédélec. Certains d’entre nous sont toutefois restés à Lille pour une dernière soirée conviviale avec jeux de société, chansons, danses et surtout beaucoup de rires.

Sans oublier les rites habituels

Enfin comme à chaque forum, une coordination fédérale s’est tenue le lundi matin, lors de laquelle les JE ont pris position pour le soutien à l’éducation populaire, tout en rappelant son rôle primordial, et en faveur de l’ouverture à la GPA non-marchande en France, contre la marchandisation des corps. Puis après un dernier repas convivial, comme à notre habitude, l’heure des au revoir est arrivée pour la plupart d’entre nous. Certains ont toutefois profité de cette dernière après-midi pour aller prêter main fortes dans les différents jardins partagés de la ville.

La parole est aux nouveaux-elles :

Pour certain-e-s d’entre nous, le forum de Lille a été la toute première participation à un forum des Jeunes Ecologistes. La Souris Verte, comme tous les autres Jeunes Ecologistes nous n’en doutons pas un seul instant, sont soucieux du bien-être de tou-te-s et de l’intégration des nouvelles énergies, ainsi leur avis nous est précieux :

La Souris Verte : Roxane, tu es une locale puisque tu fais partie du groupe local de Lille, mais c’était ton premier forum, tu en as pensé quoi ?

Roxane : Mon impression sur le forum est vraiment positive, car j’ai trouvé que les actions menées et l’ambiance était formidables. En tant que novice, j’ai surtout été impressionnée de voir une centaine de jeunes se réunir et s’organiser pour militer et vivre ensemble (j’ai trouvé les gens de l’exé vraiment professionnels). Alors que chaque chose a été menée le mieux possible, on a encore cherché s’améliorer et ça c’est super (par exemple pour les Elfes de la Nuit) (concept que j’ai d’ailleurs trouvé très intelligent). Bref, peu de mécontentement de ma part, vivement le prochain forum!

LSV : Et toi Cyril, tu es venu de Nantes pour pouvoir participer à ce forum, quelles sont tes impressions après ces trois jours à nos côtés ?

Cyril : Ce forum a été très intéressant et très enrichissant. Les différentes discussions et les ateliers permettent d’aborder tous ces sujets avec des visions différentes de ce que l’on a l’habitude de voir ou d’entendre. La simulation a aussi été un moment très formateur, car elle nous a permis de mieux comprendre ce travail de négociations qui reste très flou pour les non-initiés. Enfin, j’en ressors avec plein de motivation. Le fait de voir autant de personnes qui partagent les mêmes idées et qui sont elles-mêmes très motivées est très énergisant, et les différentes actions que l’on a faites au cours de ce week-end nous permettent de mettre notre militantisme en pratique et de dépasser certaines de nos craintes, notamment celle d’aller accoster des passants dans la rue pour leur expliquer nos actions et lancer le débat.

Pour en savoir un peu plus sur ce forum vous pouvez déjà retrouver ici une interview de Karima Delli, eurodéputée et ancienne secrétaire fédérale des Jeunes Ecologistes, qui nous a fait l’honneur d’intervenir au cours de notre forum.

Crédits photo : Florian Quèze

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Changements climatiques : “il ne faut ni se voiler la face, ni avoir peur”

Karima Delli, eurodéputée depuis 2009 et ancienne secrétaire fédérale des Jeunes Ecologistes, est venue intervenir au forum de Lille qui se tenait du 4 au 6 avril, sur le thème “Justice climatique, justice sociale”. La Souris Verte revient sur cette intervention avec Karima elle-même, qui nous a accordé une interview :

La Souris Verte : Bonjour Karima, tu es venue intervenir à l’occasion du forum des Jeunes Ecologistes qui s’est tenu à Lille du 3 au 6 avril, sur le thème « justice climatique, justice sociale ». En quoi selon toi ces deux enjeux sont-ils liés et pourquoi ces questions sont-elles aussi importantes aujourd’hui ?

Karima Delli : Malgré les idées reçues, la question du réchauffement climatique n’est pas un truc abstrait, ni un combat de luxe pour les bobos. Bien au contraire, c’est une question de survie qui concerne l’ensemble de l’humanité. Et pourtant, il y a un paradoxe, car face à ce danger planétaire, nous ne sommes pas tous égaux car les populations les plus pauvres sont aujourd’hui les plus exposées. En ce sens parler de « justice climatique » me semble essentiel.

Les exemples de cette injustice environnementale sont nombreux : je pense à l’ouragan Katrina qui a dévasté la Nouvelles Orléans l’une des villes les plus pauvres des Etats-Unis en 2005, à tous ces archipels comme le Vanuatu qui a littéralement été rasé par le Cyclone « Pam » le mois dernier alors que ce pays vivait principalement du tourisme et l’agriculture.. Je pense aussi au continent africain menacé de sécheresse et à ces millions de réfugiés climatiques qui demain s’ajouteront à ceux qui fuient déjà la guerre et tentent de rejoindre l’Europe au péril de leur vie.

“Je pense qu’il ne faut ni se voiler la face ni avoir peur.”

 

 

LSV : Tu as dit dans ton intervention qu’il faut être réaliste, sans pour autant tomber dans le fatalisme ou le catastrophisme. Qu’entends-tu par-là exactement ?

KD : Oui, je pense qu’il ne faut ni se voiler la face ni avoir peur. Objectivement, la situation est grave, mais nous avons le pouvoir de changer la donne, à force de volonté politique.

L’humanité est au pied du mur et les chefs d’Etat doivent comprendre qu’ils n’ont pas le choix. Le rapport du Giec est sans appel : si nous ne maintenons pas le réchauffement climatique en dessous de 2°d’ici 2050, ce qui nous guette, c’est des records en matière de fonte des glaces, de hausse du niveau de la mer, de disparitions d’espèces végétales et animales, avec à la clef l’effondrement de notre civilisation tournée vers le productivisme à outrance. Car l’enjeu climatique conditionne tous les autres : aucun modèle économique ou démocratique ne survivra au dérèglement climatique. Le statut quo n’est donc pas une option.
Alors oui, changer de modèle ça ne fera pas forcément l’affaire de ceux qui ont des intérêt dans les énergies fossiles, le lobby pétrolier par exemple, mais en même temps, le système actuel est à bout de souffle : aujourd’hui, les investissement dans le pétrole ne sont plus rentables…

LSV : Pourtant quand on observe la politique menée par le gouvernement actuel, mais aussi plus généralement dans notre pays depuis des décennies (NDDL, Sivens, Roybon, la droite favorable au gaz de schiste…) on a de quoi désespérer… qu’est-ce qu’il faudrait changer pour aller (enfin !) dans la bonne direction, quel message envoyer entre autres à notre gouvernement ?

KD : Selon moi, nos dirigeants actuels fonctionnent à l’ancienne : ils n’ont pas encore intégrer le logiciel écolo, ni compris l’immense potentiel que représente la transition écolo, notamment en terme d’emplois et le bien-être des populations. Au lieu d’investir dans des secteurs d’avenir, porteurs d’emploi pour les jeunes et les moins jeunes, on continue à foncer bêtement la tête baissée vers des projets couteux et inutiles : NDDL, le Lyon-Turin, sans parler du nucléaire…

C’est particulièrement vrai de la France qui, loin d’être exemplaire comme elle devrait l’être en tant qu’hôte de la COP21, affiche un retard colossal en matière de fiscalité verte et d’énergies renouvelables par rapport à ses voisins européens. Et ce malgré les nombreux pics de pollutions qui menacent chaque jour notre santé.
C’est assez désespérant en effet de constater que ce gouvernement de gauche, qui avait les pleins pouvoirs en 2012 a attendu plus de deux ans pour avancer sur une loi sur la transition énergétique qui au final qui n’est pas à la hauteur des enjeux.

LSV : Et en tant que députée européenne, que penses-tu de la politique de l’Union Européenne face aux changements climatiques ? La nomination de M. Canete au commissariat à l’environnement ne fait-elle pas peser une menace sur la lutte contre ces changements climatiques en Europe ?

KD : Malheureusement, le positionnement actuel de l’UE est décevant. C’est particulièrement dommage quand on sait que par le passé, l’UE s’est montré un acteur très actif dans la lutte contre le réchauffement climatique, notamment au moment du protocole de Kyoto. Du fait du retrait des Etats-Unis, elle a occupé un leadership trop rare, qui semble s’amoindrir aujourd’hui depuis l’échec de Copenhague et la déception de Lima. Alors qu’en 2008, nous avions adopté des objectifs ambitieux: les fameux 3×20 d’ici 2020, nous sommes passés à un accord à minima en octobre dernier avec des objectifs non contraignants d’ici 2030 ! Une réduction des gaz à émissions de serre de 40 % et seulement 27 % d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique totale, ainsi qu’une efficacité énergétique à seulement 27% …

LSV : Le forum de Lille a aussi été l’occasion pour nous, Jeunes Ecologistes, de nourrir notre réflexion et de nous préparer à l’approche de la COP21, à la fin de l’année. Selon toi, quels sont les enjeux majeurs de cette conférence que nous accueillons ?

KD : On l’a dit et répété, l’enjeu majeur de cette conférence c’est la nécessité que les chefs d’Etat s’accordent sur des engagements ambitieux ET contraignants pour limiter le réchauffement climatique en dessous de la barre des 2° degrés d’ici 2050. Cela suppose de dépasser le blocage observé depuis Copenhague, notamment sur la question financière du Fonds vert qui doit lever 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour accompagner les pays du Sud dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Au delà de ces objectifs, il faut se saisir de cette opportunité pour réveiller les consciences, profiter du fait qu’en décembre tous les regards seront braqués sur nous. Notre mission c’est donc de marteler notre message autant que possible pour sensibiliser les citoyens en les interrogeant : dans quelle société voulez-vous vivre ? dans quel type d’environnement voulez-vous voir grandir vos enfants ? Est-ce que c’est dans des villes où on recommande aux enfants, aux femmes enceintes et aux personnes âgées de ne pas sortir pour cause de pollution ? ou est-ce qu’on opte pour des espaces urbains où chacun peut se déplacer à vélo en transports en commun, en toute sécurité ?

“Nous devrions tous être des ambassadeurs du climat.”

 

 

LSV : Il y a justement de plus en plus de mouvements de jeunesse qui se montent et / ou commencent à se mobiliser en vue de la COY et de la COP21. Qu’est-ce que cela t’évoque ?

KD : Selon moi, chacun a un rôle à jouer dans cette mobilisation : les élus, les associations, les collectivités locales, les entreprises etc. Nous devrions tous être des ambassadeurs du climat.
Les jeunes sont sans doute les mieux placés pour porter ce message d’avenir. L’énergie et l’inventivité dont vous faites preuve sont des ingrédients précieux dont nous avons besoin pour cette campagne de mobilisation, pour emporter les foules comme les jeunes écolos l’ont toujours fait. J’ai moi-même été formée à cette école de l’activisme joyeux au sein des collectifs jeudi noir ou sauvons les riches. Ces expériences ont influencé à jamais ma façon de faire de la politique et de participer au débat public.

LSV : Selon toi, cette mobilisation citoyenne, notamment de la jeunesse, pourrait-elle faire pencher la balance vers un accord satisfaisant ?

KD : Il est évident que si on s’en remet uniquement aux belles déclarations des chefs d’Etat, on n’y arrivera pas !

Il est notable de constater qu’en dépit de l’inertie de nos dirigeants, une sorte de communauté climatique internationale est en train d’émerger. C’est particulièrement frappant aux Etats-Unis, où depuis leur retrait du Protocole de Kyoto, la société civile, les ONG, la communauté scientifique et les citoyens ont pris le relais pour faire pression sur les politiques. Ainsi, un nombre croissant d’Etats y mènent des politiques actives au niveau fédéral.

Cela prouve bien que la logique verticale, si elle est en panne, laisse une grande place à une organisation horizontale, dont les jeunes, via les réseaux sociaux, sont les premiers acteurs !

LSV : Si un accord contraignant n’est pas trouvé, que faudra-t-il garder des nombreuses mobilisations citoyennes qui ont germé dans le sillage (d’Alternatiba) ..?

KD : Bien entendu, la COP de décembre n’est pas une fin en soin. L’après-COP, c’est là que tout se jouera. D’abord pour obliger les Etats à respecter leurs engagements car ceux-ci devront se traduire en actes, en textes de loi qui devront ensuite être appliqués sur le terrain. A cet égard, la pression citoyenne sera plus que jamais nécessaire.

Crédits photo : Florian Quèze

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