COP21

Un océan de solution

Quoi ? La COP21 patine ? Mais pourtant il y a un véritable “océan de solutions” qui existe ! Découvrez-les dans ce débat qui a été diffusé sur France 0 dernièrement et présenté par Sébastien Folin.

Pour voir l’émission, chaud devant c’est par ici !

J. Lebourgeois pour la rédac’

Cette émission t’a plu ? Alors n’hésite pas à la partager avec tes amis :

L'équipe de la rédaction se charge de vous proposer régulièrement de nouveaux articles.

#InsideCOP J7 : Un petit tour du côté des actions des représentants des ONG

Du 30 novembre au 11 décembre a lieu au Bourget, en Seine-Saint-Denis la COP21. Les 7000 représentants des 196 signataires de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique se réunissent afin de mettre sur pied un accord universel de lutte contre le changement climatique. Cinq jeunes écologistes ont réussi à se faufiler à l’intérieur du centre de conférence. Chaque soir, ils racontent à la Souris Verte leur journée #insideCOP.

Retrouvez ici les récits des jours précédents.

Raphaëlle COPO21Raphaëlle, en pleine forme après quelques heures de sommeil, pour cette deuxième semaine de COP.

Souris verte : Bonjour Raphaëlle, merci de te prêter (encore une fois) au jeu des interviews. Entrons dès maintenant dans le vif du sujet, ce qui taraude nos lecteurs… Où en est-on dans l’accord ?
Raphaëlle : L’accord est à la fois (comme le disent les médias) très bon et très mauvais. Il subsiste une palette de possibilités –positives- étendue. Par exemple : s’attache t-on à établir un objectif à 1.5 ou 2° ? A un horizon 2060, 2080, plus, moins ? Quel niveau de carbonisation est acceptable ? En l’état actuel des choses, il y a encore une marge d’amélioration énorme !
De plus, plusieurs points restent pour le moment en suspens. Ces points concernent principalement le Fond vert. On s’interroge sur plusieurs éléments :

  • Si deux fonds sont créés : un fond adaptation et un fond vert qui serait alors plus tourné vers la réparation des dégâts climatiques… enfin, la distinction reste encore vague. Et si deux fonds sont effectivement créés, comment orienter les promesses de financement déjà annoncées par les Etats ? La secrétaire exécutive de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique, Christiana Sigueres a elle-même évoqué son scepticisme face à cette répartition.
  • La question du contrôle et de la répartition des fonds aux pays touchés par le changement climatique reste vague.
  • Le problème du renouvellement des fonds. C’est bien beau participer maintenant au fond vert mais les problèmes liés au changement climatique ne vont pas s’arrêter une fois qu’un accord sera trouvé. Il faut réfléchir sur l’approvisionnement à long terme de ce fond.

SV : La question du jour : Décarbonisation ou décarbonation ?
Raphaëlle : Hahah les deux sont acceptés. Tous le monde hésite un peu sur le terme à employer, même François Hollande butte sur ce mot !

SV : Comment peut-on faire bouger cet accord ?
Raphaëlle : Essentiellement par des actions car le lobbying envers les politiques n’est pas vraiment la spécialité des YOUNGO.
Depuis ce matin beaucoup d’actions ont eu lieu.

  • Il y en a notamment eu quelques unes concernant les droits humains.
  • Une autre qui a dénoncé ENGIE [un des sponsors de la COPOOO21 spécialiste du greenwashing] et ses fausses solutions. Des représentants de la société civile se sont tenus devant la session dans laquelle ENGIE qui exposait ses « solutions pour le climat » en dénonçant les paradoxes et mensonges de l’entreprise avec des pancartes. Cette action assez simple a été bien relayée dans les médias et a fait s’interroger beaucoup de personnes de passage sur les motivations d’ENGIE. Une réussite !

Action simple et efficace !

  • Une dernière action chouette aujourd’hui portait sur la limite 1.5/2°. A l’entrée de la COP, les représentants étaient invités à prendre le tapis vert des 1.5° ou le tapis rouge des 2° et de toutes les conséquences désastreuses qui en découleront.

SV : Super toute cette émulation !
Pour finir sur une (autre) note optimiste, as-tu un moment de grâce à nous faire partager ?
Raphaëlle : Toujours. Ce soir Léa [qui fait aussi partie de la délégation des JE] est au comité de Paris. Cette séance de plénière est un peu spéciale car, une fois n’est pas coutume, elle est ouverte aux négociateurs ET aux représentants de la société civile [aussi appelés observateurs]. En revanche, les médias n’y sont pas conviés. Cela nous met un peu de baume au cœur d‘être reconnus et de pouvoir entrer dans ce lieu de négociations.
Ah et j’ai un deuxième coup de cœur pour aujourd’hui ! La présidence de la COP, c’est à dire la France, a financé le voyage d’un certain nombre de jeunes militants internationaux. Ces jeunes sont des représentants d’associations environnementales de leurs pays qui avaient obtenu des accréditations mais qui n’avaient pas les financements pour y venir. Bon point pour la France.

SV : Merci pour toutes ces niouz #InsideCOP Raphaëlle, à bientôt et bonne COP-continuation !

Avenue de l’Europe COP21

Aujourd’hui, petit tour d’horizon dans Avenue de l’Europe autour de la COP21 ! Passage par le Danemark, les Pays-Bas et le Royaume-Uni pour comprendre si l’Europe est si vertueuse que cela en terme de protection de l’environnement et de réduction des gaz à effet de serre. N’hésitez par à regarder jusqu’à la fin pour voir l’intervention de Dany Cohn-Bendit, l’ancien député européen est en effet interrogé par Véronique Auger et donne son avis sur la COP21.

Envie de ce voyage vert en Europe ? Un simple clique et c’est parti !

J. Lebourgeois pour la rédac’

Cette émission t’a plu ? Alors n’hésite pas à la partager avec tes amis :

L'équipe de la rédaction se charge de vous proposer régulièrement de nouveaux articles.

Dessous des cartes COP21 partie 2

Cette fois-ci, c’est davantage sur l’événement lui-même que se concentre Le Dessous des Cartes , notamment autour des défis que doit relever la plus grande conférence sur le climat jamais organisée ! Entre justice climatique, accord contraignant et durable ou encore le respect et le contrôle des engagements pris durant cette COP, l’enjeu est de taille pour réussir à contenir le réchauffement climatique en dessous des 2°C !

Pour voir l’émission, c’est par là !

Et pour voir ou revoir l’épisode 1, c’est par ici !

J. Lebourgeois pour la rédac’

Cet émission t’a plu ? Alors n’hésite pas à la partager avec tes amis :

L'équipe de la rédaction se charge de vous proposer régulièrement de nouveaux articles.

#InsideCOP J3 : Transparence maintenant !

Du 30 novembre au 11 décembre a lieu au Bourget, en Seine-Saint-Denis la COP21. Les 7000 représentants des 196 signataires de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique se réunissent afin de mettre sur pied un accord universel de lutte contre le changement climatique. Cinq jeunes écologistes ont réussi à se faufiler à l’intérieur du centre de conférence. Chaque soir, ils racontent à la Souris Verte leur journée #insideCOP.

Lucile est notre informatrice du jour infiltrée au cœur de la COP21. Elle nous en dit plus sur la place réservée aux ONG et leur difficulté à faire entendre leur voix au sein de cette grand-messe climatique.

Photo Lucile

Lucile, notre informatrice du jour, est ravie de voir que la planète n’est pas perdue : on l’a retrouvée près du stand des Etats-Unis.

Vous commencez à avoir l’habitude maintenant… mais on vous redonne quand même le lien des articles relatant les deux premiers jours de négociations ici et là!

La SV : Bonsoir Lucile. Veux-tu nous décrire un peu l’ambiance à la COP aujourd’hui ?

On sent une différence depuis ce matin. Les négociations ont vraiment commencé, on a senti qu’on « entrait dans le dur » ! Hier c’était les grandes déclarations sur comment on va sauver le climat, aujourd’hui c’est plutôt « c’est bien de sauver le climat, mais ça serait aussi bien de ne pas dépenser notre argent, de ne pas trop changer notre économie… » du moins pour les négociateurs qui ne viennent pas de pays pauvres ou de petites îles.

La SV : Avez-vous eu plus de succès que les deux premiers jours pour suivre ce qui se trame derrière les portes ?

Nous sommes, en tant qu’ONG, exclus des négociations. Ce matin, avec un groupe de jeunes, nous avons essayé d’entrer de force dans une salle où se déroulait une session de négociations sur l’article 2 (qui concerne les droits de l’homme et l’équité intergénérationnelle). Nous nous sommes alignés au fond, contre le mur. Comme nous étions une vingtaine, la sécurité a vite compris que nous n’étions pas des négociateurs… ils nous ont donc fait sortir et nous ont expliqué que c’était pour des contraintes de place, alors que la réunion était dès le départ fermée aux observateurs de la société civile.

La SV : J’ai cru comprendre que vous aviez rencontré un certain monsieur Fabius aujourd’hui…

Nous ne l’avons pas vraiment rencontré, mais nous avons participé à une conférence à destination des orgas de la société civile. Il a notamment souligné qu’il voulait arriver à un accord contraignant, et que si on la conférence de Paris était un échec, il faudrait revoir tout le processus des COP. Pour lui, arriver à un accord serait une réussite personnelle, le sommet de sa carrière – et étrangement, ça coincide avec ce qu’on défend pour la COP !

https://twitter.com/raph_klitting/status/672087903040872448

Beaucoup de questions ont tourné autour de l’ouverture et de la transparence. La réponse est plutôt insatisfaisante : les organisateurs estiment qu’ils ont fait des efforts, en retransmettant certaines réunions et en projetant les textes en négociation en temps réel – sachant que parfois il y a des « arrêts techniques » un peu mystérieux. Il n’en reste pas moins qu’ils ne veulent pas trop que la société civile mette son nez dans les négociations…

La SV : A ton avis, pourquoi les organisateurs de la COP font-ils le choix d’exclure les observateurs des sessions de négociations ?

On les dérange, on bouscule le système avec nos revendications. Nous ne sommes pas menés par notre intérêt personnel, celui d’un petit groupe, ou des intérêts financiers… mais par des intérêts plus larges, voire le bien de l’humanité. C’est plus simple de nous donner des bribes d’influence plutôt que d’instaurer une réelle inclusion de la société civile. Il y a une distance très forte entre nous et les politiques, les négociateurs ; pour rire, on les appelle les « pingouins » à cause du costard-cravate, alors que du côté ONG c’est plutôt T-shirt à fleurs, tu peux te fondre dans la masse. Jusque dans l’habillement, on sent qu’on ne fait pas partie du même monde.

La SV : Un bon moment de la journée à partager avec nous ?

Après midi, les choses se calment un peu pour les délégués des ONG. On suit des conférences de presse et des plénières sur nos ordinateurs. Certaines réunions ne sont pas ouvertes, mais elles sont retransmises. On commence à travailler sur les documents et les articles en négociation.

Et on rigole beaucoup. On va courir après une célébrité, puis on revient… on décompresse un peu, même si parfois les réunions qu’on écoute donnent envie de taper sur l’écran !

La SV : Un message particulier à transmettre, pour la fin de cette interview ?

Je suis convaincue que c’est en communiquant avec la sphère citoyenne à l’extérieur de la COP, en expliquant que nous sommes un peu dépourvus à l’intérieur, en montrant notre mobilisation à l’extérieur, qu’on pourra montrer aux chefs d’Etat qu’ils ne peuvent pas faire n’importe quoi ! Il faut y arriver, malgré l’état d’urgence et son utilisation abusive à l’encontre des militants écologistes.

 

Quand elle ne traque pas les VIP dans les couloirs du Bourget, Lucile est maîtresse en maternelle. Vous pouvez suivre sa chronique vidéo Une maîtresse à la COP pendant toute la semaine !

L'équipe de la rédaction se charge de vous proposer régulièrement de nouveaux articles.

#InsideCOP J2 : Le travail s’organise

Du 30 novembre au 11 décembre a lieu au Bourget, en Seine-Saint-Denis la COP21. Les 7000 représentants des 196 signataires de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique se réunissent afin de mettre sur pied un accord universel de lutte contre le changement climatique. Cinq jeunes écologistes ont réussi à se faufiler à l’intérieur du centre de conférence. Chaque soir, ils racontent à la Souris Verte leur journée #insideCOP.

Pour le récit de la première journée, cliquez ici.

Nous retrouvons Leslie qui fait partie de la délégation des Jeunes écologistes pour cette première semaine de COP et est aussi membre du WARN. Elle nous parle du lobbying qui s’organise et de l’intégration des « petits nouveaux » dans la machine bien rodée de la COP…

La SV : Bonsoir Leslie. Alors, cette journée de COP était-elle aussi fatigante, et passionnante, que celle d’hier ?

Aujourd’hui, ça va, j’ai pu mettre mon réveil à 6h seulement [ouille! ndlr] pour être à 8h à la réunion du YOUNGO, c’est-à-dire l’ensemble des délégations représentant des associations de jeunesse à la COP. C’est un peu LE moment important de la journée : on répertorie tous les événements, réunions, actions auxquelles participent des membres du YOUNGO.

Dans la journée, on a ressenti une petite baisse de tension, du fait que l’accès aux plénières et aux salles de discussion est généralement fermé, ou réservé uniquement aux Parties qui possèdent un badge rose. Du coup on se demande un peu « Qu’est-ce qu’on fait ? ». On sent que les jeunes ont une toute petite place dans les négociations, et qu’il faut se battre pour la conserver, par exemple via les actions – si on peut les appeler comme ça, car elles restent de taille restreinte.

La SV : Dans ce contexte un peu difficile, comment faire pour avoir une influence sur les négociations ?

Nous avons du mal à obtenir des informations. Pour donner un exemple, parmi le groupe de travail du YOUNGO sur l’éducation dont je fais partie, seule une personne a pu avoir obtenir un exemplaire imprimé de l’article concernant notre sujet, dans l’état actuel des négociations. Il est distribué à un moment, il faut savoir où il faut aller le chercher, et il est assez rapidement en rupture de stock. Comme le texte évolue en permanence, il est difficile d’avoir la version à jour. Les informations, on les obtient via de jeunes délégués ou par nos connaissances : par exemple, j’ai une amie qui est aussi présente comme négociatrice (et qui possède donc le fameux badge rose, sésame qui ouvre toutes les portes de la COP) mais elle suit son propre programme, elle ne peut pas aller voir des sessions de négociation uniquement pour notre compte.

Il y a des informations sur l’avancée des négociations sur Internet (sur le site de l’UNCC par exemple) mais il faut avoir conscience que les processus sont très complexes. Si on ne te prend pas par la main, tu est complètement paumé ! On voit qu’il y a des gens qui font ça depuis des années, qui sont familiers avec les sigles, le jargon… Nous n’avons pas eu toutes les informations en amont et nous sommes encore un peu dans le brouillard.

Heureusement, il y a le cadre YOUNGO ! L’échange d’info, mais aussi le lobbying s’organise surtout via cette coalition et ses groupes de travail.

La SV : Peux-tu nous en dire plus sur ces groupes du YOUNGO et sur leur mode de travail ?

Je fais partie du groupe de travail sur l’éducation. Nous avons fait une première réunion, où nous étions assez nombreux (plus d’une vingtaine) dont un certain nombre de nouveaux. Certaines associations n’en sont pas à leur première COP et sont mandatées sur des sujets précis. Par exemple le Refedd [Réseau français des étudiants pour le développement durable] se concentre uniquement sur l’éducation et la question de l’équité intergénérationnelle. Nous, les Jeunes écolos, on fait un peu de tout ! On s’est réparti les tâches en arrivant, on n’a moins travaillé en amont que des associations qui connaissent déjà bien le cadre des négociations. Mais nous ne sommes pas les seuls dont c’est la première COP !

Le but du groupe de travail est notamment de préparer le lobbying à destination des négociateurs. Il faut savoir que le texte de l’accord est en grande partie déjà rédigé, mais certaines parties sont encore entre crochets ou entre parenthèses, il y a des articles pour lesquels il existe plusieurs versions, et au stade où nous en sommes, la négociation ne concerne plus que le choix entre ces options. On arrive à ce moment là et donc on ne peut travailler que sur des points de détail.

C’est assez fou de voir à quel point c’est précis ! Voici un exemple de ce que nous avons décidé en réunion : le lobby du groupe éducation à YOUNGO, c’est d’aller voir les badges roses – les négociateurs – pour les conseiller sur un paragraphe concernant l’éducation, pour lequel deux options existent. Nous voulons les inciter à choisir l’option 2, mais en modifiant le terme « should » en « shall » [« devrait » en « devra » ndlr] J’ai eu ma mère au téléphone et elle ne voulait pas me croire, ça a un côté stratosphérique : notre rôle, c’est de demander la modification d’un mot !

La SV : Et sinon, un souvenir sympathique de cette journée que tu voudrais nous faire partager ?

Chaque jour à 18h, le Climate Action Network désigne le « Fossile du jour » à savoir le pays qui a le plus freiné les négociations durant la journée. Par exemple hier, la Nouvelle Zélande et la Belgique ont été désignées ex-æquo comme champions de la mauvaise volonté climatique. Cette remise de prix a l’air d’avoir du succès, elle attire pas mal de journalistes.

Mais aujourd’hui, le CAN a au contraire choisi de mettre en avant les pays les plus vertueux, qui font progresser les choses. C’est exceptionnel, cela montre qu’ils ont vraiment pris des engagements forts. Le « Rayon du jour » a donc été décerné au Forum de la vulnérabilité climatique [CVF] un partenariat qui rassemble vingt pays particulièrement exposés aux conséquences du réchauffement planétaire, dont le Costa Rica, les Philippines ou encore Vanuatu. Ils se sont engagés à décarboner entièrement leur industrie et à développer un mix énergétique 100 % renouvelable d’ici à 2050, ce qui correspond à l’objectif défendu par l’initiative Zero by 2050 [Zéro émissions en 2050]. C’est un engagement impressionnant au deuxième jour d’une COP, un bel espoir pour conclure la journée !

https://twitter.com/FossiloftheDay/status/671744000504823808

Vous pouvez suivre l’actualité de la délégation des Jeunes écologistes chaque jour en vidéo !

 

L'équipe de la rédaction se charge de vous proposer régulièrement de nouveaux articles.

Pourquoi certaines personnes continuent de nier le changement climatique ?

Certains continuent de nier que le changement climatique à bel et bien lieu. Pour quelles raisons ? Cette courte vidéo de la chaîne Youtube d’informations américaine TesTube News vous l’explique.

La vidéo est totalement en anglais mais les sous-titres anglais sont disponibles pour faciliter votre compréhension.

J. Lebourgeois pour la rédac’

Cette vidéo t’a plu ? Alors n’hésite pas à la partager avec tes amis :

L'équipe de la rédaction se charge de vous proposer régulièrement de nouveaux articles.

Yourope COP21

On continue notre séquence COP21 avec ce numéro de Yourope consacré à l’événement !
Le taux d’émissions de CO2 en Europe a légèrement baissé, Yourope tente d’en comprendre les raisons et de savoir s’il sera possible, au moins sur notre continent, de réduire de manière conséquente nos émissions de gaz à effet de serre dans un avenir proche !

Pour voir l’émission, cliquez-ici !

J. Lebourgeois pour la rédac’ 

Cet émission t’a plu ? Alors n’hésite pas à la partager avec tes amis :

L'équipe de la rédaction se charge de vous proposer régulièrement de nouveaux articles.

#InsideCOP – J1 : les chefs d’Etat

Du 30 novembre au 11 décembre a lieu au Bourget, en Seine-Saint-Denis la COP21. Les 7000 représentants des 196 signataires de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique se réunissent afin de mettre sur pied un accord universel de lutte contre le changement climatique. Cinq jeunes écologistes ont réussi à se faufiler à l’intérieur du centre de conférence. Chaque soir, ils racontent à la Souris Verte leur journée #insideCOP.

 

Pour ce premier jour de COP, nous retrouvons Raphaëlle, coordinatrice de la délégation des Jeunes Écologistes à la COP21.

La Souris Verte : Salut Raphaëlle, il est 21h30, tu viens de finir ta première journée à la COP. Peux-tu nous raconter comment ça s’est passé ? En commençant par ton lever bien sûr !

Raphaëlle : Cette première journée a été très intense avec un démarrage de la COP sur les chapeaux de roues puisque tous les chefs d’état étaient présents. Beaucoup de gens ont voulu venir au Bourget [là où a lieu la conférence, ndlr] spécialement pour cette occasion. Pour être sûres de ne pas être bloquées à l’entrée et pour pouvoir assister à notre première réunion de la journée à 8h du matin, on a essayé d’arriver avant 7h au Bourget, ce qui nous a fait nous lever à 5h30. Sachant que la journée finit à 19h, ça fait une grosse journée !

Raphaëlle

Raphaëlle, coordinatrice de la délégation. (photo E. Coquelin)

Nous sommes donc arrivés dans un Bourget à moitié vide, avant la réunion des YOUNGO [l’ensemble des ONG de jeunes présentes à la COP] ce qui nous a permis de faire connaissance avec les autres observateurs ou de retrouver ceux que nous avions déjà rencontré à la COY (Conférence des Jeunes). Cette première réunion, le “Spoke Council”, nous a permis faire connaissance avec tout le monde. Il y a eu ensuite une sorte de grande table ronde où chaque organisation était représentée par un seul membre. Cela permettait d’avoir une discussion claire tout en ayant l’ensemble des organisations représentées.

Cette première réunion nous a permis de faire un point général sur ce que sont les YOUNGO, sur les différentes réunions de groupes de travail et sur les actions de la journée. Tout cela était très intéressant. Ça nous a servi de point de départ pour nous répartir entre les différents groupes de travail. Personnellement, j’ai pris part à deux groupes de travail sur l’équité inter-générationelle et sur les objectifs à long-terme. Leslie a suivi celui sur l’éducation qui faisait une action dès aujourd’hui.

Attention, les actions à la COP, il n’y a pas un poil qui dépasse, pas du tout comme chez les JE. Tu dois remplir une fiche à l’avance pour présenter ton action, lister tous les slogans de toutes tes pancartes, le matériel que tu vas utiliser, où tu vas la faire, à quelle minute tu vas la faire. Et parfois même, on te demande ton groupe sanguin… je rigole !    

 

SV  : Le gros événement de la journée, c’était la venue des 150 chefs d’état qui se sont exprimé devant la plénière de la COP. Pouviez-vous accéder à cette salle ?

Raphaëlle : On a guetté l’arrivée d’Obama mais sans succès ! En tant qu’observateur, il est possible d’accéder à cette plénière mais les places sont en nombre est limité. Les YOUNGO n’avaient pas beaucoup de places pour eux ce qui fait qu’on s’est relayé pendant la journée. Tous les discours étaient retransmis et il était donc possible de suivre les discours sans être dans la plénière. Lucile est restée branchée pendant tous les discours et on a pu assisté à plusieurs perles !

Le plus attendu était sans doute Obama qui nous a joué un remake de “Yes We Can !” mais sur le climat : “C’est la merde mais nous pouvons renverser la balance et sauver le monde” C’était Captain America, émouvant mais pas très original.

On a eu ensuite la très sympathique allocution de notre cher Poutine qui a exposé sa super stratégie. Il veut un accord très ambitieux  (comme à peu près tous les chefs d’état : à les écouter, on a fini ce soir !) et il sa solution bien à lui, qui ne marche qu’en Russie, les nano-tuyaux ! Le problème, c’est que personne ne sait ce que c’est, je vais essayer de me documenter mais c’était assez drôle.

Arrive ensuite le président de Hongrie qui nous a fait une sorte de remake de Martin Lutther King. Il a fait un rêve dans lequel son petit fils, qui n’est pas encore né, venait lui demander “Mais papi, pourquoi n’as-tu pas écouté les scientifiques ? Pourquoi as-tu continué à faire croitre que les émissions de gaz à effet de serre en Hongrie ? Pourquoi as-tu laissé monter le niveau de la mer alors que je grandissais ?” C’était assez étrange de voir un chef d’état avec ce genre de discours mais ça nous a bien fait rire !

Et dans un style totalement différent, il y a eu le discours très touchant de la Micronésie [un archipel de 600 îles du Pacifique] dont le président est arrivé en disant qu’il avait préparé un discours, qu’il l’avait beaucoup raturé et qu’il l’avait jeté après le repas parce qu’il en avait déjà marre d’avoir entendu pendant deux heures les états parler de solutions pour contrer le réchauffement climatique, qui avaient de tous savoir comment faire. Au lieu de ça, il a préféré parler de son pays et de ce qui risque de s’y passer si ça continue comme ça. C’était un discours très touchant, sans doute l’une des plus belles interventions et je pense que je vais la réécouter avant d’aller dormir pour me donner du courage.

 

SV : Après cette première journée, vous devez y voir plus clair sur vos objectifs et votre rôle pendant la COP en tant que délégation des jeunes écologistes ?

Raphaëlle : on a réalisé qu’on avait vraiment la possibilité de faire passer des messages. Par exemple, j’ai pu travailler au sein du groupe consacré aux objectifs à long terme et un des objectifs de la société civile est d’atteindre le zéro émissions carbone en 2050, voire 2030. C’est un objectif très clair, très précis qui a pour but de permettre de rester sous le seuil des 1,5°C en 2100 sur lequel on va communiquer, via des actions (il y en a eu une première ce soir), via Twitter, via des communiqués de presse… Demain, il y aura une autre action sur ce thème à midi mais je vous en laisse la surprise. On aimerait que cet objectif soit repris dans le texte final des YOUNGO qui sera présenté à la fin des 15 jours de conférences.

On aimerait aussi proposer d’autres actions, qui iraient au delà des YOUNGO. Enfin, notre objectif serait d’organiser une réunion de l’ensemble des jeunes français qui représentent une organisation avec les négociateurs du gouvernement français avant de leur faire connaitre nos priorités, en tant que jeunes, donc les plus concernés.

On avait comme objectif de communiquer sur le contenu des négociations mais le problème est que la plupart des négociations bilatérales ou les groupes de travail qui ont lieu le soir sont fermés aux observateurs de la société civile. Il est donc très dur de savoir ce qui coince vraiment des les négociations. Pour l’instant, l’attention s’est focalisée sur les discours des chefs d’état qui étaient intéressants sur la forme mais très peu sur le fond. Il est très dur d’avoir des infos mais dès qu’on en aura, on les fera passer aux jeunes écolos et à la Souris Verte.
Tout le monde fait jouer ses réseaux pour savoir ce qui se passe et échange ses informations lors d’une réunion dédiée qui a lieu chaque matin à 10 heures avec les autres observateurs. On espère connaitre bientôt les plans précis de l’Inde qui a un rôle crucial dans les négociations.

SV : Merci Raphaëlle pour ces quelques minutes ! Repose-toi bien et bon courage pour demain !

 

 

Retrouvez demain notre second entretien avec Leslie. Posez-lui vos questions via les commentaires.

Suivez la délégation sur twitter.

N’hésitez pas à vous abonner à la gazette de Greenpeace qui vous informe chaque jour de l’avancée de négociations.

2 degrés avant la fin du monde

Spécial COP21 du jour :

Un reportage très complet sur le réchauffement climatique et sur l’enjeu que représente la COP21 à Paris ! Plein d’humour et d’interviews, cette vidéo est réalisée par DataGueule avec la participation de France 4.

Bref, moins de 90 minutes qui dénouent parfaitement les “nœuds de nos cerveaux” sur la question ! Enjoy !

  J. Lebourgeois pour la rédac’

Cette vidéo t’a plu ? Alors n’hésite pas à la partager avec tes amis :

L'équipe de la rédaction se charge de vous proposer régulièrement de nouveaux articles.

Avant la COP

Avant la COP 21, remettons les feuilles sur les arbres, ou plutôt les points sur les i à propos de la déforestation car non, il ne s’agit pas seulement de contraindre les industries pollueuses et les transports durant la conférence à la fin du mois. Il faut aussi mettre fin à la déforestation et entamer des programmes de reforestation pour ensuite gérer durablement nos forêts. Pour contribuer à la reforestation tu peux installer le moteur de recherche Ecosia, dont un article sur La Souris Verte t’explique déjà le fonctionnement.

Pour la vidéo, il faut remercier Greenpeace France. Enjoy !

Cet article t’a plu ? Alors n’hésite pas à le partager avec tes amis :

J. Lebourgeois pour la rédac’

Une idée de Petit plaisir du jour ? Nous sommes preneur ! Envoie-la-nous à redac-souris-verte@listes.jeunes-ecologistes.org

L'équipe de la rédaction se charge de vous proposer régulièrement de nouveaux articles.

Justice climatique, justice sociale : retour sur le forum des Jeunes Ecologistes à Lille

Les 4, 5 et 6 avril s’est tenu à Lille le forum national des Jeunes Ecologistes sur le thème « Justice climatique, justice sociale ». L’occasion pour les JE, bien sûr de se retrouver déjà, mais aussi et surtout de nourrir la réflexion et préparer la voie vers la COP21 qui se tiendra cette année, du 30 novembre au 12 décembre, à Paris. Sans aucune intention de vous rendre trop nostalgiques, après ces deux semaines déjà sans se réunir tou-te-s ensemble, La Souris Verte revient sur ce week-end riche en travail et en bonne humeur :

Un forum placé sous le signe du climat…

Le groupe local des Jeunes Ecologistes de Lille a accueilli une centaine de leurs jeunes camarades JE pour travailler pendant trois jours sur le thème « justice climatique, justice sociale ». Après un accueil festif le vendredi soir à la MER (Maison de l’Ecologie Régionale), l’ambiance fût studieuse dès le lendemain matin pour démarrer sur le programme chargé du week-end.

C’est par un café mondial des alternatives que tout commence, avec de nombreux intervenants, notamment Majdouline Sibai, Vice-Présidente du Conseil Régional Nord Pas-de-Calais et des représentants du REFEDD (REseau Français des Etudiants pour le Développement Durable). Au menu : politiques publiques, économie, traitement des déchets, alimentation, énergie, éducation, transports et urbanisme. S’en est suivi une plénière avec les interventions de Karima Delli (Eurodéputée EELV), Emmanuel Cau (Vice-Président du Conseil Régional Nord Pas-de-Calais) et Charles-Adrien Louis (Avenir Climatique) où nous avons pu échanger sur les enjeux climatiques et de la COP21, ainsi que les leviers d’action disponibles en vue de la mobilisation pour la conférence des parties. Avant de retourner à des activités plus festives,  les Jeunes Ecologistes sont allés migrer en plein centre de Lille pour installer le premier camp de réfugiés climatiques de la ville, toujours en compagnie de Karima Delli, dont l’énergie semble inépuisable.

… et bien évidemment aussi de la COP21

La deuxième journée de travail a été majoritairement consacrée à la préparation de la stratégie des Jeunes Ecologistes en vue de la COP21. Le café mondial des alternatives a ainsi laissé place à un café mondial des mobilisations où ont été discuté les différentes mobilisations à venir d’ici le mois de décembre et lors de la COP21, la stratégie de communication des Jeunes Ecologistes, les liens du mouvement avec les autres réseaux climatiques (WARN, Alternatiba…), la lutte contre les GPII, la plateforme des jeunes politiques Génération Climat fondée à l’initiative des JE ainsi que la coopération avec la FYEG (Fédération des Jeunes Verts Européens) et la mobilisation au niveau européen. Après toutes ces réflexions et avant de conclure ce forum sur le climat, une simulation géante de négociations climatiques a été organisée avec l’aimable contribution du réseau Avenir Climatique, représenté par Charles-Adrien Louis. C’était ensuite l’heure de conclure ce forum avec un retour global sur ce week-end riche en réflexion et en motivation et un mot de nos secrétaires fédéraux, Laura Chatel et Lucas Nédélec. Certains d’entre nous sont toutefois restés à Lille pour une dernière soirée conviviale avec jeux de société, chansons, danses et surtout beaucoup de rires.

Sans oublier les rites habituels

Enfin comme à chaque forum, une coordination fédérale s’est tenue le lundi matin, lors de laquelle les JE ont pris position pour le soutien à l’éducation populaire, tout en rappelant son rôle primordial, et en faveur de l’ouverture à la GPA non-marchande en France, contre la marchandisation des corps. Puis après un dernier repas convivial, comme à notre habitude, l’heure des au revoir est arrivée pour la plupart d’entre nous. Certains ont toutefois profité de cette dernière après-midi pour aller prêter main fortes dans les différents jardins partagés de la ville.

La parole est aux nouveaux-elles :

Pour certain-e-s d’entre nous, le forum de Lille a été la toute première participation à un forum des Jeunes Ecologistes. La Souris Verte, comme tous les autres Jeunes Ecologistes nous n’en doutons pas un seul instant, sont soucieux du bien-être de tou-te-s et de l’intégration des nouvelles énergies, ainsi leur avis nous est précieux :

La Souris Verte : Roxane, tu es une locale puisque tu fais partie du groupe local de Lille, mais c’était ton premier forum, tu en as pensé quoi ?

Roxane : Mon impression sur le forum est vraiment positive, car j’ai trouvé que les actions menées et l’ambiance était formidables. En tant que novice, j’ai surtout été impressionnée de voir une centaine de jeunes se réunir et s’organiser pour militer et vivre ensemble (j’ai trouvé les gens de l’exé vraiment professionnels). Alors que chaque chose a été menée le mieux possible, on a encore cherché s’améliorer et ça c’est super (par exemple pour les Elfes de la Nuit) (concept que j’ai d’ailleurs trouvé très intelligent). Bref, peu de mécontentement de ma part, vivement le prochain forum!

LSV : Et toi Cyril, tu es venu de Nantes pour pouvoir participer à ce forum, quelles sont tes impressions après ces trois jours à nos côtés ?

Cyril : Ce forum a été très intéressant et très enrichissant. Les différentes discussions et les ateliers permettent d’aborder tous ces sujets avec des visions différentes de ce que l’on a l’habitude de voir ou d’entendre. La simulation a aussi été un moment très formateur, car elle nous a permis de mieux comprendre ce travail de négociations qui reste très flou pour les non-initiés. Enfin, j’en ressors avec plein de motivation. Le fait de voir autant de personnes qui partagent les mêmes idées et qui sont elles-mêmes très motivées est très énergisant, et les différentes actions que l’on a faites au cours de ce week-end nous permettent de mettre notre militantisme en pratique et de dépasser certaines de nos craintes, notamment celle d’aller accoster des passants dans la rue pour leur expliquer nos actions et lancer le débat.

Pour en savoir un peu plus sur ce forum vous pouvez déjà retrouver ici une interview de Karima Delli, eurodéputée et ancienne secrétaire fédérale des Jeunes Ecologistes, qui nous a fait l’honneur d’intervenir au cours de notre forum.

Crédits photo : Florian Quèze

L'équipe de la rédaction se charge de vous proposer régulièrement de nouveaux articles.

Changements climatiques : “il ne faut ni se voiler la face, ni avoir peur”

Karima Delli, eurodéputée depuis 2009 et ancienne secrétaire fédérale des Jeunes Ecologistes, est venue intervenir au forum de Lille qui se tenait du 4 au 6 avril, sur le thème “Justice climatique, justice sociale”. La Souris Verte revient sur cette intervention avec Karima elle-même, qui nous a accordé une interview :

La Souris Verte : Bonjour Karima, tu es venue intervenir à l’occasion du forum des Jeunes Ecologistes qui s’est tenu à Lille du 3 au 6 avril, sur le thème « justice climatique, justice sociale ». En quoi selon toi ces deux enjeux sont-ils liés et pourquoi ces questions sont-elles aussi importantes aujourd’hui ?

Karima Delli : Malgré les idées reçues, la question du réchauffement climatique n’est pas un truc abstrait, ni un combat de luxe pour les bobos. Bien au contraire, c’est une question de survie qui concerne l’ensemble de l’humanité. Et pourtant, il y a un paradoxe, car face à ce danger planétaire, nous ne sommes pas tous égaux car les populations les plus pauvres sont aujourd’hui les plus exposées. En ce sens parler de « justice climatique » me semble essentiel.

Les exemples de cette injustice environnementale sont nombreux : je pense à l’ouragan Katrina qui a dévasté la Nouvelles Orléans l’une des villes les plus pauvres des Etats-Unis en 2005, à tous ces archipels comme le Vanuatu qui a littéralement été rasé par le Cyclone « Pam » le mois dernier alors que ce pays vivait principalement du tourisme et l’agriculture.. Je pense aussi au continent africain menacé de sécheresse et à ces millions de réfugiés climatiques qui demain s’ajouteront à ceux qui fuient déjà la guerre et tentent de rejoindre l’Europe au péril de leur vie.

“Je pense qu’il ne faut ni se voiler la face ni avoir peur.”

 

 

LSV : Tu as dit dans ton intervention qu’il faut être réaliste, sans pour autant tomber dans le fatalisme ou le catastrophisme. Qu’entends-tu par-là exactement ?

KD : Oui, je pense qu’il ne faut ni se voiler la face ni avoir peur. Objectivement, la situation est grave, mais nous avons le pouvoir de changer la donne, à force de volonté politique.

L’humanité est au pied du mur et les chefs d’Etat doivent comprendre qu’ils n’ont pas le choix. Le rapport du Giec est sans appel : si nous ne maintenons pas le réchauffement climatique en dessous de 2°d’ici 2050, ce qui nous guette, c’est des records en matière de fonte des glaces, de hausse du niveau de la mer, de disparitions d’espèces végétales et animales, avec à la clef l’effondrement de notre civilisation tournée vers le productivisme à outrance. Car l’enjeu climatique conditionne tous les autres : aucun modèle économique ou démocratique ne survivra au dérèglement climatique. Le statut quo n’est donc pas une option.
Alors oui, changer de modèle ça ne fera pas forcément l’affaire de ceux qui ont des intérêt dans les énergies fossiles, le lobby pétrolier par exemple, mais en même temps, le système actuel est à bout de souffle : aujourd’hui, les investissement dans le pétrole ne sont plus rentables…

LSV : Pourtant quand on observe la politique menée par le gouvernement actuel, mais aussi plus généralement dans notre pays depuis des décennies (NDDL, Sivens, Roybon, la droite favorable au gaz de schiste…) on a de quoi désespérer… qu’est-ce qu’il faudrait changer pour aller (enfin !) dans la bonne direction, quel message envoyer entre autres à notre gouvernement ?

KD : Selon moi, nos dirigeants actuels fonctionnent à l’ancienne : ils n’ont pas encore intégrer le logiciel écolo, ni compris l’immense potentiel que représente la transition écolo, notamment en terme d’emplois et le bien-être des populations. Au lieu d’investir dans des secteurs d’avenir, porteurs d’emploi pour les jeunes et les moins jeunes, on continue à foncer bêtement la tête baissée vers des projets couteux et inutiles : NDDL, le Lyon-Turin, sans parler du nucléaire…

C’est particulièrement vrai de la France qui, loin d’être exemplaire comme elle devrait l’être en tant qu’hôte de la COP21, affiche un retard colossal en matière de fiscalité verte et d’énergies renouvelables par rapport à ses voisins européens. Et ce malgré les nombreux pics de pollutions qui menacent chaque jour notre santé.
C’est assez désespérant en effet de constater que ce gouvernement de gauche, qui avait les pleins pouvoirs en 2012 a attendu plus de deux ans pour avancer sur une loi sur la transition énergétique qui au final qui n’est pas à la hauteur des enjeux.

LSV : Et en tant que députée européenne, que penses-tu de la politique de l’Union Européenne face aux changements climatiques ? La nomination de M. Canete au commissariat à l’environnement ne fait-elle pas peser une menace sur la lutte contre ces changements climatiques en Europe ?

KD : Malheureusement, le positionnement actuel de l’UE est décevant. C’est particulièrement dommage quand on sait que par le passé, l’UE s’est montré un acteur très actif dans la lutte contre le réchauffement climatique, notamment au moment du protocole de Kyoto. Du fait du retrait des Etats-Unis, elle a occupé un leadership trop rare, qui semble s’amoindrir aujourd’hui depuis l’échec de Copenhague et la déception de Lima. Alors qu’en 2008, nous avions adopté des objectifs ambitieux: les fameux 3×20 d’ici 2020, nous sommes passés à un accord à minima en octobre dernier avec des objectifs non contraignants d’ici 2030 ! Une réduction des gaz à émissions de serre de 40 % et seulement 27 % d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique totale, ainsi qu’une efficacité énergétique à seulement 27% …

LSV : Le forum de Lille a aussi été l’occasion pour nous, Jeunes Ecologistes, de nourrir notre réflexion et de nous préparer à l’approche de la COP21, à la fin de l’année. Selon toi, quels sont les enjeux majeurs de cette conférence que nous accueillons ?

KD : On l’a dit et répété, l’enjeu majeur de cette conférence c’est la nécessité que les chefs d’Etat s’accordent sur des engagements ambitieux ET contraignants pour limiter le réchauffement climatique en dessous de la barre des 2° degrés d’ici 2050. Cela suppose de dépasser le blocage observé depuis Copenhague, notamment sur la question financière du Fonds vert qui doit lever 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour accompagner les pays du Sud dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Au delà de ces objectifs, il faut se saisir de cette opportunité pour réveiller les consciences, profiter du fait qu’en décembre tous les regards seront braqués sur nous. Notre mission c’est donc de marteler notre message autant que possible pour sensibiliser les citoyens en les interrogeant : dans quelle société voulez-vous vivre ? dans quel type d’environnement voulez-vous voir grandir vos enfants ? Est-ce que c’est dans des villes où on recommande aux enfants, aux femmes enceintes et aux personnes âgées de ne pas sortir pour cause de pollution ? ou est-ce qu’on opte pour des espaces urbains où chacun peut se déplacer à vélo en transports en commun, en toute sécurité ?

“Nous devrions tous être des ambassadeurs du climat.”

 

 

LSV : Il y a justement de plus en plus de mouvements de jeunesse qui se montent et / ou commencent à se mobiliser en vue de la COY et de la COP21. Qu’est-ce que cela t’évoque ?

KD : Selon moi, chacun a un rôle à jouer dans cette mobilisation : les élus, les associations, les collectivités locales, les entreprises etc. Nous devrions tous être des ambassadeurs du climat.
Les jeunes sont sans doute les mieux placés pour porter ce message d’avenir. L’énergie et l’inventivité dont vous faites preuve sont des ingrédients précieux dont nous avons besoin pour cette campagne de mobilisation, pour emporter les foules comme les jeunes écolos l’ont toujours fait. J’ai moi-même été formée à cette école de l’activisme joyeux au sein des collectifs jeudi noir ou sauvons les riches. Ces expériences ont influencé à jamais ma façon de faire de la politique et de participer au débat public.

LSV : Selon toi, cette mobilisation citoyenne, notamment de la jeunesse, pourrait-elle faire pencher la balance vers un accord satisfaisant ?

KD : Il est évident que si on s’en remet uniquement aux belles déclarations des chefs d’Etat, on n’y arrivera pas !

Il est notable de constater qu’en dépit de l’inertie de nos dirigeants, une sorte de communauté climatique internationale est en train d’émerger. C’est particulièrement frappant aux Etats-Unis, où depuis leur retrait du Protocole de Kyoto, la société civile, les ONG, la communauté scientifique et les citoyens ont pris le relais pour faire pression sur les politiques. Ainsi, un nombre croissant d’Etats y mènent des politiques actives au niveau fédéral.

Cela prouve bien que la logique verticale, si elle est en panne, laisse une grande place à une organisation horizontale, dont les jeunes, via les réseaux sociaux, sont les premiers acteurs !

LSV : Si un accord contraignant n’est pas trouvé, que faudra-t-il garder des nombreuses mobilisations citoyennes qui ont germé dans le sillage (d’Alternatiba) ..?

KD : Bien entendu, la COP de décembre n’est pas une fin en soin. L’après-COP, c’est là que tout se jouera. D’abord pour obliger les Etats à respecter leurs engagements car ceux-ci devront se traduire en actes, en textes de loi qui devront ensuite être appliqués sur le terrain. A cet égard, la pression citoyenne sera plus que jamais nécessaire.

Crédits photo : Florian Quèze

L'équipe de la rédaction se charge de vous proposer régulièrement de nouveaux articles.