écologie

La Semaine Étudiante du Développement Durable (SEDD) ; des évènements écolos sur les campus !

La Semaine Étudiante du Développement Durable (SEDD) entame sa 4e édition du 18 mars au 19 avril 2019.

Depuis maintenant 4 ans, le REFEDD (Réseau Français des Étudiants pour le Développement Durable) propose de valoriser les actions et l’engagement étudiant durant la SEDD. Cet événement permet également de mobiliser les étudiant·e·s sur tout le territoire et de sensibiliser le monde étudiant aux enjeux et solutions du développement durable.

Le REFEDD en quelques mots

Le REFEDD est le Réseau Français des Étudiants pour le Développement Durable. Ils suivent deux principaux objectifs : que 100 % des étudiants soient sensibilisés et que 100 % des campus soient durables. Pour ce faire, ils s’appliquent à rassembler, à former les étudiant·e·s et les associations étudiantes mais aussi à porter leur voix aux niveaux locaux, nationaux voire internationaux (pendant les COP par exemple).

L’histoire de la Semaine Étudiante du Développement Durable

En 2003, le Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie lance la semaine du développement durable. En 2015, cette dernière devient la Semaine Européenne du Développement Durable et se déroule du 30 mai au 5 juin. Ne correspondant pas au calendrier universitaire, le REFEDD crée dès 2016, lors de la première semaine d’avril, la Semaine étudiante du Développement Durable. Néanmoins, afin d’offrir davantage de possibilités aux acteurs de cet événement, ils ont choisi d’élargir cette semaine à un mois dès l’année suivante.

La SEDD 2018 a réuni 428 événements sur toute la France, a touché 35 campus dont 4 à Lyon et 20 villes ont été impactées.

Qu’est-ce qui s’y passe ?

Lors de cette période, du 18 avril au 19 mai pour 2019, le REFEDD labellise tous les événements étudiants, associatifs ou institutionnels se rapportant à un des 17 objectifs développement durable des nations unies. Ainsi, les initiatives sont mises en lumières !

Les REFEDD apporte aux actrices et acteurs un soutien de communication (ils fournissent un kit de com et aident sur ce point) et un soutien logistique. Ils proposent également aux étudiant·e·s et aux associations étudiantes de les aider à financer leurs projets.

Le but du REFEDD : faciliter au maximum l’organisation des initiatives en faveur du développement durable sur les campus.

De plus, depuis l’année dernière, le REFEDD est corédacteur en chef invité sur le site du Ministère de l’éducation supérieure, de la recherche et de l’innovation pendant la semaine officielle (du 1er au 7 avril). En effet, le ministère laisse le contrôle de la ligne éditoriale du site internet etudiant.gouv aux étudiant·e·s engagé·e·s au REFEDD ! Ils et elles peuvent alors publier des articles sur les initiatives, ou directement proposer des articles. Le but de ce partenariat exclusif est de mettre en lumière l’engagement étudiant !

Comment fait-on pour participer ?

Toute personne souhaitant organiser un événement pendant la SEDD remplit un formulaire succinct sur le site de la SEDD, qui ouvrira fin février. Une fois acceptée, l’étudiant·e ou l’association reçoit un kit de communication, et, s’iel le souhaite, peut bénéficier d’une aide logistique (trouver une salle, un traiteur, ou ne serait-ce que réfléchir sur la mise en place de l’événement). S’il s’agit d’un·e étudiant·e ou d’une association étudiante, l’organisateur·trice peut aussi demander au REFEDD une aide financière pour la réalisation de son action.

Et surtout, afin d’être labellisé, l’événement doit répondre à un ou plusieurs des 17 Objectifs Développement Durable (ODD). En effet, le développement durable n’est pas uniquement l’environnement mais l’union de l’écologie, du social et de l’économie pour le développement de la société.

Schéma représentant les 3 piliers du Développement Durable

Quels sont les 17 Objectifs Développement Durables des Nations Unies ?

Les Nations Unies ont établi, en 2015, 17 objectifs développement durable :

Les 17 objectifs du développement durable, fixés par l’ONU

Ces Objectifs couvrent de multiples domaines. Le développement durable, afin qu’il soit efficace et complet ne s’axe pas uniquement sur la protection de l’environnement au sens strict. Par exemple, l’économie, l’égalité, l’éducation sont également des champs d’actions nécessaire au développement durable.

Pour davantage de clarté, 169 sous-objectifs ont été définis d’après les 17 objectifs principaux.

Pour plus de détails, le REFEDD a consacré un article aux ODD : http://refedd.org/objectifs-de-developpement-durable/

Rejoindre le mouvement !

La SEDD 2019 est encore à construire ! Alors, à vous de jouer ! Que tu sois dans une association ou non, tu peux organiser un événement qui te tient à cœur. Et pas de panique, si tu n’as pas beaucoup de temps ou que tu ne sais pas bien comment t’y prendre, le REFEDD s’engage à t’aider. Tu peux contacter par mail le groupe de Lyon : lyon[at]refedd.org et ils te soutiendront dans ta démarche !

 

Rencontre les Spitzenkandidaten écologistes : Ska Keller

La députée Européenne Allemande Ska Keller a été désignée avec Bas Eickhout comme Spitzenkandidat (tête de liste) pour le Parti Vert Européen

Traduit de l’anglais de cet article de l’Ecosprinter le journal de la fédération des jeunes verts européens !

Le Parti Vert Européen a désigné ses deux têtes de listes pour mener la campagne des européennes, à savoir Bas Eickout et Ska Keller. Nous vous proposons une interview Ska Keller. Vous pouvez retrouver l’interview de Bas Eickhout ici !

Pouvez-vous identifier quelques changements de politique que vous souhaitez apporter, susceptibles d’améliorer la qualité de vie des jeunes européen·e·s et de leur donner une vision positive de l’avenir ?

C’était normal pour moi de m’intéresser aux événements qui m’entouraient et d’essayer de les changer. C’est le sujet de la politique. Je dirais que cet intérêt s’était déclenché au début de mon adolescence, lorsque j’ai suivi ma passion pour le bien-être des animaux et puis adhéré au groupe contre le racisme dans ma ville. J’ai découvert le parti écologiste par hasard – il n’y avait pas de groupe local – mais j’ai su aussitôt avoir trouvé mon foyer politique. C’était il y a 17 ans, et depuis lors, je suis active auprès de Jeunes Écologistes, y compris la FYEG bien sûr, et plus tard dans le parti écologiste.

Pensez-vous qu’on ait besoin de plus de jeunes au Parlement Européen et pourquoi ?

Certainement ! Bien que les choses se soient améliorées et que le Parlement européen ne soit plus un lieu de stockage pour des politiciens lorsque le parti ne sait pas quoi en faire au niveau national, le député européen moyen reste un homme blanc âgé. Pourtant le Parlement devrait représenter la société ! Nous avons besoin de beaucoup plus de diversité au Parlement et de beaucoup plus de jeunes en politique en général. Après tout, ce que nous décidons aujourd’hui affectera les jeunes beaucoup plus longtemps que les personnes âgées. Pour réaliser cet objectif, nous avons besoin d’organisations de jeunesse comme la FYEG, où les gens peuvent tester et discuter leurs idées, améliorer leurs compétences et essayer de nouvelles méthodes plutôt qu’être assimilés à une politique d’antan. Les partis doivent être ouverts et prêts à changer leurs habitudes tout en encourageant leurs jeunes membres.

Nous avons besoin de jeunes figures à la tête des partis et de listes pour montrer que cela est possible. Plus important, nous avons besoin de changer comment nous faisons de la politique, et la rendre inclusive et ouverte.

Vous pensez que votre propre parti national en fait assez pour assurer la représentation des jeunes dans la politique européenne ?

Les Verts allemands viennent de voter sur leur liste européenne et elle inclut cinq candidat·e·s de moins de 40 ans sur les 10 premières places. Et sur un total de 40 places, 19 candidat·e·s ont moins de 40 ans. Nous avons également trois ancien·ne·s porte-paroles du FYEG sur la liste et beaucoup d’entre eux qui ont participé ou sont encore impliqué·e·s encore au sein des Jeunes Verts en Allemagne. De plus, durant nos dernières élections régionales, nous avons eu de Jeunes Vert·e·s élu·e·s et on a cassé des records d’âge au Parlement. Notre candidat en tête de liste en Bavière était trop jeune pour devenir légalement Premier ministre. Heureusement que nous sommes seulement arrivé·e·s en deuxième position ! 😉 En revanche, cela montre également que les lois doivent encore être modifiées, car on ne peut pas vraiment justifier pourquoi un premier ministre doit avoir au moins 40 ans.

Les Grünen de Bavière sont devenus la deuxième force politique du Länder

Pouvez-vous identifier quelques changements de politique que vous souhaitez apporter, susceptibles d’améliorer la qualité de vie des jeunes européen·e·s et de leur donner une vision positive de l’avenir ?

En général, toutes les politiques affectent les jeunes, nous devrions donc veiller à inclure le point de vue de jeunes dans tout ce que nous faisons. Plus particulièrement, nous avons besoin de répondre à la situation sociale des jeunes, afin qu’ils et elles ne passent pas du système éducatif au chômage, à des stages d’exploitation, ni à des emplois précaires, qui sont, malheureusement, trop fréquents. Les États membres doivent mettre en œuvre « la garantie pour la jeunesse » afin de garantir de bons emplois pour les jeunes et les stages doivent être réglementés.

Nous, les Verts, avons toujours prôné qu’Erasmus devait être une opportunité pour toutes et tous et pas seulement pour les étudiant·e·s aisé·e·s. Il est temps qu’Erasmus + devienne une réalité pour toutes et tous. Pour moi, la participation des jeunes est une question primordiale. Les jeunes doivent être entendu·e·s et doivent pouvoir défendre leurs intérêts.

Quels sont vos objectifs en tant que Spitzenkandidat ou eurodéputée dans les 5 prochaines années ?

Il existe trois grands défis où nous devons nous battre: premièrement, le changement climatique et la perte de biodiversité. Nous avons peu de temps pour agir avant de faire face à une catastrophe climatique. Cela dépend maintenant de la volonté politique. Le sommet sur le climat de Katowice est un terrain d’essai. L’Union européenne doit faire preuve d’un véritable leadership dans ce domaine. L’autre épreuve est le Conseil Européen : les États membres seront-ils prêts à se conformer aux objectifs plus ambitieux du Parlement européen, par exemple en ce qui concerne les émissions des voitures ? Pour cela, nous avons besoin de pressions politiques.

Deuxièmement, nous devons construire une Europe sociale. L’Union européenne s’est trop longtemps concentrée sur les règles économiques et les marchés – notamment parce que les États membres ne souhaitent pas faire d’efforts collectif dans le domaine social. Nous devons enfin mettre les objectifs sociaux au même niveau que les règles économiques et désormais imposer des normes minimales obligatoires pour les revenus et les soins de santé dans toute l’Europe.

Enfin, l’Union Européenne doit être capable de défendre la démocratie et l’état de droit sur tout son territoire. Ces principes fondamentaux sont attaqués dans plusieurs États membres et les citoyen·ne·s comptent, à juste titre, sur l’UE pour protéger leurs droits. Nous devons développer des mesures pour sauvegarder ces droits.

Pouvez-vous nous parler d’un ou d’une jeune personnalité·e politique qui vous inspire et nous expliquer pourquoi ?

Greta Thunberg. Je la trouve très inspirante parce qu’un jour, elle a décidé elle-même, sans planification ni organisation, de faire quelque chose de courageux : faire en grève à l’école pour le climat. Elle ne savait pas comment cela pourrait finir et elle était prête à risquer des complications dans sa vie personnelle. Elle nous rappelle que c’est à chacun·e de faire entendre sa voix et de prendre des mesures dans la lutte contre la catastrophe climatique.

Greta Thunberg avec le secrétaire général de l’ONU à la COP24.

Membre de partis écologistes écossais et français, je viens de Glasgow, mais reste à St Gaudens et travaille en tant qu'assistant de langue au lycée et au collège. Ancien co-organisateur des jeunes écologistes écossais aussi!

Rencontre les Spitzenkandidaten écologistes : Bas Eickhout

Le député Européen néerlandais Bas Eickhout a été désigné avec Ska Keller comme Spitzenkandidaten (tête de liste) pour le Parti Vert Européen

Traduit de l’anglais de cet article de l’Ecosprinter le journal de la fédération des jeunes verts européens !

Le Parti Vert Européen a désigné ses deux têtes de listes pour mener la campagne des européennes, à savoir Bas Eickout et Ska Keller. Nous vous proposons une interview Bas Eickhout. Vous pourrez retrouver l’interview de Ska Keller prochainement !

Quand avez-vous décidé de faire de la politique, et pourquoi ?

Durant ma scolarité, l’écologie et la nature me captivaient déjà. J’ai vite compris en étudiant la chimie et les sciences environnementales que j’ai voulu épauler la lutte contre le changement climatique non seulement par la science, mais aussi dans la sphère politique internationale. Les conséquences du changement climatique sont trop graves pour attendre que le marché devienne durable de lui-même. En tant qu’homme politique, je voulais m’opposer aux intérêts particuliers des secteurs des combustibles fossiles,des voitures, des avions. C’est ce dont je me suis occupé et je continuerai cette lutte.

Pensez-vous qu’on ait besoin de plus de jeunes au Parlement Européen et pourquoi ?

C’est certain que nous avons besoin de plus de jeunes dans la politique européenne. Le Parlement Européen prend les décisions sur les lois qui façonnent le futur de l’UE. La nouvelle génération a de meilleures chances de rompre avec d’anciennes politiques qui avaient échoué, qui ont volé les opportunités d’avoir un bon travail et une vie saine et satisfaite de millions des personnes. Si cela ne tenait qu’aux jeunes, il n’y aurait pas eu de Brexit, et nous aurions des mesures plus ambitieuses en matière de climat. Je poursuivrai à écouter les voix et les intérêts des jeunes et des prochaines générations.

Vous pensez que votre propre parti national en fait assez pour assurer la représentation des jeunes dans la politique européenne ?

Aux Pays-Bas, le leader de Groenlinks a 32 ans, ce qui illustre les opportunités que mon parti offre aux jeunes. Mais ce n’est pas seulement lui : avec le mouvement que nous avons construit, il a réussi à mobiliser des milliers de jeunes pour qu’ils participent à la vie politique et votent pour la première fois. J’espère que nous pourrons poursuivre sur cette lancée lors des élections européennes afin de renforcer la voix des jeunes.

Le chef du parti Groenlinks, Jesse Klaver

Pouvez-vous identifier quelques changements de politique que vous souhaitez apporter, susceptibles d’améliorer la qualité de vie des jeunes européen·e·s et de leur donner une vision positive de l’avenir ?

Le manque de possibilités pour les jeunes, c’est le résultat d’années de politiques de droite dogmatiques qui ont échoué. Ils ont cru que la libéralisation du marché du travail, le marché financier dérégulé, l’austérité et le libre-échange pouvait créer de la richesse pour tout·e·s. En fait, ces politiques ont créé des banques en difficulté, du chômage, des services publics sous-financés, des inégalités et, dans certaines régions d’Europe, une génération de jeunes qui ont une moins bonne situation que leurs parents.

Il faut casser ces idéologies de droite, non pas avec quelques mesurettes sociales, mais en remettent la justice sociale au cœur de la politique européenne. En réglementant le marché financier, en mettant en place un véritable programme d’investissement, en fournissant un filet de sécurité avec protection sociale, nous pouvons donner aux jeunes les opportunités qu’ils et elles méritent.

Quels sont vos objectifs en tant que Spitzenkandidat ou eurodéputé dans les 5 prochaines années ?

Tout d’abord, j’aimerais mener une campagne réussie : augmenter la taille du groupe des MEP (député·e·s éuropéen·ne·s ndlr) écologistes qui luttent pour une Europe différente, avec les MEP élu·e·s de toute l’Union Européenne. Je veux que nous soyons l’alternative crédible aux vieux partis centristes qui prétendent qu’il n’y a pas d’alternatives. Je souhaite que nous montrons et démontrons aux électrices et électeurs qu’une UE différente, écologiste et juste est possible, sans rejeter la précieuse coopération européenne que nous avons construite au cours des dernières décennies.

Vous pouvez nous parler d’un ou d’une jeune personnalité politique qui vous inspire et nous expliquer pourquoi ?

Alexandria Ocasio-Cortez est une femme politique très motivante. Elle montre que – malgré cette période très inquiétante dans la politique Américaine – qu’il y a toujours l’espoir de vaincre la politique de la peur et de la colère. Elle propose l’espoir qu’il est possible de gagner avec les politiques progressistes. Ocasio-Cortez a déjà déclaré son premier objectif : travailler sur un nouvel accord écologique pour les États-Unis. En fait, elle n’est pas la seule voix progressiste : la “vague bleue” des nouveaux démocrates qui ont pris la Chambre des Représentants est le groupe plus diversifié de l’histoire : il représente toutes sortes d’origines ethniques, religions, sexes et orientations sexuelles.

Alexandra Orcasio Cortez, la plus jeune représentante jamais élue au Congrès Américain

Membre de partis écologistes écossais et français, je viens de Glasgow, mais reste à St Gaudens et travaille en tant qu'assistant de langue au lycée et au collège. Ancien co-organisateur des jeunes écologistes écossais aussi!

La décroissance

Pour ce Mardi Discord, nous avons reçu Vincent Liégey, ingénieur, chercheur et essayiste, co-auteur de l’ouvrage Un projet de Décroissance. Membre du Parti de la Décroissance, il coordonne également l’organisation des conférences internationales sur les décroissance, à Budapest en 2016 et à Malmö en 2018.

Nous aborderons donc la question de la décroissance. Modèle tant économique que politique, cette thématique est souvent mobilisée dans la sphère écologiste, mais également au-delà.

Qu’est ce que la décroissance ? La décroissance de quoi ? Qu’est-ce qu’un monde décroissant ? Quelle mise en œuvre ? Quelles différences avec l’écologie politique ?

Vous pouvez rejoindre le serveur Discord des Jeunes Écologistes ici :

 

Réinventer la démocratie locale

Pour ce Mardi Discord, nous avons reçu Charles Fournier, vice-président délégué à la Transition écologique et citoyenne, et à la coopération et président du groupe « les écologistes » au Conseil Régional Centre Val de Loire. Il a notamment été à l’initiative d’une délibération régionale adoptée, avec plus de 500 propositions.

Nous aborderons la question de la démocratie locale et notamment du lien fort entre transition écologique et transition démocratique.
Avec l’exemple de l’expérience “démocratie permanente” menée en Touraine (https://www.democratie-permanente.fr/), nous réinterrogerons les manières de faire la démocratie, dans la perspective de réenclencher un imaginaire démocratique, en rupture avec l’écologie centralisée et autoritaire.

 

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André Gorz, pionnier de l’écologie politique

Pour ce Mardi Discord, nous avons accueilli Willy Gianinazzi, biographe d’André Gorz, chercheur indépendant et rédacteur pour la revue critique d’écologie politique EcoRev’.

Qui était André Gorz ? Pourquoi est-il si souvent cité comme penseur pionnier de l’écologie politique ? Quelle était sa vision de l’écologie ? Quels enseignements en tirer dans le contexte politique actuel ?

Ce sont à ces questions que nous tenterons de répondre pour retracer l’influence majeure de ce journaliste-philosophe pour les idées écologistes.

 

Vous pouvez rejoindre le serveur Discord des Jeunes Écologistes ici : 

 

Midterms : Soutenons le vent nouveau qui souffle sur l’Amérique

Cet article est une tribune proposée par des membres de l’exécutif fédéral des Jeunes Écologistes

Le 6 novembre prochain auront lieu les midterms, un ensemble d’élections allant du Congrès (Sénat et Chambre) aux gouvernorats en passant par les assemblées locales.

Avec une forte présence de femmes candidates, de personnalités issues des minorités et de jeunes candidat·e·s démocrates très ancré·e·s à gauche et écologistes, ce scrutin s’annonce comme historique pour le pays de aux cinquante étoiles.

Un air de révolution avec des candidat·e·s démocrates qui remettent en cause le capitalisme sauvage

Bernie Sanders a-t-il ouvert le champ des possibles ? L’outsider de la campagne de 2016, déclaré anti-Wallstreet, a vu nombre de candidat·e·s idéologiquement proches de lui remporter les primaires du parti face à l’establishment démocrate.

La spectaculaire victoire d’Alexandria Ocasio-Cortez à la primaire de New York face à un ténor du Parti démocrate, Joseph Crowley (élu à la chambre depuis 1999), a été vécu comme un véritable tremblement de terre politique aux États-Unis. Novice en politique, élevée dans le Bronx, ex-serveuse, Alexandria Ocasio-Cortez a convaincu en défendant un programme résolument ancré à gauche. Se revendiquant d’un « nouveau socialisme », dénonçant le capitalisme sauvage, elle souhaite incarner une nouvelle vision du progrès qui ne se limite pas à une simple lutte contre les discriminations mais prend à bras le corps la lutte contre les inégalités de toute nature. Membre du Democratic Socialists of America (DSA), l’aile gauche du Parti Démocrate, qui a vu son nombre d’adhérent·e·s se multiplier par cinq depuis la campagne de Bernie Sanders, elle soutient la création d’un système universel de santé, la gratuité des universités publiques, l’abolition de la police d’immigration et du système d’« incarcération de masse » Américain. Fervente critique de la proximité du pouvoir financier avec le pouvoir politique, elle refuse notamment le financement de dons d’entreprises pour sa campagne. Candidate dans une circonscription qui a voté à 77 % pour Hillary Clinton, Alexandria Ocasio-Cortez est assurée de devenir la plus jeune représentante de l’histoire à entrer au Congrès américain.

À Boston, c’est Ayanna Pressley qui crée la surprise en battant à la primaire démocrate un quadruple « Congressman » défendu par l’élite du parti. Ayanna Pressley a su mobiliser les jeunes et les minorités par son discours ouvertement critique à l’encontre du Parti Démocrate dont elle admet, par son adhésion totale au capitalisme financier libéral, qu’il a contribué à perpétuer les inégalités. Elle refuse aussi, dans ce cadre, de se faire financer par les entreprises. Alexandria Ocasio-Cortez et Ayanna Pressley ont été plusieurs fois victimes d’agressions sexuelles. Elles sont devenues des figures de proue de la marche des femmes contre Trump et du mouvement de libération de la parole sur les agressions, le harcèlement sexuel et plus généralement du débat sur la condition des femmes dans la société américaine. Ayanna Pressley est assurée de remporter son siège à la Chambre des représentants.

Fils d’une conductrice de bus scolaire et d’un ouvrier du bâtiment, Andrew Gillum pourrait devenir le premier gouverneur noir de Floride. Fervent opposant aux armes, ce proche de Bernie Sanders se distingue par sa campagne axée sur l’égalité des chances, la justice sociale et la défense du service public. Il propose une réforme en profondeur du droit pénal en Floride, défendant une justice réparatrice et qui travaille à la réinsertion des prisonnier·e·s. D’après les derniers sondages, Andrew Gillum serait en mesure d’arracher la Floride aux Républicains et devenir ainsi le premier gouverneur noir aux États-Unis.

Des figures de résistance face à Trump

Soutenue par Bernie Sanders, Stacey Abrams a remporté une écrasante victoire aux primaires démocrates de Géorgie. Elle pourrait marquer l’histoire en devenant la première femme noire gouverneure à la tête d’un État américain. Candidate dans un État historiquement marqué par l’esclavage et la ségrégation raciale, sa victoire serait tout un symbole. Opposée à la peine de mort, portant parmi ses priorités la défense des droits des minorités et une réforme d’un système de justice injuste socialement et racialement, Stacey Abrams est annoncée au coude à coude avec son adversaire républicain.

Alors que le discours anti-migrant·e·s et anti-musulman·e·s s’enflamme depuis l’élection de Trump, deux femmes musulmanes devraient être élues pour la première fois au Congrès américain. Rashida Tlaib, née à Detroit et fille d’immigré·e·s palestinien·ne·s et Ilhan Omar, réfugiée somalienne, candidate dans le Minnesota. Les deux femmes souhaitent incarner la résistance aux discours de haine diffusés par le président des USA et son entourage contre les migrant·e·s et les musulman·ne·s. Opposées aux politiques restrictives sur l’immigration, elles proposent d’abolir la police de l’immigration dont elles dénoncent les raids et les violences contre les immigré·e·s clandestin·e·s.

Face à un candidat inculpé pour détournement de fonds, Ammar Campa-Najjar, fils d’un père palestinien musulman et d’une mère mexicaine, pourrait créer la surprise et remporter une circonscription de Californie traditionnellement très conservatrice. Le candidat démocrate a fait de la lutte contre les préjugés un axe fort de sa campagne.

Ingénieure, militante écolo, Christine Hallquist pourrait devenir la première femme transgenre gouverneure d’un État américain. Particulièrement engagée dans la lutte contre le réchauffement climatique et pour le développement des énergies renouvelables, Christine Hallquist souhaite aussi profiter de la campagne pour combattre les idées de Trump qui a promis de revenir sur les droits de la communauté transgenre en souhaitant restreindre la définition légale du genre, pour en faire un état immuable et biologique.

Un avertissement pour Trump et les Républicains

Et si le Texas, bastion des Républicains au Sénat, tombait aux mains des Démocrates ? Contre toute attente, Beto O’Rourke, ex-rock-star, pourrait faire échouer l’ultra conservateur Ted Cruz. Favorable à la légalisation de la marijuana, au droit à l’avortement et à l’interdiction de la vente d’armes automatiques, sujet tabou au Texas (qui est un bastion de la National Rifle Association). Le candidat s’est notamment distingué par son soutien affiché aux joueurs de football américain qui posent un genou à terre durant l’hymne américain pour protester contre les violences policières visant les noir·e·s. Refusant les soutiens financiers des grandes entreprises et des lobbies, Beto O’Rourke s’illustre par son optimisme convaincant et son ton rassembleur qui tranche avec l’agressivité et la stratégie de division des candidat·e·s républicain·e·s. La stratégie du démocrate semble convaincre, puisque Beto O’Rourke aurait rattrapé son retard et serait au coude à coude avec son adversaire dans les sondages. Ses positions sur la politique migratoire, avec son souhait de régulariser les Dreamers (étranger·e·s mineur·e·s lors de leur arrivée sur le sol américain) et l’opposition à la construction d’un mur à la frontière mexicaine font que ce vote sera particulièrement scruté. En cas de victoire au Texas, Beto O’Rourke pourrait être poussé à entrer en campagne pour affronter Trump en 2020.

L’écologie a le vent en poupe

Tout comme Christine Hallquist ou Jared Polis (candidat au poste de gouverneur du Colorado prônant une sortie progressive des énergies fossiles) de nombreuses et nombreux candidat·e·s démocrates font de la lutte contre le réchauffement climatique et de la protection de l’environnement des axes forts de leurs campagnes. C’est le cas de Deb Haaland, quasi-assurée de marquer l’histoire en devenant la première femme Native American à siéger à la Chambre des représentants. Membre de la tribu des Laguna Pueblo et originaire d’un milieu modeste, Deb Haaland souhaite non seulement porter la voix de toutes les communautés autochtones américaines mais aussi de la classe ouvrière et des américain·e·s précaires, exclu·e·s des décisions politiques.

Son programme est marqué par son opposition farouche à l’exploitation des hydrocarbures sur les terres indiennes, par la protection de l’environnement et la prévention sur le changement climatique ou encore son souhait d’une législation stricte des armes à feu. Deb Haaland pourrait ne pas être la seule amérindienne à entrer puisque Sharice Davids, candidate démocrate ouvertement lesbienne et très engagée sur la défense des droits de la communauté LGBTI+, est annoncée gagnante au Kansas.

Si nous faisons ici l’étendue de ce grand mouvement du « renouveau du socialisme » aux USA, à travers les nombreuses candidatures enthousiastes et remplies d’espoir que propose l’aile gauche du Parti Démocrate. C’est bien par la spécificité, presque unique au monde, de la binarité du paysage politique américain. Un paysage polarisé par les deux grandes forces politiques historiques du pays que sont le Parti Démocrate et le Parti Républicain.

Soutien au Parti Vert et à l’aile gauche du Parti Démocrate

Évidemment que les candidatures du Green Party (Parti Vert des États-Unis) sont elles aussi revendicatrices des exigences contemporaines que sont les luttes contre le dérèglement climatique, l’accroissement des inégalités, l’augmentation des discriminations et les politiques xénophobes de Trump. Nous pouvons tout de même nous réjouir que le parti écologiste ait triplé son résultat à la présidentielle de 2016 par rapport à 2012, et que le parti remportera probablement quelques sièges aux élections des assemblées locales de ce mardi 6 novembre. Toutefois, le champ politique américain ne leur permet pas d’atteindre le Congrès et c’est pour cela que les Jeunes Écologistes soutiendront demain, mardi 6 novembre 2018, toutes les candidatures prônant les valeurs écologistes, c’est-à-dire la justice sociale, la préservation de l’environnement et la solidarité à tous les êtres humains.

La réintroduction de l’ours dans les Pyrénées, pourquoi est-elle indispensable ?

Annoncée en avril dernier par Nicolas Hulot, alors Ministre de la Transition énergétique et solidaire et confirmée par son successeur, François de Rugis, la réintroduction des deux ourses semble être en cours dans les vallées haut-béarnaises. Si la nouvelle a été applaudie chez les écologistes, elle a été en revanche très mal accueillie chez certains éleveurs et bergers locaux, qui n’ont pas hésité à poser avec des armes, mettre en place des barrages filtrants et à fouiller les véhicules filant vers la montagne, afin d’empêcher la réintroduction.

Pourquoi cette annonce a-t-elle engendré une telle insurrection ? Les inquiétudes des éleveurs sont-elles légitimes ?

Questions posées à Eugène Reinberger, membre d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) et du Réseau Ours Brun et à Jean-François Blanco, élu EELV à la Région Nouvelle-Aquitaine.

Un combat acharné

Présent en Europe dès 250 000 ans avant notre ère, l’ours est à la fois source de haine et de fascination depuis toujours. Diabolisé par l’église, il est chassé très tôt sans relâche et ce jusqu’en 1963. C’est à partir des années 70 avec la prise en compte de la considération écologiste que l’idée d’une préservation de l’espèce émerge. Trois ours sont d’abord réintroduits dans les Pyrénées dans les années 1990, puis 5 en 2006.

La cohabitation entre l’Homme et l’ours a toujours été compliquée, en témoigne la lente disparition de l’espèce et l’abattage de 2 ourses protégées : Claude en 1994 et Cannelle en 2004, la dernière ourse de souche pyrénéenne.

Les élus écologistes à la Région Nouvelle-Aquitaine ont fait de la réintroduction de l’ours une priorité de leur mandat. Leur démarche n’est pas restée vaine, car le 6 mars 2018, l’Etat Français est condamné par le Tribunal administratif de Toulouse pour n’avoir pas assez protégé l’ours brun dans les Pyrénées. Cette décision fut aussitôt suivie par l’annonce de Nicolas Hulot le 28 mars, déclarant son intention de réintroduire deux ourses à l’automne prochain.

Une promesse saluée par les écologistes mais aussitôt décriée par les diverses organisations et regroupements d’éleveurs et de bergers. La Fédération des bergers transhumants, les Jeunes agriculteurs de Nouvelle Aquitaine et d’Occitanie ainsi que la FDSEA 64, rejointe par les éleveurs d’Ariège ont alors décidé pour l’occasion de faire front commun contre cette réintroduction annoncée.

Source : La République des Pyrénées

Les actions anti-ours ont démarré, immanquablement accompagnées de dégradations. Les routes du Haut-Béarn ont été taguées la semaine dernière et la permanence des élus de gauche à Oloron Sainte-Marie a été vandalisée dans la nuit du 23 avril. Mais les anti-ours ne comptent malheureusement pas s’arrêter là…

Source : La République des Pyrénées

Une question de mentalités avant tout

A en croire les anti-ours (que l’on entend beaucoup à l’inverse des pro-ours), la guerre est déclarée. Les écologistes sont régulièrement insultés sur les réseaux sociaux et les pro-ours n’osent même pas s’exprimer. Pourquoi une telle hostilité ?

Les bergers et éleveurs locaux invoquent en priorité les dégâts qui seraient causés par la prédation des ours. Selon l’ONCFS, 154 attaques de brebis ont été recensées sur l’ensemble de la France en 2016 et 464 en 2017 (dont 260 dues à un décrochement). Des chiffres dérisoires à côté des 20 000 brebis environ qui meurent chaque année dans les départements pyrénéens au cours des estives. Les prédations liées à l’ours ont donc une incidence très faible dans la part des décès constatés sur les troupeaux. Rappelons d’ailleurs que les éleveurs sont indemnisés à hauteur de 250€ pour chaque brebis tuée par un ours, ce qui prouve que le pastoralisme vit notamment grâce aux aides allouées par la présence de l’ours.

Mais alors, cette hostilité serait-elle due à la peur ancestrale qui imprègne l’imaginaire collectif local ? C’est avant tout une question idéologique. La peur du loup est quant à elle réellement ancrée et donc beaucoup plus problématique. Le fait est que les éleveurs et les bergers qui sont contre la réintroduction de l’ours ne veulent pas partager leur territoire. L’Homme est un prédateur, ne l’oublions pas et il ne souhaite pas qu’un autre prédateur occupe son espace. Réintroduire des ours et vivre avec eux nécessite de changer les habitudes, d’autant plus que cette décision a été prise loin des campagnes.

Les ours des Pyrénées n’existent plus. Le seul spécimen qui a encore du sang pyrénéen dans les veines est Cannellito, le fils de Cannelle, qui n’a plus été aperçu dans la région depuis des mois. Alors à quoi bon « réintroduire des ours qui ne sont pas originaires des Pyrénées ? » entend-on souvent du côté des anti-ours. Parce qu’il s’agit de la même démarche. Un ours slovène ou roumain a le même génome que celui des Pyrénées. La protection des ours est inscrite dans la directive européenne « Habitat, faune, flore » de 1992. Chaque territoire accueillant une population ursine en est responsable. Il est question de la survie de l’espèce de manière générale. Largement favorable à l’établissement de l’ours, le biotope pyrénéen est un territoire qui leur permet de vivre et de se reproduire. La présence de l’ours est donc un indicateur de bon état du biotope. Protéger l’ours revient à protéger toute la biodiversité des Pyrénées.

La protection de l’ours et la préservation du pastoralisme ne sont pas deux causes opposées. Il s’agit avant tout de faire coexister les hommes et les animaux, deux espèces qui ont le droit autant l’une que l’autre de vivre sur un même territoire et de le partager. Il y a quelques semaines, les études du CNRS et du Muséum d’histoire naturelle alertaient l’opinion sur l’état catastrophique de nos campagnes. Les insectes, les oiseaux, les espèces animales disparaissent à une vitesse alarmante. Doit-on obligatoirement vivre dans un monde privé de sa biodiversité ou bien décidons-nous d’agir pour protéger ce qu’il en reste ?

Sources :

http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2018/03/09/l-etat-condamne-pour-n-avoir-pas-suffisamment-protege-l-ours-des-pyrenees_5268277_1652692.html

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/13/l-europe-met-la-france-en-demeure-sur-la-protection-des-ours-bruns-dans-les-pyrenees_1806261_3244.html

http://paysdelours.com/fr/la-mortalite-des-brebis-dans-les-pyrenees-et-l-incidence-de-l-ours-brun.html?cmp_id=50&news_id=1053

http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2018/03/20/les-oiseaux-disparaissent-des-campagnes-francaises-a-une-vitesse-vertigineuse_5273420_1652692.html

http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2018/04/24/oloron-la-permanence-des-elus-de-gauche-vandalisee-par-les-anti-ours,2329309.php

http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2018/04/23/les-anti-ours-s-affichent-sur-les-routes-du-bearn,2328635.php

Guillaume Meurice : l’interview écolo

Humoriste, chroniqueur à France Inter, écrivain, chanteur, Guillaume Meurice est aussi un défenseur de la cause animale et environnementale. Nous avons eu la chance de le rencontrer il y a quelques jours. Il a accepté de répondre sans détour, les yeux dans les yeux, à nos questions. Sympathisant·e·s de Gérard Collomb, Serge Dassault et autres “philanthropes” macronistes s’abstenir …

L’inscription dans la loi de la date de sortie du glyphosate a été rejetée la semaine dernière par l’Assemblée, la réduction à 50% de la part du nucléaire français prévue initialement en 2025 a été repoussée, un projet de création d’une gigantesque mine d’or en Guyane est actuellement à l’étude, un amendement propose de modifier la Loi littoral et de rendre constructibles les « dents creuses », parcelles inoccupées entre plusieurs habitations…

Il se passe quoi en France à votre avis ? C’est Nicolas Hulot ou les lobbies le problème ?

Ni l’un, ni l’autre. Nous sommes tout simplement un pays qui avance et qui prend des décisions pour l’avenir. Fini le temps du « laissez faire », où un arbre pouvait tranquillement se la couler douce au bord de la mer en ne produisant des fruits qu’une fois par an. Il devra désormais faire preuve de compétitivité, développer un business plan, bref, se bouger le fion plutôt que de rester planté là comme une feignasse, sous peine de se voir couler dans le béton d’un Burger King. Ces mesures sont bénéfiques afin d’inciter la nature à se remettre en question. On a trop laissé faire. Elle a raté trop de choses ces derniers millénaires. L’ornithorynque, le virus Ebola, Jean-Marc Morandini… Alors, si la nature nous lit : « Finis ton bol de glyphosate, et au travail bordel !! »

Dans le projet de loi alimentation, un amendement propose finalement d’installer des caméras dans les abattoirs, mais de manière non obligatoire.

Un pas de géant pour Nicolas Hulot ou un pied dans le c* des défenseurs de la condition animale ?

Du génie. On va pouvoir enfin développer un vrai programme de télé-réalité basé sur le défonçage d’animaux vivants. On avait déjà fait l’expérience avec les humains dans les ch’tis à Mikonos mais le fait que les animaux en question soit des homo sapiens avec une cervelle défaillante a pu choquer. Dans le cas présent, on pourra prendre n’importe quel être sensible en pleine possession de ses moyens et l’occire au pistolet à clous sous l’œil des caméras ! Les gens pourront donner des notes et gagner des steaks tartares. Toutefois, il est très important que les caméras ne soient pas obligatoires. Que celles et ceux qui veulent pratiquer la torture de manière artisanale, plus intimiste, puissent pouvoir le faire. Les végétariens vont gueuler mais s’ils veulent regarder des légumes toute la journée, ils n’ont qu’à regarder Public Sénat.

Selon vous, est-ce normal qu’aujourd’hui en France, un migrant obtienne la nationalité (et un travail !) parce qu’il a sauvé un enfant et non parce qu’il a fui son pays en guerre au péril de sa vie ?

Bien sûr. De la même manière, on devrait organiser un vaste Intervilles de migrants. Avec des épreuves commentées par Jean-Pierre Foucault. J’entends déjà les « Cha na na na na na !! » quand l’équipe des Syriens essaiera de traverser une arène pleine de CRS et d’Eric Ciotti ou que des Erythréens tenteront d’avancer pieds nus sur un pont plein de neige (bon ça ils sont déjà entrainés…). La dernière épreuve pourra être de changer les couches Confiance de Gérard Collomb en récitant la déclaration universelle des droits de l’Homme. On va se régaler !!

Dans les Pyrénées Atlantiques, des éleveurs organisent des manifestations contre la réintroduction de l’ours.

C’est parce qu’ils sont Slovènes qu’ils font aussi peur que ça les ours bruns ?

Disons le sans détour : les ours sont des cons. Est-ce un ours qui a inventé le grille-pain, le tractopelle ou la bombe à neutrons ? Non. Est-ce un ours qui est capable de commenter un match de football ou de démonter une kalachnikov en moins de 30 secondes ? Non. En revanche pour défoncer des essaims d’abeilles et bouffer tout le miel, là il y a du monde. Pour faire le malin dans les médias avec ses copains Porcinet et Bourriquet, aussi ! Pour répandre le sexisme décomplexé dans des publications telles que « Petit ours brun regarde maman ours faire la vaisselle. » pareil ! Les ours slovènes sont pires que les autres. Car ils sont pour la plupart musulmans. Il faut lire à ce sujet l’excellent livre de Manuel Valls « Les ours slovènes et l’Islam politique. ».

Emmanuel Macron, Manuel Valls et Nicolas Sarkozy ont rendu hommage à Serge Dassault, « un très grand industriel » [… ] « qui a consacré sa vie à développer un fleuron de l’industrie française ».

Vous souhaitez compléter leur témoignage ?

Oui car je pense qu’ils ont été trop sur la retenue au sujet de Serge. C’était un homme qui a permis de réguler la population humaine sur Terre d’une manière brillante, en créant, d’un côté, du PIB, du bonheur pour tous ses actionnaires, tout en offrant une alternative aux peuples les plus démunis à une mort lente dans l’enfer des épidémies, de la famine. Il a sans doute plus fait pour abréger les souffrances de bon nombre d’individus que toutes les ONG réunies. Gloire à lui. Tu vas nous manquer Sergio. Grand producteur d’anges parti trop tôt.

Aujourd’hui, les femmes se font toujours agresser lorsqu’elles portent des tenues jugées trop décolletées.

Il a servi à quelque chose le #balancetonporc ?

Je pense que le problème de cette agression dans le train est symptomatique du fonctionnement de la SNCF, et à plus large échelle d’une entreprise publique. Dans une entreprise privatisée, on pourrait se payer des options « garde du corps » pour pouvoir voyager en toute sécurité. Mais comme les gauchiasses à merguez refusent le progrès, ce type d’agression risque de perdurer. Honte sur eux. En signe de solidarité, j’exige deux semaines de Philippe Martinez en décolleté.

D’après-vous, l’écologie, la solidarité et le partage ont encore leur place dans la société contemporaine ou pensez-vous que ces valeurs finiront sur la liste du loto du patrimoine de Stéphane Bern ?

Je ne vous permettrais jamais de vous moquer de Stéphane Bern. C’est un grand homme qui fait beaucoup pour la fierté de notre pays. D’ailleurs Stéphane est un véritable écolo puisqu’il recycle à l’infini la tradition du courtisan et sa langue permet d’économiser en savon. Donc vive Fanou et Make the léchage de cul great again !!

Les échos du vent : l’agenda des luttes européennes

A vos agendas camarades ! Chaque année, un militant écologiste et altermondialiste bercé par ses voyages et ses rencontres, répertorie sur son site un agenda des rassemblements écologistes, sociales et altermondialistes en Europe.

On peut ainsi noter dés le 9 juin en France le Tour Alternatiba, une mobilisation anti-nucléaire à Bure le 16 juin, et enfin plusieurs camps climat dans toute l’Europe (Autriche, Allemagne, République-Tchèque, Suisse…).

En plus de cet outil libre et gratuit à toutes et tous, “Les échos du vent” est également un carnet de voyages militant. Nous donnant une folle envie de bouger, de voyager et de rencontrer des personnes formidables à travers toutes l’Europe.

Alors n’attendez pas une seconde de plus, découvrez vite cet agenda et préparez vos luttes estivales !

La réforme du baccalauréat

Après la réforme de l’entrée à l’Université, le gouvernement a annoncé les grandes lignes de la refonte du baccalauréat.

Comme beaucoup, au moment de l’annonce de certaines mesures de la réforme du baccalauréat vous vous êtes dit “Oh dans le fond ça va dans le bon sens, et puis c’est trop bien qu’est-ce que j’aurais aimé choisir mes matières au Lycée !!!”.

Puis vous vous êtes souvenu de la propension du Gouvernement à faire des effets d’annonce sans s’attaquer à la source du problème. Finalement vous vous êtes rendu compte que c’était encore le cas cette fois-ci.

Hugo CORDIER, co-secrétaire fédéral des Jeunes Écologistes, viendra nous parler pêle-mêle de notre cher système éducatif et d’orientation de manière générale (pas uniquement de post-bac donc mais également en secondaire).

Au delà de l’épreuve finale c’est toute l’organisation du Lycée qu’il faut peut-être revoir et c’est là que ce sera intéressant d’écouter ses pistes. Car qui de mieux qu’un professeur de Lycée pour poser le diagnostic et estimer la faisabilité des solutions ?

 

Vous pouvez rejoindre le serveur Discord des Jeunes Écologistes ici :

 

Le mal-logement, quelles sont les solutions ?

Selon le rapport annuel de la fondation Abbé Pierre, 3 960 000 personnes étaient mal-logées en 2017.

Quelles sont les solutions pour lutter contre ce fléau qui touche de plus en plus de résident-e-s français-e-s ?

Julien Bayou, co-fondateur de Jeudi noir et porte-parole national d’Europe-Écologie-Les-Verts, répondra à cette question à l’occasion de cette nouvelle soirée discord !

Encadrement des loyers, “chez soi d’abord” ou encore taxe sur les bureaux vacants, toutes les pistes seront étudiées !

 

Vous pouvez rejoindre le serveur Discord des Jeunes Écologistes ici :

 

Pourquoi l’écologie doit être anticapitaliste

« Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. » — Kenneth Boulding

L’écologie est-elle de gauche ? D’extrême-gauche ? De droite ? Aucun des deux ? Un peu des deux ? Voilà une question qui revient régulièrement dans les sphères écolos et au-delà. Parmi ceux qui se revendiquent « écolos », on trouve un peu de tout : des décroissant-e-s, des communistes, des fans de « croissance verte », et même des nationalistes. L’écologie est devenue un incontournable, et tout le monde ressent le besoin de s’en revendiquer d’une façon ou d’une autre, quitte à l’arranger à sa sauce.

Pour essayer de remettre un peu les choses à leur place, les écolos ont pris l’habitude de se revendiquer de « l’écologie politique », et pas juste de la protection de l’environnement. Avec ce terme, on admet que l’écologie ne peut pas juste se préoccuper des enjeux purement environnementaux : on reconnaît que les dégradations environnementales sont les conséquences d’un système défaillant, et notamment d’un système économique. Logiquement, il est plus important de se concentrer sur la racine de la maladie que sur ses symptômes : changeons le système, pas le climat !

Mais en l’occurrence, notre système économique actuellement, c’est le capitalisme. Ça veut dire que l’écologie est contre le capitalisme ? Sur ce sujet, personne n’est vraiment d’accord. C’est en partie lié au fait que derrière le « capitalisme », on met un peu tout et n’importe quoi, sans vraiment savoir ce qu’on met derrière ce mot.

Je propose avec ce court article de montrer pourquoi la défense de l’environnement n’est tout simplement pas compatible avec le capitalisme, et que s’en débarrasser est une condition nécessaire (mais pas suffisante) pour sauver la planète.

Oui, c’est un gros morceau, et je ne prétends pas épuiser le sujet dans les lignes qui vont suivre. Mais pas de panique, on va y aller doucement et, je l’espère, ouvrir des pistes des réflexion. On va procéder en trois grandes étapes :

  • Définir le capitalisme et pourquoi il menace l’environnement
  • Démontrer pourquoi le marché ne peut pas résoudre le problème écologique par lui-même
  • Expliquer pourquoi même l’État ne peut pas réguler le capitalisme pour le rendre « vert »

Allez, on lève le poing gauche, on ouvre Le Capital, et c’est parti : Hasta la victoria siempre !

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Pourquoi le capitalisme menace l’environnement ?

Première question incontournable : le capitalisme, c’est quoi ? Se revendiquer anticapitaliste, c’est très tendance dans beaucoup de milieux de gauche, mais on ne sait pas toujours ce que ça veut vraiment dire, et souvent ça recouvre un peu tout ce qu’on n’aime pas dans l’économie.

Pour cette fois, on va prendre une définition relativement simple : le capitalisme, c’est la propriété privée des moyens de production. Les « moyens de production », c’est tout ce qui est nécessaire pour produire des richesses à part le travail : les ressources, les machines, les bâtiments… Quand on parlera de « capitalisme », on parle donc du « mode de production capitaliste » : un système dans lequel les moyens de production n’appartiennent pas à celles et ceux qui travaillent mais à des « capitalistes ». (1) On ne parlera pas aujourd’hui de « l’esprit du capitalisme », de l’individualisme, etc.

Ici, la propriété des moyens de production n’implique pas juste qu’on a notre nom dessus. Par cette propriété, les capitalistes ont le privilège de déterminer ce qu’on produit, qui le produit, comment, en quelle quantité…

Dans l’analyse marxiste, le fait que les travailleur-se-s ne soient pas propriétaires des moyens de production autorise ceux qui les possèdent, et qui embauchent les travailleur-se-s, à extraire une « plus-value ». Pour faire court, la plus-value, c’est la différence entre le prix d’une vente d’une chaise (disons 20€) et le salaire qu’on donne au/à la travailleur-se qui a produit cette chaise (disons 8€). Le capitaliste a donc retiré 12€ de plus-value sans avoir effectivement produit la richesse : c’est ce que Marx appelle l’exploitation.

Le truc, c’est qu’un tel système implique que les capitalistes (qui contrôlent la production) recherchent une seule chose : avoir le maximum de plus-value. Or, les capitalistes doivent sans cesse réduire leurs coûts pour survivre à la concurrence des autres capitalistes. Ils doivent donc entre autres remplacer de plus en plus les humains par des machines, et donc avoir de moins en moins de plus-value en moyenne (puisqu’on ne peut pas en prendre aux machines). C’est pour Marx la contradiction fondamentale du capitalisme.

Soit, mais quel rapport avec l’écologie ? Eh bien, pour contrecarrer cette tendance à la réduction du profit, une solution privilégiée : produire toujours plus ! La logique unique du capitalisme, c’est de produire toujours plus pour accumuler toujours plus de capital, et ce de façon illimitée. Joseph Schumpeter le disait déjà : « un capitalisme sans croissance est une contradiction dans les termes ». (Evidemment, une autre solution serait d’augmenter toujours plus la productivité, mais on ne peut pas l’augmenter indéfiniment.)

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Le marxisme pur jus se concentre surtout sur l’injustice que représente ce système. Mais nous, en tant qu’écolos, nous savons aussi que produire toujours plus, c’est exploiter toujours plus l’environnement, puisqu’on ne peut pas produire sans énergie et sans ressource. Ça n’a jamais représenté un problème pour les économistes, jusqu’à ce que les écolos pointent du doigt l’évidence que l’énergie fossile et les ressources sont limitées (2). Bref, puisque le productivisme est donc nécessairement au cœur du capitalisme, il n’a aucune raison de ne pas polluer et exploiter toujours plus la planète.

Le problème, c’est que le capitalisme est de plus en plus « laissé à lui-même » justement. Une des grandes thèses de Karl Polanyi (La Grande Transformation, 1944), c’est que la sphère économique a pris une autonomie croissante vis-à-vis du reste de la société : c’est ce qu’il appelle le « désencastrement de l’économie ». Par le développement du marché, le capitalisme n’obéit qu’à sa propre règle et à aucune autre : plus de production et plus de profit. Toutes les décisions concernant la production (qui, quoi, comment…) dont on a parlé plus haut seront donc guidées par cet impératif de profit.

 

Pourquoi ça ne va pas se régler tout seul ?

Résumons : le capitalisme a pour but de produire toujours plus, donc de polluer et d’extraire toujours plus, et ce but est de plus en plus indépendant de la société. Sa marche « normale » implique donc une destruction croissante de l’environnement. Pourtant, de nombreux économistes soutiennent que, par lui-même, le capitalisme va résoudre la crise écologique. C’est un des mantras du libéralisme depuis toujours : peu importe le problème que rencontre le marché, il suffit de ne surtout toucher à rien pour que tout s’arrange spontanément.

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Commençons pour réfuter l’argument selon lequel, le capitalisme ayant besoin de ressource pour produire, il va nécessairement faire attention à ne pas les épuiser. Ce serait vrai s’il n’existait qu’un seul producteur pour le monde entier. Mais l’existence des marchés et de la concurrence implique un phénomène de passager clandestin : chaque producteur individuellement a intérêt à exploiter au maximum les ressources, au détriment de l’ensemble des producteurs. Il n’existe pas de « main invisible » : l’égoïsme de chacun-e n’aboutit pas au bonheur de tou-te-s.

Raisonnons par l’absurde. Si le raisonnement de l’auto-régulation était vrai, les prix du pétrole et du charbon devraient augmenter au fur et à mesure que ceux-ci se font plus rares. Or, ce n’est absolument pas le cas : le prix du pétrole est aujourd’hui au plus bas, sous les 50$, le charbon est également très peu cher. Ces prix en baisse, sans aucun rapport avec les coûts sanitaires et écologiques qu’ils engendrent, empêchent complètement toute transition énergétique puisque celle-ci est de moins en moins rentable à mesure que le prix des énergies fossiles baisse.

aoeaoSource : BP Statistical Review, 2015. Et encore, aujourd’hui c’est plus bas ! (environ 50$)

L’ensemble du raisonnement de “l’auto-régulation” repose sur ce qu’on appelle la « courbe de Kuznets environnementale ». Se fondant sur les travaux de Kuznets sur les inégalités, l’idée est globalement celle-ci : plus l’économie se développe, plus on va polluer, mais à partir d’un certain point la modernisation de la production réduirait cette pollution puisque notre « efficacité énergétique » s’améliorera. Ce sont les thèses du « capitalisme vert ».

aoeaoLa courbe de Kuznets environnementale. Promis, j’arrête les graphiques maintenant !

D’abord, cette hypothèse de « courbe en cloche » est purement théorique et ne se vérifie pas dans les faits. Très peu de pays, même parmi les plus développées, sont parvenus à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Même si celles-ci baissent cela signifie surtout qu’elles ont été « exportées » dans les pays en développement : en clair, la France délocalise sa pollution en Chine et importe ensuite les produits chinois.

Mais le raisonnement est lui-même à côté de la plaque. Si l’efficacité énergétique augmente, cela veut juste dire que pour produire une unité, on utilise moins d’énergie. Mais si les quantités produites continuent à augmenter, ça compensera cette économie… Nous sommes toujours plus efficaces, mais cela ne fait qu’augmenter nos besoins en énergie. Dans le jargon on appelle ça « l’effet rebond ». Et puis, comme nous l’avons dit plus haut, l’amélioration de l’efficacité énergétique ne peut pas être infinie, tandis que la course à la plus-value, elle, ne connaît pas de limite.

Et puis, même en admettant l’hypothèse hautement improbable que les marchés finiraient un jour par devenir écolos, il faut encore tenir compte du temps, et des phénomènes irréversibles. Parce que si la « loi du marché » décide de réduire sa pression sur l’environnement dans 100 ans, quand toutes les catastrophes écologiques irréversibles sont déjà passées (réchauffement climatique, montée des eaux, disparition des espèces, déforestation…), ça nous fera une belle jambe.

Il faut donc distinguer la logique du capitalisme, et ses effets. Le fait qu’il y ait un développement croissant de « l’économie verte » (énergies renouvelables, dépollution, etc.) signifie simplement que ces secteurs sont rentables et génèrent du profit, pas que le capitalisme est devenu soutenable. Si le capitalisme est écolo, ce n’est que « par accident » : que le vent change, qu’un autre secteur devienne plus rentable, et ce sera fini.

 

Pourquoi on ne peut pas rendre le capitalisme vert ?

On a donc bien compris que, laissé à lui-même, le capitalisme ne peut aboutir qu’à la destruction de l’environnement et que le salut ne viendra pas « de l’intérieur ». Mais alors, pourquoi ne pas simplement le réguler politiquement, « de l’extérieur » ? En effet il serait caricatural de considérer que depuis 50 ans, les autorités (étatiques ou internationales) seraient restées les bras ballants devant la destruction mécanique de l’environnement par le capitalisme. Mais nous allons voir qu’essayer de réguler le capitalisme sans le remettre en cause, ça ne marche pas vraiment.

La première chose qui a été essayée pour contrôler les ravages environnementaux du capitalisme, c’est essayer de remettre les choses à leur juste prix. En effet, pour les économistes, si les producteurs polluent, c’est qu’ils ne comptent pas dans leur calcul le coût nécessaire à la réparation de cette pollution, par exemple celui de nettoyer une rivière. Normal, puisqu’ils ne les paient pas. Ces coûts ignorés sont appelés des « externalités ».

Une solution est donc de faire payer les pollueurs, par exemple par une écotaxe. Si le patron de l’usine doit payer pour la dépollution de la rivière qu’il a pourrie, il va logiquement moins polluer, et l’environnement sera sauvé !

Fantastique, n’est-ce pas ? Si seulement… Ce raisonnement fonctionne assez bien dans le cas de notre rivière, puisque la pollution est bien localisée et qu’on peut la réparer. Mais les problèmes écologiques ne se réduisent pas aux pollutions : à moins de penser qu’on peut faire redescendre le climat, ressusciter les espèces disparues, et restaurer les écosystèmes si seulement on y met le bon prix, « internaliser les externalités » ne sauvera pas l’environnement. Eh oui : la technologie ne peut pas, et ne pourra sûrement jamais remplacer totalement la nature.

Et puis il y a d’autres problèmes : comment chiffrer le prix de l’espèce « abeille », de l’Antarctique, du Sahara ? On en serait réduit-e-s à une vision très anthropocentrée où seuls ont de l’importance les choses qui sont utiles aux humains. Globalement, ces solutions essaient davantage de répondre aux problèmes causés par le marché avec encore plus de marché. C’est bien sûr : le problème de la nature, c’est qu’elle n’a pas de prix. Si elle en avait un, on pourrait la gérer correctement !

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Il faudrait aussi parler ici des marchés du carbone, mais cet article est déjà long et je ne veux pas vous assommer. Je vous redirige donc vers l’ouvrage de Daniel Tanuro cité en fin d’article, et en attendant vous serez obligé-e-s de me croire sur parole quand je vous dis que ces marchés du carbone rencontrent les mêmes impasses que les autres tentatives de rendre le capitalisme vert, car ils sont soumis à de fortes pressions et une spéculation inouïe.

Une autre possibilité, c’est d’interdire simplement l’utilisation de certaines ressources. On l’a fait avec l’amiante (interdit en France en 1997), on l’a fait avec les CFC qui détruisaient la couche d’ozone (protocole de Montéral en 1987). Et ça a marché ! On voit d’ores et déjà que ce qui a été plutôt efficace, ce ne sont pas des solutions de marché, mais des actions politiques claires. Cependant, encore une fois, si cette méthode fonctionne plutôt bien pour ce type de pollutions « simples », elle ne sauvera pas non plus l’environnement.

En effet, dans le cas de l’amiante comme des CFC, les interdire ne changeait pas grand-chose au paysage économique. Il y avait dans les deux cas des alternatives plutôt simples et qui ne remettaient pas vraiment en question les profits ou le système énergétique. Mais si on parle du dérèglement climatique, les gaz à effet de serre produits par les énergies fossiles sont bien plus fondamentaux pour notre système économique. On le sait, pour éviter la catastrophe, une seule solution : laisser les énergies fossiles dans le sol (Break Free !). Or, ça revient très exactement pour les entreprises à s’asseoir sur du capital, et donc leur demander d’aller contre la logique fondamentale du capitalisme : faire du profit. Et les capitalistes s’opposeront donc à ces décisions politiques avec toute la force qu’on leur connaît : lobbying, captation de brevets, corruption, chantage… De fait, les COP successives depuis plus de 20 ans n’ont jamais abouti à une réglementation claire concernant les gaz à effet de serre.

 

Du coup, on fait quoi ?

On récapitule. Le capitalisme laissé à lui-même détruit l’environnement. Il ne va pas arrêter par lui-même, et les tentatives de le verdir paraissent vouées à l’échec.

A la question : peut-on réguler le capitalisme ? La réponse est : peut-être un peu, à condition d’aller fondamentalement contre la logique de celui-ci. Mais alors, pourquoi continuer à essayer de faire faire à un système l’exact opposé de ce vers quoi il tend ? Pourquoi mettre toutes nos forces à essayer de passer la serpillère le mieux possible après les décisions des capitalistes quand ils mettent toutes leurs forces pour faire le maximum de profit au détriment de l’environnement ? N’est-ce pas un formidable gaspillage d’énergie ?

On a vu que par la propriété, les capitalistes ont le privilège de décider comment on produit, et qu’ils le font selon une logique purement orientée vers les profits. La seule vraie solution à la crise écologique, c’est de faire en sorte que les décisions de production soient, à la racine, soumises aux limites de l’environnement : réencastrer l’économique dans le politique. Qui est à la base de la souveraineté politique ? Le peuple. Conclusion logique : la propriété des moyens de production doit revenir aux citoyen-ne-s. Tadam ! Nous venons ensemble de conclure à la nécessité de la fin du capitalisme.

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Evidemment, une fois qu’on a dit ça, tout n’est pas réglé. Considérer que choisir comment on produit est une question politique qui doit être tranchée par le débat et pas par les patrons ne garantit bien sûr pas que l’environnement sera immédiatement sauvé. Nous ne sommes pas dans un monde de bisounours, et si la démocratie produisait automatiquement l’écologie on ferait autre chose de nos journées que de militer avec nos drapeaux verts. De fait, l’URSS n’était formellement pas capitaliste, et on ne peut pas dire qu’elle ait protégé l’environnement.

Mais ce qui est important, c’est que retirer la propriété aux capitalistes pour la donner aux citoyen-ne-s ouvre la possibilité d’une production écologique. Tant qu’on reste dans le capitalisme, la logique des profits sera incompatible avec l’écologie. S’en débarrasser est donc une étape nécessaire, mais pas suffisante pour empêcher la catastrophe environnementale.

Je n’ai pas pour but ici de déterminer quel système de production permettrait de rendre compatible économie et écologie. Une piste est proposée par l’éco-socialisme, dont Daniel Tanuro est un des promoteurs. (3)
Toutefois, et pour ouvrir le débat, je pense par exemple que donner aux travailleur-se-s la propriété des moyens de production n’est pas suffisant : rien ne dit que leurs logiques de décisions seront plus écolo-friendly que celles des capitalistes. Il faut donc ouvrir à un public plus large la propriété, selon un principe somme toute assez raisonnable : « celles et ceux qui sont concerné-e-s par la décision ont voix au chapitre ». (4)

J’espère vous avoir convaincu que, si l’écologie ne peut se permettre d’être une simple défense de l’environnement sans projet de société, elle ne peut non plus situer ce projet politique dans le capitalisme, car celui-ci est intrinsèquement incompatible avec l’écologie. Oui, l’écologie politique doit être anticapitaliste : reste à savoir comment !

 


(1) Bon, en vrai, c’est plus compliqué que ça : aujourd’hui il y a plein de gens (cadres sup’, PDG, etc) qui ne sont pas possédants des entreprises mais qui défendent (plus ou moins) les intérêts des dirigeants. On va garder les choses simples pour aujourd’hui et laisser la division capitalistes/travailleur-se-s (retour au texte)

(2) Les énergies solaires et éoliennes sont certes renouvelables, mais pas les ressources nécessaires à la construction d’éoliennes gigantesques et de champs de panneaux solaires nécessaires à une demande indéfiniment croissante. Pour approfondir ça, je vous conseille le livre de Philippe Bihouix, L’âge des low techs, (Seuil 2014) (retour au texte)

(3) Pour aller plus loin, je vous invite à vous procurer son ouvrage que tout bon écolo devrait avoir dans sa bibliothèque : L’impossible capitalisme vert (La Découverte, 2012). Deux articles de lui si vous n’avez pas peur des sites trotskystes : ici et (retour au texte)

(4) La forme des SCIC (sociétés coopératives d’intérêts collectif) est en cela assez intéressante : des coopératives détenues par ses salarié-e-s, mais aussi par ses client-e-s, les riverains, des acteurs associatifs, administratifs… (retour au texte)

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Professeur de sociologie (heures pleines) et économie (heures creuses).

Quoi tu connais pas la capsule wardrobe ?

Quoi tu ne connais pas la #capsule wardrobe ?

Quand on aime le shopping, il nous arrive d’abuser. Un achat en entraîne un autre, et les évènements comme les soldes ou l’envie inextricable de dépenser à la rentrée ont pour conséquence un amoncellement de vêtements, accessoires et chaussures dans nos armoires.
Si vous venez d’ouvrir les yeux sur les conditions de fabrication et l’impact écologique de nos achats compulsifs (un article entier serait à faire) ou tout simplement parce que vous vous sentez étouffé-e sous ces tas d’articles souvent non portés dans votre 20m², il est temps d’adopter un nouveau modèle de consommation : la capsule wardrobe.

La capsule wardrobe ou en français garde-robe minimaliste, est un principe qui qualifie un phénomène de diminution des « déchets » dans notre penderie. Le but est de garder que quelques vêtements qui peuvent aller les uns avec les autres, et s’en contenter. Cette capsule change deux fois dans l’année, pour l’été et l’hiver. On peut ajouter ou échanger des vêtements de la garde-robe mais le nombre de pièces doit toujours rester le même pour éviter l’accumulation.
Cependant comment choisir les pièces de la capsule ?

– Les vêtements de la collection capsule sont des pièces qui nous vont bien : la coupe convient à votre morphologie, les couleurs ne jurent pas avec votre carnation, ce sont des vêtements que vous affectionnez.
– Les matériaux utilisés sont respectueux de l’environnement et durables dans le temps au possible.
– Toutes les pièces de la garde-robe peuvent s’associer pour créer différentes tenues sans avoir l’impression de porter la même chose.

Les filles comme pour les garçons, aussi déterminé-e-s qu’ils ou elles soient dans leur quête du minimalisme peuvent trouver difficile le fait de se restreindre face aux nouvelles tendances et à la pression sociale qui en découle. Néanmoins comme disait Coco Chanel « la mode se démode, le style jamais » : et cela n’a jamais été aussi vrai aujourd’hui. Alors si vous n’êtes pas convaincu-e-s, je vous conseille d’observer le phénomène notamment sur Youtube. De nombreux-ses adeptes montrent comment ils ou elles ont réussi leur capsule wardrobe et de comment être dans l’air du temps tout en portant régulièrement le même vêtement. Ces youtubeur-se-s donnent des idées sur les pièces à garder – comme le t-shirt blanc basique ou le jean slim bleu – mais aussi des conseils pour trouver votre propre style en se contentant de peu. Les mix-and-match rendent presque imperceptible la redondance de la pièce dans vos tenues : c’est la clé d’une capsule bien menée.

Est-il vraiment nécessaire d’adopter ce mode de consommation ? On peut en tout cas noter que l’impact écologique est énorme. En privilégiant le troc, l’occasion (voire les sites comme Vinted, Vestiaire Collectif), ou le « non mass market » (c’est-à-dire les petits artisans) pour la capsule, on s’attaque au système entier de la grande distribution. On s’oppose à la publicité, au désir constant du nouveau qui s’affadit à la seconde ou l’objet nous frôle les doigts et on cesse du jour au lendemain d’être une marionnette.
Ce t-shirt vendu 5 euros chez H&M, c’est seulement 1,40 pour le Bengladesh où il est fabriqué, et 5000 litres d’eau gaspillés pour du coton. C’est également des produits toxiques utilisés qui entraînent la mort de milliers de travailleurs et travailleuses dans le monde mais aussi une dispersion de CO2 en continu à cause des transports.
Il est sans doute bien difficile d’atteindre cet objectif pour de nombreuses personnes, mais il est possible d’y tendre petit à petit en donnant le superflu et en cessant les craquages intempestifs.
Alors, qu’allez-vous porter demain ?

Quelques chaînes Youtube traitant du sujet…


https://www.youtube.com/user/allinicolecherry

Interview du géographe Eric Lambin

Alexandre Volle, jeune écologiste de Montpellier a rencontré le géographe Éric Lambin à propos de sa conférence sur la “Consommation responsable à l’ère de la mondialisation

Comment faites-vous pour avoir des pistes de réponses résolument optimistes face à un constat attristant de l’impact de la mondialisation sur l’environnement, laissant présager comme une fatalité des incitations économiques?

Éric Lambin : Derrière chaque défi se cachent des opportunités, de nouvelles directions possibles, qui sont souvent insoupçonnées. Pour trouver des solutions face aux énormes défis du XXIe siècle, il faut entraîner notre cerveau à percevoir ces opportunités : à voir le verre à moitié plein. Il nous faut emprunter un peu de cette culture du “tout est possible” qui caractérise par exemple la Silicon Valley en Californie. Cette attitude positive voit un défi passionnant à relever à chaque obstacle.

Une grande partie de la solution aux problèmes socio-économiques et environnementaux passera par des consommateurs responsables (consom’acteur), mais comment les responsabiliser?

L’éducation, l’information, la sensibilisation restent la pierre angulaire d’une transition vers des comportements plus durables et équitables. Certaines politiques peuvent orienter les comportements des consommateurs par des taxes, des incitants, des normes. Les nouvelles technologies offrent des possibilités de consommer plus intelligemment. Il faut développer un plus grand sens de la responsabilité envers le monde, et se convaincre que l’existence humaine mérite mieux que la poursuite d’un bien-être égoïste par une quête matérialiste. La consommation doit inclure une dimension altruiste, pour vivre ensemble de manière plus juste et garantir les conditions d’un développement durable à l’échelle planétaire. Acheter des produits issus du commerce équitable, adopter un régime alimentaire végétarien, recourir à des énergies renouvelables, sont quelques exemples de gestes simples qui ont un grand impact.

Il y a des contradictions entre nos valeurs et nos choix de consommation. Est-ce que la transparence de l’ensemble du processus de production de la “fourche à la fourchette” suffira à résoudre ces problèmes?

Une première étape pour consommer de manière plus responsable est que chacun dispose d’une information claire sur les impacts sociaux et environnementaux de nos choix quotidiens. Les éco-labels contribuent à cette plus grande transparence. Ensuite, il faut créer la motivation pour que
chaque citoyen, au-delà d’une intention générale, contribue de fait à un monde meilleur par des choix de consommation appropriés. Enfin, il faut que le secteur privé donne la capacité à chacun de faire ces choix responsables à un coût socialement acceptable, grâce à une large offre de produits qui sont certifiés durables.

Est-il envisageable que la classe moyenne mondiale adopte des lignes de conduite commune?

Il est difficile de convaincre tous les consommateurs et tous les producteurs dans le monde d’adopter des comportements responsables. Mais la concentration des filières de production et de distribution des biens de consommation dans les mains de quelques multinationales, qui a été facilitée par la mondialisation, a apporté au moins un aspect positif : lorsque ces multinationales adoptent des normes de production durable, on a résolu une grande partie du problème.
Reste à la société civile et aux consommateurs à pousser ces multinationales à assumer leurs responsabilités et à contribuer au bien commun. Nous disposons de toute une panoplie de moyens pour cela : du boycott des produits les plus polluants au “vote avec nos caddies” en faveur des produits les plus respectueux de l’environnement et du progrès social.

On annonce la COP21 (ndlr: l’interview a été réalisé avant que la COP21 ne soit terminée ) comme inédite en matière d’engagement de la part de l’ensemble des pays du monde, pensez-vous que l’on peut espérer une véritable avancée en termes de gouvernance environnementale mondiale à la fin de la conférence?

Oui, la conférence de Paris qui sera ouverte dans quelques jours marquera un tournant dans la politique internationale de lutte contre le changement climatique. Nous sommes au pied du mur. Le fonctionnement de notre planète change rapidement à cause des activités humaines. En parallèle, des changements dans le comportement des acteurs se produisent également : le monde de la finance commence à prendre conscience que l’industrie du charbon n’a plus d’avenir ; le secteur des énergies renouvelables est en plein développement à des coûts de production toujours plus bas; les leaders spirituels et religieux appellent à des actions fortes contre le changement climatique ; de grandes compagnies multinationales prennent des engagements de plus en plus crédibles pour un développement durable, etc. Il reste maintenant aux chefs d’État à donner un grand coup d’accélérateur à ce mouvement de société, par un accord international ambitieux à Paris.

Quel message voudriez-vous porter, aux personnes définitivement sceptiques sur le devenir de la planète, et, a contrario aux personnes qui sont convaincus que l’ensemble des problèmes sociaux et environnementaux se régleront naturellement par le progrès technique?

Aux sceptiques et aux pessimistes, je rappellerais cette citation : « Le meilleur moyen de prédire le futur est de l’inventer.» Il adviendra à la planète le sort que nous déciderons pour elle, par nos actes quotidiens en tant que citoyens, consommateurs, innovateurs, éducateurs. Le progrès technologique est l’une des composantes d’une transition vers un développement durable mais il ne suffit pas, car à quoi cela sert-il de développer des procédés de production moins polluants si, en parallèle, notre consommation n’arrête pas d’augmenter ? C’est bien l’adoption d’un système de valeur moins matérialiste, plus altruiste et plus axé sur la coopération plutôt que sur la compétition qui est le pilier central de cette transition.

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Vive l’idéologie !

En politique, « idéologie » est depuis longtemps devenu un gros mot, capable de décrédibiliser n’importe quel discours. Pourtant, loin de faire des militant-e-s des petits soldats à la solde de leur parti, l’idéologie apporte de la cohérence et des bases solides à notre pensée. Alors ne nous cachons plus et lâchons ce cri du cœur : Vive l’idéologie !

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Barbu, écolo et intégriste de l'orthographe. Le prochain qui me traite de bobo, je le lapide avec du tofu.

Pourquoi “Pride” est un film écolo

Réalisé par Matthew Warcus en 2014, Pride narre la rencontre d’une association LGBT et de mineurs grévistes, tou-te-s en lutte contre le gouvernement conservateur de Margaret Thatcher. En plus de raconter une belle histoire, ce film répond aussi à des questions qui taraudent toujours, aujourd’hui, le mouvement écologiste.

Été 1984. La grève des mineurs est réprimée avec violence par Margaret Thatcher. Les mineurs ne savent pas encore qu’elle durera une longue année et qu’elle sera l’un des plus importants conflits sociaux qu’ait connu la Grande-Bretagne. Durant l’année 1984-1985, partout dans le pays, les initiatives spontanées ont fleuri pour soutenir les mineurs.

Le film raconte l’Histoire par la petite histoire d’un groupe d’activistes gays et lesbiens qui décident de venir en aide aux familles des mineurs en grève. Le “Lesbians and Gays Support the Miners” (LGSM) se reconnaît dans le combat de ces exclus du système libéral. Le Syndicat des Mineurs, très partagé, semble embarrassé de recevoir de l’aide de gens «différents». Les militants décident alors d’apporter leurs dons directement à Onllwyn, un petit village minier du Pays de Galles.

L’alliance est inédite, mais s’avère être un succès. Dans chacune des deux communautés – mineurs et LGBT – les militants se divisent sur l’intérêt de lier leur cause. Ce questionnement est bien illustré à la fin du film par la marche des fiertés qui veut devenir “apolitique”. On retrouve toujours ces questionnements dans l’émergence de l’écologie politique : l’écologie doit-elle être politique, pourquoi s’intéresser aux questions de genre et de sexualités, pourquoi s’intéresser à la cause des migrants ?

Ce film nous apporte la réponse. D’abord parce que nous luttons contre le même ennemi : le conservatisme et les privilèges, qui utilisent l’arme de la division et de la haine. La chasse des migrants, les inégalités économiques, la misogynie, la répression contre les écologistes, sont les multiples faces du même visage. La “Manif pour tous” ne défendait pas qu’une vision réactionnaire de la famille, elle s’attaquait également aux droits des femmes, aux droits des travailleur-se-s et aux droits de l’Homme. Nos divisions sont leur réussite, la victoire finale ne peut venir que par un combat unitaire, par la tolérance, par le pacifisme et par la convivialité.

Lors d’un covoiturage ou un trajet on train, il peut arriver de discuter avec des personnes pleines d’aprioris sur notre mouvement. Au cours de la conversation on arrive à briser la glace et chacun s’enrichit de l’autre. L’écologie est faite de petits matins, comme jour après jour, les deux communautés – mineurs et LGBT – apprennent à s’apprécier.

Une image revient sans cesse dans le film, c’est la bannière du Syndicat des Mineurs qui montre une poignée de main. Cette bannière défila lors de la marché des fiertés de 1985 : “Ensemble, nous sommes plus forts !”Notre combat écologiste doit être à l’image de ce film. Serrons la main de nos partenaires, soutenons-les dans leurs moments difficiles, accueillons leurs aides dans nos moments ardus, et ensemble, nous arriverons à changer notre société.

Antoine Gaudry et Lucile Koch-Schlund

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L’écologie du Soleil-Levant (3/3) : La politique énergétique japonaise après Fukushima

Nicolas est un jeune écolo expatrié au Japon. Il a choisi de partager avec la Souris Verte ses réflexions sur l’écologie au Japon dans une série de trois articles. Au programme du dernier article de cette série : l’épineuse question du nucléaire.

La catastrophe nucléaire de Fukushima a profondément remué les esprits japonais, et remis en question le modèle énergétique du Japon. En particulier, elle a cruellement pointé les failles du système japonais de production d’électricité. J’aimerais donc dans cet article exposer l’historique de la politique japonaise du nucléaire, les effets de l’accident de Fukushima, et les perspectives d’avenir que le pays peut envisager.

La première rencontre entre le Japon et l’énergie atomique en 1945 fut, comme chacun sait, quelque peu brutale. Si le cataclysme à Hiroshima et Nagasaki a fortement marqué l’imaginaire collectif (le fameux Godzilla serait né de ces radiations), dès le début des années 50 le Japon, peu rancunier, se lance dans le nucléaire civil. En 1954, 230 millions de yen sont affectés à la recherche-développement, et en 1960 est lancée la construction du premier réacteur dans l’est du pays (Tokai). Dès lors, les différents gouvernements qui suivront jusqu’en 2011 ne remettront jamais en cause l’énergie nucléaire. Les centrales ne cesseront de se multiplier, jusqu’à atteindre le nombre de 55, pratiquement autant que la France sur un territoire deux fois plus petit. En 2011, 30% de l’énergie électrique du Japon était générée grâce au nucléaire.

Les centrales nucléaires du Japon, aujourd'hui toutes arrêtées (Wikimedia Commons)

Les centrales nucléaires du Japon, aujourd’hui toutes arrêtées (Wikimedia Commons)

Le choix du nucléaire, énergie à risque, peut paraître étonnant dans un pays où les tremblements de terre, tsunamis et autres typhons sont fréquents. Il faut néanmoins resituer cette décision dans son contexte : avec une population grandissante, les dégâts titanesques de la Seconde Guerre Mondiale et une activité économique dynamique, les besoins d’énergie du pays ont explosé dans les années 50. Or, le Japon ne disposait d’aucune énergie fossile et son territoire était fortement réduit. Dès lors, l’investissement dans la technologie japonaise apparaissait comme un choix adapté et ambitieux. Le progrès technique était vu comme synonyme de paix et de prospérité, et donnait l’espoir du pacifisme après une longue période de conflits et de privations. C’est le message essentiel de l’œuvre la plus connue du père du manga, Osamu Tezuka : Tetsuwan-atomu (Astro-boy le petit robot). Cet espoir a donc permis de dépasser le traumatisme des bombardements de 1945. En outre, les industriels japonais ont réalisé un extraordinaire travail de communication sur la sûreté sans faille de leurs centrales, ce qui a également contribué à renforcer la tolérance japonaise pour le nucléaire.

Astro Boy, par Osamu Tezuka (Wikimedia Commons)

Astro Boy, par Osamu Tezuka (Wikimedia Commons)

Il est donc évident que dans un pays si profondément investi dans l’atome, la catastrophe de Fukushima a fortement ébranlé les convictions et les mentalités. Nul besoin de s’étendre sur les événements du 11 mars 2011 : un violent séisme provoque lui-même un tsunami de grande ampleur qui, en frappant les côtes japonaises, fait perdre au réacteur de Fukushima Daiichi son alimentation et provoque des dommages dans la structure, ce qui provoque une fusion partielle des réacteurs et d’importants rejets radioactifs. Ce n’est donc pas seulement un accident ponctuel : les dommages humains, sociaux, environnementaux… ne sont pas terminés.

Cet accident a eu de nombreux effets sur le modèle énergétique du pays. A court terme, l’ensemble des centrales nucléaires ont été arrêtées, causant la perte des 30% de la production d’électricité du pays. La première réponse à la perturbation du système d’offre a été la réduction de la consommation d’énergie : -9,3% entre 2010 et 2013. La baisse de la demande finale a compensé environ 40% de la chute de la production. Ce sont essentiellement de massives importations d’énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz naturel) et un peu de développement des énergies renouvelables (voir l’article précédent) qui ont assuré le relais.

Ce changement a résulté en une augmentation des émissions de gaz à effet de serre, qui continue de s’intensifier aujourd’hui (+1,4% sur la dernière année fiscale).
Mais la conséquence la plus violente pour le pays est purement économique : si le Japon affichait avant Fukushima un excédent de sa balance commerciale de près de 65 milliards de dollars, les prévisions de l’OCDE pour 2014 sont un déficit de 67 milliards.
Le pays est donc de plus condamné à une extrême dépendance énergétique, son taux d’auto-suffisance énergétique n’étant que de 4%. À titre de comparaison, la France est à 51%, les États-Unis à 71%. Le Japon achète donc au Moyen-Orient 87% du pétrole dont il a besoin, ce qui l’oblige donc à composer diplomatiquement avec l’instabilité de la région.

Pour résumer : le Japon se retrouve donc dans une situation où son modèle énergétique actuel est à la fois extrêmement polluant et ruineux. Mais les seuls plans qui avaient été proposés avant 2011 pour réduire la dépendance énergétique et les émissions de CO2 du pays se fondaient essentiellement sur l’énergie nucléaire : un projet visait à augmenter la part du nucléaire à 50% de la production en 2030. De fait, si ces prévisions ont été largement remises en cause, le seul projet de politique énergétique de Shinzo Abe aujourd’hui est la réouverture de deux centrales nucléaires fin 2015.

Changer de modèle énergétique semble donc hors de portée pour le Japon aujourd’hui, pour des questions de rapports politiques et structurels.
Il y a certes eu un mouvement citoyen d’ampleur contre le nucléaire : près de 170.000 personnes ont manifesté en 2012 dans le parc de Yoyogi (Tokyo), ce qui est énorme au vu de la très faible tradition de contestation au Japon. Le sentiment de méfiance vis-à-vis de Tepco (Tokyo Electric Power Company) est grandissant : 65% des Japonais se disent pour l’abandon total du nucélaire. Mais, comme le souligne le professeur Ota : « il n’y a pas de mouvement national, comme en Europe. Par conséquent, le mouvement populaire n’est pas assez puissant pour porter de la pression sur le gouvernement. Le Japon ne dispose pas d’une société civile assez forte, et les citoyens sont peu appelés à s’engager ». Comme exposé dans le premier article de cette série, aucun parti écologiste ne parvient à se constituer au Japon, les seules revendications « vertes » étant portées par le Parti Communiste Japonais.

Manifestation anti-nucléaire réunissant

Manifestation anti-nucléaire réunissant 60.000 personnes à Tokyo en septembre 2011 (Wikimedia Commons)

Au niveau de la classe politique, le seul horizon est le retour du nucléaire. « Tous les politiciens sont pro-nucléaire » nous dit Hiroshi Ota. « Les seules voix divergentes viennent de partis très minoritaires qui n’ont pas d’influence ». Il faut comprendre ce paradigme indépassable à la lumière de l’histoire du nucléaire japonais : l’énergie est au Japon une politique « étatiste » et est le résultat d’une coopération entre industriels et hommes politiques. Si les entreprises ont dû s’ouvrir à la concurrence extérieure, si certains services publics comme la poste ont été privatisés, le nucléaire est toujours resté protégé dans le giron exclusif de l’État. Les critiques de cet état de fait utilisent le terme de genshiryoku mura, (原子力村), le « village nucléaire » japonais.

Parallèlement, si les énergies renouvelables sont en hausse depuis 2011, elles ne représentent toujours que 1,6% de la production d’électricité du Japon. Si certains militent pour une politique du tout-renouvelable, comme Iida Testunari (directeur de l’Institute for Sustainable Energy Policies in Japan) ou le réseau international REN 21, ce revirement est loin d’être à l’ordre du jour politique. Non seulement pour des raisons techniques (l’hydroélectrique par exemple semble avoir atteint son potentiel maximum, de sorte qu’il n’y a pas grand-chose de plus à en espérer), mais aussi pour des raisons politiques et structurelles.
« Même si on constate un boom des super-centrales solaires, les grandes compagnies refusent d’acheter cette énergie ! Le gouvernement, de son côté, n’encourage pas la construction de panneaux solaires », explique Hiroshi Ota.
Mais le problème majeur que présente le professeur, c’est la structure du réseau d’énergie au Japon. Il existe dix compagnies privées régionales d’électricité, qui contrôlent 85% du marché de la fourniture d’électricité au Japon. Or, celles-ci possèdent chacun un monopole régional à la fois sur la production et sur le réseau de distribution. Il n’existe donc pas de réseau national de distribution d’électricité. « Ce monopole est la principale raison de la quasi-impossibilité de réformer notre système énergétique ».

Le futur semble donc fort sombre pour le Japon. Dans un mélange de contraintes techniques, économiques et politiques, il semble qu’une réelle transition écologique est fort peu probable.
Il reste néanmoins certaines raisons d’espérer, que nous avons vues tout au long de cette série d’articles : du fond culturel qui, s’il est caché, permettrait une résurgence d’un esprit écologique, aux innovations technologiques quant aux réductions d’énergie.
Si le pays du Soleil-Levant est tout en contrastes et en contradictions, nous pouvons donc nous inspirer de certains des éléments de cette société unique en son genre, et ainsi faire progresser notre vision de l’écologie.

Les articles précédents de la série :

Les pratiques environnementales au Japon

La culture de l’écologie au Japon

Professeur de sociologie (heures pleines) et économie (heures creuses).

Pour Noël, offrez un livre écolo !

post-it livres écolos

Les Jeunes Écologistes Ile-de-France ont participé les 18 et 19 octobre derniers au 12e Festival du livre et de la presse d’écologie (ou FELIPE pour les intimes). A cette occasion, nous avons demandé aux invités, aux intervenants ou aux simples curieux, d’écrire sur des post-it quel était leur livre écolo préféré, ou le plus marquant. Outre que ça a permis de faire une jolie installation dans le hall du FELIPE, nous avons récupéré l’ensemble des propositions et nous vous en donnons ici la liste. En espérant que ça vous donne des idées de cadeaux ou de lectures, il y en a pour tous les goûts. Et si vous voulez ensuite raconter à votre souris verte préférée pourquoi vous avez aimé (ou pas), n’hésitez pas !

 

Ah, et n’oubliez pas : pour acheter ces livres, évitez les grands sites Internet qui exploitent leurs salarié-e-s et pratiquent l’évasion fiscale. Évitez aussi les grandes chaînes qui voient la culture comme une marchandise. Préférez, si possible, les petits libraires pour faire vivre la convivialité, la culture et l’emploi 🙂

 

Pour les amoureux de la nature #planète

Jean Dorst et Robert Barbault – Avant que nature meure Pour que nature vive (Delachaux et Niestlé, 544 p.)

Peter Caddy, Eileen Caddy, Dorothy Maclean – Les jardins de Findhorn (Le Souffle d’or, 1999 pour la version française, 196 p.)

Rachel et Jean-Pierre Cartier – Pierre Rabhi, le chant de la terre (La Table ronde, 2002, 256 p.)

Bernard Charbonneau, Jacques Ellul – Nous sommes des révolutionnaires malgré nous, textes pionniers de l’écologie politique (Seuil, 2014, 224 p.)

Jared Diamond – Effondrement, comment les sociétés décident de leur survie ou de leur destruction (Gallimard, 2006, 664 p.)

Jared Diamond – De l’inégalité parmi les sociétés (Gallimard, 2000, 492 p.)

Masanobu Fukuoka – La Révolution d’un seul brin de paille : Une introduction à l’agriculture sauvage (Ed. Guy Trédaniel, 2005, 202 p.)

Francis Hallé – Du bon usage des arbres, un plaidoyer à l’attention des élus et des énarques (Actes Sud, 2011, 96 p.)

Francis Hallé – Pour une nouvelle biologie (Seuil, 1999 épuisé ; Points, coll. Points Sciences)

François Lasserre – J’observe les insectes (La Salamandre, 2014, 148 p.)

Olivier Le Naire – Pierre Rabhi : semeur d’espoirs (Actes Sud, 2013, 176 p.)

Jean-Marie Pelt – La loi de la jungle (Ed. Fayard, 2006 ; Le Livre de Poche, 224 p.)

Jean-Marie Pelt et Pierre Rabhi – Le monde a-t-il un sens ? (Fayard, 2014, 220 p.)

Pierre Rabhi – Du Sahara aux Cévennes, itinéraire d’un homme au service de la Terre-Mère (Albin Michel, 2002, 304 p.)

Pierre Rabhi – Vers la sobriété heureuse (Actes Sud, 2010, 144 p.)

 

Pour les pros des chiffres #économie

Samuel Butler – Détruisons les machines et sortons de l’économie (Le Pas de côté, 1863 et 1872, 96 p.)

Hervé Kempf – Pour sauver la planète, sortez du capitalisme (Seuil, 2009, 154 p.)

Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez – Pour une révolution fiscale, un impôt sur le revenu pour le 21ème siècle (Seuil, 2011, 134 p.)

Serge Latouche – Le pari de la décroissance (Ed. Fayard, 2006, 302 p.)

Karl Marx – Le capital, critique de l’économie politique (Maurie Lachâtre, 1867, 3 tomes et beaucoup de pages)

Donella et Dennis Meadows – Les limites à la croissance (dans un monde fini) (Rue de l’Echiquier, 2012, 425 p.)

 

Pour les philosophes dans l’âme (et les ethnologues dans le cœur) #classiques

Frantz Fanon – Les damnés de la Terre (1961, rééd. La Découverte, 2002, 309 p.)

Gandhi – Tous les hommes sont frères (Folio Essais, 1990, 320 p.)

André Gorz – Adieu au prolétariat, au-delà du socialisme (Seuil, 1981, 246 p.)

André Gorz – Ecologie et politique puis Ecologie et liberté (Galillée, 1975 puis 1977 ; éd. Le Seuil “Points en 1978 pour les deux)

André Gorz – Bâtir la civilisation du temps libéré (Les liens qui libèrent, Le Monde diplomatique, 1993)

Ivan Illich – La convivialité (Seuil, 1973, 158 p.)

Serge Moscovici – La société contre nature (10/18, 1972, 404 p.)

Pascal Picq – De Darwin à Lévi-Strauss, l’homme et la diversité en danger (Odile Jacob, 2013, 288 p.)

Jean-Jacques Rousseau – Les rêveries d’un promeneur solitaire (1782)

Henry-David Thoreau – La désobéissance civile (1849 – Mille et une nuits, 1997, 63 p.)

 

Pour les futurs industriels de l’éolien #technologie

Stéphane Foucart – La fabrique du mensonge, Comment les industriels manipulent la science et nous mettent en danger (Denoël, 304 p.)

Arnaud Michon – Le Sens du vent, notes sur la nucléarisation de la France au temps des illusions renouvelables, (L’Encyclopédie des nuisances, 2010, 107 p.)

Hubert Reeves – Poussières d’étoiles (Seuil, 1984, 195 p.)

Hubert Reeves – Chroniques du ciel et de la vie (Seuil et France Culture, 2005, 210 p.)

 

Pour les bons vivants #alimentation

Marie-Claire Frédéric – Ni cru, ni cuit, histoire et civilisation de l’aliment fermenté (Alma éditeur, 2014, 350 p.)

Marie Laforêt – Vegan (La Plage, 2014, 324 p.)

Thomas Lepeltier – La révolution végétarienne (Sciences humaines, 2013, 176 p.)

Fabrice Nicolino – Bidoche, l’industrie de la viande menace le monde (Les liens qui libèrent, 2009, 385 p.)

Bruno Parmentier – Nourrir l’humanité, les grands problèmes de l’agriculture au 21ème siècle (La Découverte, 2007)

Marie-Monique Robin – Le monde selon Monsanto, de la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien (La Découverte, 2008, 370 p.)

 

Pour ceux qui veulent changer le monde ici et maintenant (ou qui admirent ceux qui essayent) #écologieconcrète

Emilie Hache – Ce à quoi nous tenons, propositions pour une écologie pragmatique (La Découverte, 2011, 252 p.)

Frances Moore Lappé – EcoMind : Changing the way we think, to create the world we want (Small Planet Media, 2011, 304 p.)

Jocelyn Perret – Des mouches dans le bush, la marche des terres minées (ABC’ Editions, 2014, 348 p.)

Pascale D’Herm – Ils l’ont fait et ça marche (Les Petits matins, 2014, 176 p.)

Emmanuel Daniel – Le tour de France des alternatives (Seuil, 2014, 144 p.)

Eric Dupin – Les Défricheurs (La Découverte, 2014, 262 p.)

Rob Hopkins – Manuel de transition, de la dépendance au pétrole à la résilience locale (Ecosociété, 2010, 212 p.)

Olivier Le Naire – Nos voies d’espérance (Actes Sud / Les liens qui libèrent, 2014, 230 p.)

 

Pour ceux qui se sentent une âme d’apparatchiks #politiquepoliticienne

Etienne de la Boétie – Discours de la servitude volontaire (1574)

Cécile Duflot – De l’intérieur, voyage au pays de la désillusion (Fayard, 2014, 234 p.)

Nicolas Hulot – Pour un pacte écologique (Calmann-Levy, 2006, 286 p.)

Hervé Kempf – La baleine qui cache la forêt : enquêtes sur les pièges de l’écologie (La Découverte, 1994, 220 p.)

 

Pour ceux qui veulent s’évader #littérature

Brian Aldiss – La tour des damnés (Le passager clandestin / Dyschroniques, 2013, 112 p.)

René Barjavel – Ravage (Denoël, 1943, 288 p.)

Pierre Bordage – Le jour où la guerre s’arrêta (Au Diable Vauvert, 2014, 288 p.)

Ernest Callenbach – Ecotopia (Ernest Callenbach, 1975, 181 p.)

Romain Gary – Les Racines du ciel (Gallimard, 1956, 452 p.)

Jean Giono – Le chant du monde (Gallimard, 1934, 318 p.)

Ernest Hemingway – Le vieil homme et la mer (Gallimard, 1952, 191 p.)

Arto Paasilinna – Le lièvre de Vatanen (1975 – 1989 pour la version française, Denoël, 196 p.)

Jean-Christophe Rufin – Le parfum d’Adam (Flammarion, 2007, 538 p.)

Antoine de Saint-Exupéry – Terre des hommes (Gallimard, 1939, 224 p.)

 

Pour ceux qui préfèrent les images #beauxlivres

Vincent Hussier – La nuit du cerf (Kobalann, 2014, 80 p. + un CD de sons de la nature)

Frédérique Basset et Gilles Clément (textes / photos) – Les quatre saisons de Gilles Clément (Rue de l’Echiquier, 2014, 184 p.)

 

Pour ceux qui aiment bien les images mais aussi quand il y du texte #BD

Etienne Davodeau – Les ignorants, récit d’une initiation croisée (Futuropolis, 2011, 272 p.)

Hayao Miyazaki – Nausicaä de la vallée du vent (Glénat, 1982-1984, 7 volumes)

 

Pour les générations futures #enfants

Yannick Beaupuis – Le boulanger des croissants (Ed. Balivernes, coll. Calembredaines, 2013, 40 p.)

Renée Kayser – Copain des bois (Milan)

 

Pour les comédiens en puissance #théâtre

Anton Tchekov – Oncle Vania (1899)

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L’écologie du Soleil-Levant (2/3) : Les pratiques environnementales au Japon

Nicolas est un jeune écolo expatrié au Japon depuis deux mois. Il a choisi de partager avec la Souris Verte ses réflexions sur l’écologie au Japon dans une série de trois articles. Au programme aujourd’hui : les pratiques et les politiques japonaises quant à l’environnement, avec le professeur Hiroshi Ōta, enseignant en politiques environnementales à Tokyo.

Les Japonais se définissent volontiers comme « écolos », même s’il n’existe pas vraiment de traduction littérale de ce terme. Le gouvernement par ses politiques, l’industrie par son innovation, et le peuple par ses actions quotidiennes, ont une façon de percevoir et de pratiquer l’écologie parfois intéressante.

sensei

Ōta-sensei dans son bureau surchargé de livres et d’objets improbables (photo : N.D.)

Le pays du Soleil Levant est, par essence, confronté à des défis environnementaux. Dès les années 50 et 60, le Japon a été confronté à de graves problèmes de pollution industrielle, et a réussi à en venir à bout par des politiques gouvernementales appropriées. Pour le professeur Hiroshi Ōta, enseignant en politiques de l’environnement à la prestigieuse université de Waseda (Tokyo), la résolution de ces problèmes passe essentiellement par un « système légal approprié et complet, pour compenser les dommages et faire payer les pollueurs ». Aujourd’hui encore, les victimes de l’empoisonnement au mercure de la baie de Minamata dans les années 50 sont indemnisées.

« Notre principal atout en matière d’environnement est le volet technologique, ce qu’on appelle l’éco-modernisation », explique le professeur Ōta. En effet, le Japon est à la pointe de la technologie dans bien des matières. Premièrement en ce qui concerne les énergies renouvelables, et notamment le solaire : sur les 19,45 millions de kilowatts renouvelables produits par l’archipel, environ 5 millions proviennent du solaire. Les méga-centrales solaires, souvent offshore, fleurissent partout au Japon, et le pays est leader international dans la production de panneaux photovoltaïques.
La géothermie n’est pas en reste, le Japon étant une des régions les plus volcaniques du monde ; la centrale géothermique de Hatchobaru est une des plus grandes du monde. C’est d’ailleurs la récupération de l’énergie des sources chaudes qui est un des grands espoirs énergétiques de la région sinistrée de Fukushima.

centrale solaire

La centrale solaire d’Aikawa (Σ64 – Wikimedia Commons)

Le génie technologique japonais s’exerce également dans le domaine des réductions d’énergie : électroménager, télévision, automobile (Toyota est leader mondial de la voiture hybride). Cette recherche découle logiquement de la rareté des ressources fossiles de l’archipel. Depuis 1979, une loi oblige les industriels à augmenter de 1% chaque année leur efficacité énergétique. Toute usine doit avoir au moins un employé dédié à cette problématique. Le professeur Ōta attire également l’attention sur la loi dite du « top-runner », en vigueur depuis 1988 : « tout nouveau modèle créé par une industrie doit, sinon surpasser, au moins égaler les performances du modèle le plus économe du marché. Cela garantit des innovations constantes en matière d’efficacité énergétique ». Ainsi, aujourd’hui, un Japonais consomme chaque année en moyenne deux fois moins d’énergie qu’un Américain.
Il est néanmoins amusant de relever quelques paradoxes : le professeur Ōta explique que les techniques d’économie d’énergies sont particulièrement efficaces en ce qui concerne… les sièges chauffants pour toilettes, technologie apparaissant peu nécessaire à nos yeux d’Européens.

Le Japon, bon élève des politiques environnementales ?

Le Japon est l’un des premiers pays à avoir adopté un « plan de base pour l’environnement ». C’est en 1993, après le sommet de la Terre à Rio, qu’est votée la « loi de base pour l’environnement », qui tente non seulement de définir une ligne gouvernementale mais également d’inclure au maximum les collectivités : associations, entrepreneurs et citoyens. C’est le deuxième Plan de base pour l’environnement, adopté en 2000, qui consacre le « passage de l’idée à l’action » et la « garantie d’exécution », avec des programmes stratégiques précis et des mesures contre le réchauffement climatique. Il sera lui-même suivi du Troisième plan pour l’environnement en 2006, qui inclut des objectifs chiffrés sur le long terme : réduction des émissions de CO2 de 25% en 2020, augmentation de l’efficacité énergétique de 35% en 2030, réduction de la dépendance au pétrole de 40 en 2030… L’objectif en 2050 était d’atteindre 70% d’énergie « propre ».

(DeltaWorks - CC0 Public Domain)

(DeltaWorks – CC0 Public Domain)

Ces plans ont eu des effets concrets. Par exemple, d’après le « livre blanc » publié par le ministère de l’Environnement, si en 2000 le Japon utilisait 1,92 million de tonnes de ressources naturelles par an, en 2011, ce chiffre est tombé à 1,33 million. La productivité des ressources (PIB/tonnes de ressources naturelles) a augmenté de près de 50% sur la même période. De même, les chiffres du recyclage de l’eau et des déchets sont en hausse.
Néanmoins, comme le souligne le professeur Ōta, « si le parti démocrate du Japon [ndlr : le parti de centre-gauche, au pouvoir de 2009 à 2012] prévoyait des objectifs ambitieux, ce programme s’appuyait essentiellement une augmentation de l’utilisation de l’énergie nucléaire. Aussi, depuis la catastrophe de Fukushima en 2011, il n’y a plus de réelle politique énergétique ». En effet, aujourd’hui, toutes les centrales nucléaires japonaises sont à l’arrêt, et le manque a été entièrement comblé par des importations d’hydrocarbures.

Le gouvernement japonais met également un point d’honneur à intégrer le peuple dans la protection de l’environnement. Des campagnes d’éducation à l’écologie et à l’étude des sciences environnementales sont menées dans des lieux très divers comme les écoles, les centres régionaux, les lieux de travail, les foyers… Il est très fréquent qu’en faisant mon footing dans le parc non loin de chez moi, je rencontre une ribambelle de jeunes enfants guidés entre les arbres par leur professeur.
Le ministère de l’environnement émet également chaque année un « livre blanc de l’écologie », un rapport annuel destiné à informer les citoyens de l’état de l’environnement au Japon et des politiques en cours destinées à sa préservation.
« De cette éducation, et de l’esprit traditionnel japonais, résulte le fait que les individus se sentent très concernés par l’environnement », souligne Hiroshi Ōta. « Un exemple en est le recyclage ; le tri entre les cinq containers est systématique chez les Japonais ». Logique conséquence de l’esprit mottainai évoqué dans l’article précédent. En effet, les années 60 voient une croissance forte, et le pays du Soleil-Levant est rapidement confronté à un problème de gestion des déchets. Ce recyclage est bien plus poussé qu’en France : combustible, papier, verre, métal et plastique propre sont traités différemment. Toutefois, le respect systématique de ce tri est peut-être moins dû à une forte conscience écologique des Japonais qu’à leur rapport général vis-à-vis des règles, bien moins souple qu’en France par exemple.
Il est à noter que la catastrophe de Fukushima a eu un effet violent sur les mentalités des populations japonaises. « Après l’accident, les Japonais ont dû faire d’énormes économies d’énergie en raison de la pénurie conséquente à l’arrêt des centrales nucléaires, par exemple l’air conditionné limité à 28°C en été et 20°C en hiver. Ce sont des pratiques quotidiennes qui sont restées encore aujourd’hui ancrées dans les esprits ».

Le système de tri des déchets japonais (Jorge – Wikimedia Commons)

Le système de tri des déchets japonais (Jorge – Wikimedia Commons)

Bataille institutionnelle

Cependant, malgré ces éléments positifs, force est de constater que la situation environnementale du Japon n’est pas rose, surtout en ce qui concerne la préservation de la nature. « Nous ne sommes plus dans cet esprit traditionnel de communion avec la nature. Si vous demandez à un Japonais, il vous dira aimer les paysages de son pays ; mais il y a un barrage à chaque rivière, toutes les côtes sont bétonnées, de plus en plus d’espèces animales et végétales sont en danger, les mers sont vidées de leurs thons, anguilles, baleines » alerte le professeur Ōta. « Le principal problème est la faiblesse de l’évaluation environnementale des projets ». En effet, si cette évaluation existe, elle est le plus souvent une caricature servant à légitimer le projet plutôt qu’à réellement prendre conscience de son coût écologique. De la même façon, l’avis de la population n’est que rarement réellement pris en compte : alors que près de 80% des Japonais sont favorables à une sortie du nucléaire, la politique actuelle est à la remise en route des centrales, pour deux d’entre elles fin 2015.
Il s’agit en fait d’une bataille institutionnelle entre deux pôles : d’un côté le ministère de l’Environnement, et de l’autre le METI (Ministère de l’Économie, du commerce et de l’industrie) et le ministère du Territoire et des transports. Il s’agit concrètement d’un rapport de force pour l’influence sur la politique nationale entre l’environnement et le développement, chacun accompagné de ses instances de lobbying (partis, ONG, associations, industrie)  ; or tant dans la classe politique que dans les institutions, le côté vert de la force peine à se faire entendre.

Le modèle japonais semble être celui d’une transition énergétique rendue difficile par la dépendance au nucléaire, où les principaux espoirs viennent de l’éco-modernisation par la technologie. Si celle-ci est un point fort pour le pays, la contestation du système productiviste n’est même pas du domaine du pensable. L’écologie ne se constitue pas en système de pensée global, et l’environnement reste une variable parmi d’autres. Le Japon reste une société d’hyper-consommation, et les politiques sont avant tout tournées vers la recherche d’une croissance disparue depuis vingt ans. Mais peut-être peut-on s’intéresser à une perspective développée par Hervé Kempf dans une chronique pour le MondeEcologie : le modèle japonais . « En fait, ce que le Japon nous apprend, c’est qu’une économie peut connaître durablement une croissance très faible, voire nulle, sans pour autant s’effondrer. D’ailleurs, quel sens aurait, pour une société parvenue à un niveau de richesse très élevé, enserrée dans une île étroite et sans guère de matières premières, très densément peuplée, quel sens, donc, aurait une augmentation continue de l’accumulation matérielle ? […] Dans un monde dont les limites sont de plus en plus apparentes, le Japon et sa jeunesse pourraient bien révéler ce que cela signifie de sortir de la croissance ».

Laissons donc au professeur Ōta un mot de la fin qui semble finalement être un écho de notre propre situation française : « Le Japon a le potentiel technologique et culturel d’être un pays respectueux de l’environnement. Ce qu’il manque aujourd’hui, c’est la volonté politique ».

Le premier article de la série : La culture de l’écologie au Japon

Professeur de sociologie (heures pleines) et économie (heures creuses).

Face à la violence, soyons humains

Depuis la mort de Rémi Fraisse, des rassemblements, où la tristesse s’est mêlée à la colère, ont eu lieu partout en France. Lors de plusieurs de ces rassemblements, des affrontements entre des « autonomes » et la police ont éclaté. S’est alors posée la question du rapport des écologistes avec ces militant.e.s violent.e.s : quelle attitude adopter quand on est pacifiste ? Alexis exprime dans La Souris Verte ses impressions sur la question.

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Ne transigeons pas avec la violence !

Depuis la mort de Rémi Fraisse, des rassemblements, où la tristesse s’est mêlée à la colère, ont eu lieu partout en France. Lors de plusieurs de ces rassemblements, des affrontements entre des « autonomes » et la police ont éclaté. S’est alors posée la question du rapport des écologistes avec ces militant.e.s violent.e.s : quelle attitude adopter quand on est pacifiste ? Camille* nous présente son point de vue sur la question.

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L’écologie du Soleil-Levant (1/3) : la culture de l’écologie au Japon

Nicolas est un jeune écolo expatrié au Japon depuis deux mois. Il a choisi de partager avec la Souris Verte ses réflexions sur l’écologie au Japon dans une série de trois articles. Au programme aujourd’hui : la culture japonaise et ses liens avec l’écologie.

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Professeur de sociologie (heures pleines) et économie (heures creuses).