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La Semaine Étudiante du Développement Durable (SEDD) ; des évènements écolos sur les campus !

La Semaine Étudiante du Développement Durable (SEDD) entame sa 4e édition du 18 mars au 19 avril 2019.

Depuis maintenant 4 ans, le REFEDD (Réseau Français des Étudiants pour le Développement Durable) propose de valoriser les actions et l’engagement étudiant durant la SEDD. Cet événement permet également de mobiliser les étudiant·e·s sur tout le territoire et de sensibiliser le monde étudiant aux enjeux et solutions du développement durable.

Le REFEDD en quelques mots

Le REFEDD est le Réseau Français des Étudiants pour le Développement Durable. Ils suivent deux principaux objectifs : que 100 % des étudiants soient sensibilisés et que 100 % des campus soient durables. Pour ce faire, ils s’appliquent à rassembler, à former les étudiant·e·s et les associations étudiantes mais aussi à porter leur voix aux niveaux locaux, nationaux voire internationaux (pendant les COP par exemple).

L’histoire de la Semaine Étudiante du Développement Durable

En 2003, le Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie lance la semaine du développement durable. En 2015, cette dernière devient la Semaine Européenne du Développement Durable et se déroule du 30 mai au 5 juin. Ne correspondant pas au calendrier universitaire, le REFEDD crée dès 2016, lors de la première semaine d’avril, la Semaine étudiante du Développement Durable. Néanmoins, afin d’offrir davantage de possibilités aux acteurs de cet événement, ils ont choisi d’élargir cette semaine à un mois dès l’année suivante.

La SEDD 2018 a réuni 428 événements sur toute la France, a touché 35 campus dont 4 à Lyon et 20 villes ont été impactées.

Qu’est-ce qui s’y passe ?

Lors de cette période, du 18 avril au 19 mai pour 2019, le REFEDD labellise tous les événements étudiants, associatifs ou institutionnels se rapportant à un des 17 objectifs développement durable des nations unies. Ainsi, les initiatives sont mises en lumières !

Les REFEDD apporte aux actrices et acteurs un soutien de communication (ils fournissent un kit de com et aident sur ce point) et un soutien logistique. Ils proposent également aux étudiant·e·s et aux associations étudiantes de les aider à financer leurs projets.

Le but du REFEDD : faciliter au maximum l’organisation des initiatives en faveur du développement durable sur les campus.

De plus, depuis l’année dernière, le REFEDD est corédacteur en chef invité sur le site du Ministère de l’éducation supérieure, de la recherche et de l’innovation pendant la semaine officielle (du 1er au 7 avril). En effet, le ministère laisse le contrôle de la ligne éditoriale du site internet etudiant.gouv aux étudiant·e·s engagé·e·s au REFEDD ! Ils et elles peuvent alors publier des articles sur les initiatives, ou directement proposer des articles. Le but de ce partenariat exclusif est de mettre en lumière l’engagement étudiant !

Comment fait-on pour participer ?

Toute personne souhaitant organiser un événement pendant la SEDD remplit un formulaire succinct sur le site de la SEDD, qui ouvrira fin février. Une fois acceptée, l’étudiant·e ou l’association reçoit un kit de communication, et, s’iel le souhaite, peut bénéficier d’une aide logistique (trouver une salle, un traiteur, ou ne serait-ce que réfléchir sur la mise en place de l’événement). S’il s’agit d’un·e étudiant·e ou d’une association étudiante, l’organisateur·trice peut aussi demander au REFEDD une aide financière pour la réalisation de son action.

Et surtout, afin d’être labellisé, l’événement doit répondre à un ou plusieurs des 17 Objectifs Développement Durable (ODD). En effet, le développement durable n’est pas uniquement l’environnement mais l’union de l’écologie, du social et de l’économie pour le développement de la société.

Schéma représentant les 3 piliers du Développement Durable

Quels sont les 17 Objectifs Développement Durables des Nations Unies ?

Les Nations Unies ont établi, en 2015, 17 objectifs développement durable :

Les 17 objectifs du développement durable, fixés par l’ONU

Ces Objectifs couvrent de multiples domaines. Le développement durable, afin qu’il soit efficace et complet ne s’axe pas uniquement sur la protection de l’environnement au sens strict. Par exemple, l’économie, l’égalité, l’éducation sont également des champs d’actions nécessaire au développement durable.

Pour davantage de clarté, 169 sous-objectifs ont été définis d’après les 17 objectifs principaux.

Pour plus de détails, le REFEDD a consacré un article aux ODD : http://refedd.org/objectifs-de-developpement-durable/

Rejoindre le mouvement !

La SEDD 2019 est encore à construire ! Alors, à vous de jouer ! Que tu sois dans une association ou non, tu peux organiser un événement qui te tient à cœur. Et pas de panique, si tu n’as pas beaucoup de temps ou que tu ne sais pas bien comment t’y prendre, le REFEDD s’engage à t’aider. Tu peux contacter par mail le groupe de Lyon : lyon[at]refedd.org et ils te soutiendront dans ta démarche !

 

La ZAD du Gabarn : et si “Babylone” était obsolète ?

En bordure de la N 134, à 30 km au sud-ouest de Pau dans les Pyrénées Atlantiques, se trouve l’une des plus jeunes et des plus petites ZAD de France. Quelques panneaux et inscriptions indiquent le chemin à prendre pour la rejoindre. Au bout d’une route de terre, à l’ombre des arbres, se dresse la Zone à Défendre du Gabarn.

Un hiver sans chauffage ni électricité

Je rejoins une dizaine de personnes afférées ou assises qui m’accueillent simplement et amicalement. « On a cru que tu étais de la police avec ta chemise bleue ! », me dit-on avec le sourire. Ici, l’ambiance est détendue mais la présence quotidienne des gendarmes rend les sourires un peu crispés. ” Ils viennent régulièrement sur la ZAD contrôler les allées et venues et relever les plaques. Il y a même des drones qui nous survolent. “

Plusieurs structures ont vu le jour sur la ZAD depuis quelques mois.

Éric et la dizaine d’occupant·e·s sont ici pour protester contre la réalisation du nouveau maillon de l’Axe E7 qui relierait la zone du Gabarn à la commune de Gurmençon en contournant Oloron Sainte-Marie. Un tronçon de 3,6 km de route nouvelle à deux et trois voies, dont la réalisation est estimée à 90 millions d’euros. Au cause du terrain accidenté, l’ampleur des travaux est telle qu’il faudrait franchir deux gaves (rivières) et creuser un tunnel. Le kilomètre est estimé à 24 millions d’euros, ce qui ferait de ce maillon de l’axe E7, la déviation la plus chère de France.

Des solutions alternatives existent. La ligne ferrovière d’Oloron à Bedous a été réouverte, alors pourquoi ne pas continuer à développer le train ? “. Une idée partagée par beaucoup d’habitant·e·s, exténué·e·s par le trafic routier.

Cette lutte acharnée contre la destruction de nombreux hectares de forêts et de terres agricoles s’est concrétisée il y a un peu plus d’un an par l’occupation de ce terrain, propriété d’un agriculteur sympathisant, qui a refusé de le céder à l’État et mis celui-ci à disposition de ses occupant·e·s. Malgré quelques actions de sensibilisation, les zadistes peinent à se faire entendre. ” Nous ne sommes pas beaucoup soutenus, nous aimerions que d’autres personnes prennent le relais sur place “.

” On vit comme tout le monde, sauf que nous, nous sommes dehors et autonomes. “

Depuis plus d’un an, la ZAD est habitée nuit et jour. Ils étaient trois irréductibles à tenir bon cet hiver, avec pour seul abri une caravane. ” C’était dur c’est certain, mais nous avons avancé depuis. Nous avons construit une cabane, installé des panneaux solaires, créé un potager… ” La vie s’organise petit à petit et une micro société prend forme.

L’électricité est fournie depuis quelques semaines par un panneau solaire.

” Ici, tout le monde est le bienvenu, ce qui n’est pas le cas forcément sur toutes les ZAD”, me dit Marie*, arrivée sur les lieux il y a quelques jours. ” On accueille des personnes très différentes, comme des diplômé·e·s, des personnes qui ont vécu en foyer, des anciens actif·ve·s… “.

Sur la ZAD du Gabarn, chacun·e vient avec son histoire et pose ses valises sans contreparties, ni interrogatoire. Les occupant·e·s vivent ensemble sur ce lopin de terre qu’ils et elles améliorent, cultivent, mais surtout qu’ils et elles respectent.

Tout le monde s’entraide. Celles et ceux qui ont à manger partagent leur nourriture, mais également les techniques pour en produire naturellement.

« On vit comme tout le monde, sauf que nous, nous sommes dehors et autonomes. On travaille ensemble, c’est beaucoup mieux. Avec la nature on peut tout faire”. 

Le potager nourrit la dizaine de personnes installée sur la ZAD

Un modèle de société marginalisé à tort

Quant au choix de ce mode de vie, il parait évident aux yeux de Marie. ” Il y a vraiment quelque chose qui ne va pas dans la société actuelle. Travailler comme tout le monde, te fondre dans le moule, avoir un crédit voiture …  Tout cela me parait incohérent. Moi, je veux cultiver mes produits, faire ma maison. Être complètement autonome en résumé. Mais en France, cela n’est pas possible. Il y a trop d’à-priori et de lois. Je compte partir en Espagne et m’acheter un terrain “.

Marie n’est pas la seule à s’imaginer partir ailleurs. Plusieurs occupant·e·s avouent en avoir parfois assez de vivre sans confort ni apports matériels conséquents.

Cette vie passée loin de la société urbaine contemporaine, appelée ” Babylone “, et de ses habitant·e·s, est vécue à 100% par Eric, Marie et les autres. Parfois usé·e·s, ils et elles ne regrettent rien et sont convaincu·e·s que cette expérience marquera leur vie.

Partage, solidarité, respect, ces valeurs sont indissociables au fonctionnement de toute société qui défend le bien-être humain et environnemental. Elles sont parfois brandies par des organismes qui espèrent par cette occasion se donner bonne conscience, mais elles sont bien réelles et régissent l’organisation de certains groupes, à l’image de la ZAD du Gabarn. Il est malheureusement dommage que ces communautés soient autant marginalisées, car c’est bien sur elles qu’il s’agit de prendre exemple si nous voulons lutter contre la folie grandissante de ce monde sans pitié.

*Marie ne souhaite pas communiquer son véritable nom.

Avenue de l’Europe COP21

Aujourd’hui, petit tour d’horizon dans Avenue de l’Europe autour de la COP21 ! Passage par le Danemark, les Pays-Bas et le Royaume-Uni pour comprendre si l’Europe est si vertueuse que cela en terme de protection de l’environnement et de réduction des gaz à effet de serre. N’hésitez par à regarder jusqu’à la fin pour voir l’intervention de Dany Cohn-Bendit, l’ancien député européen est en effet interrogé par Véronique Auger et donne son avis sur la COP21.

Envie de ce voyage vert en Europe ? Un simple clique et c’est parti !

J. Lebourgeois pour la rédac’

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Générations Cobayes : ou comment ne pas en être un ?

Simon étudiant de 23 ans et bénévole chez «  Générations Cobayes » nous parle de l’association :

« Générations Cobayes », qu’est ce que c’est ?

C’est une association qui a été créée en 2009 par un groupe de jeunes suite au décès de l’un d’entre eux . Leur objectif : sensibiliser les jeunes et les faire s’interroger aux questions de santé et d’environnement.

À qui s’adresse-t-elle et que propose-t-elle ?

Elle vise les 16-35 ans en leur expliquant comment les facteurs environnementaux et le mode de vie ont un impact direct sur leur santé.
Cette association propose des alternatives à la consommation individuelle, mais toujours en gardant un ton humoristique et décontracté.
Elle aborde aussi les défis sanitaires et environnementaux tels que les OGM, les additifs alimentaires, les perturbateurs endoctriniens en essayant d’en comprendre les enjeux et d’agir à son niveau.
Il y a également les ateliers « DIY » Do it Yourself ( ndlr : fais-le toi-même ) qui permettent de fabriquer ses propres cosmétiques comme, par exemple, comment se démaquiller à l’huile, fabriquer sa propre crème hydratante mais aussi sa propre déco, ses vêtements etc…

Aperçu d'un atelier de fabrication de cosmétiques « DIY »

Aperçu d’un atelier de fabrication de cosmétiques                                 « DIY »

Combien de personnes touche-t-elle ?

On compte 40 000 « sensibilisés » en France,c’est à dire autant de personnes suivant « Générations Cobayes » sur les réseaux sociaux (Twitter, Facebook etc..) et 650 « engagés » dans le mouvement, c’est-à-dire participant aux actions et s’investissant dans l’association.
Par exemple, cette année suite au « Tour de France de l’éco-orgasme » 12 nouvelles antennes de l’association se sont créées dans des villes étudiantes comme Caen , Rennes, Lille ou Lyon et c’est une belle réussite !

Un membre de Génération Cobayes lors du Tour de France de l' « éco-orgasme »

Un membre de Génération Cobayes lors du Tour                  de France de l’ « éco-orgasme »

Comment entrer en contact avec l’association ?

Vous pouvez nous contacter via le site : www.generationscobayes.org ou sur notre page Facebook ou encore sur notre Twitter @gcobayes.

Propos recueillis par Louise H.

Louise, étudiante de 21 ans, enjouée, dynamique et ouverte sur le monde qui aimerait que les générations futures y trouvent aussi leur compte !

L’abeille, sentinelle de l’environnement

Le 4 décembre 2014 se tenait à Montpellier le café de la biodiversité, qui comme à chaque fois nous en apprend beaucoup sur la nature et notre rapport à celle-ci. Cette fois-ci, la rencontre s’est concentrée autour des abeilles, si importantes pour l’équilibre de nombreux écosystèmes. Guillaume y était et nous raconte tout :

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Les Anciens racontaient que le jeune Pindare, lors d’un de ses voyages, s’assoupit sous un arbre. Pendant que Morphée lui donnait accès aux rêves, des abeilles vinrent déposer sur ses lèvres, sans lui faire de mal, un peu de leur nectar. Ce présage destina Pindare a devenir l’un des plus grands poètes de son temps, ses paroles, dit-on, étant aussi douces aux oreilles que le goût du miel en bouche.

Il y a plus longtemps encore -environ 100 millions d’années- un insecte se posa sur une plante à fleur et pour la première fois… la pollinisa ! Cet insecte, c’est l’abeille ; cette pollinisation, une révolution dans le monde de la biodiversité. Elle fertilisa, dans le mythe, les lèvres du poète et aujourd’hui, elle continue à féconder, par la pollinisation, 80% des espèces de plantes à fleurs de notre planète, soit 20 000 espèces. Son rôle est celui de sentinelle, de gardienne d’un équilibre millénaire entre les écosystèmes naturels. « Sans elle, sans l’une des plus belles histoires d’amour entre un insecte et une plante, le monde que nous connaissons aujourd’hui n’aurait jamais été. », nous explique Henri Clément (*), apiculteur et porte-parole de l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF).

En effet, l’abeille contribue non seulement au renouvellement de la biodiversité mais à la vie quotidienne de l’homme. La diversité de notre agriculture dépend d’elle, et par conséquent, la production alimentaire : 35% de la quantité de notre alimentation et 65% de sa diversité dépendent à 85% des abeilles. Si l’abeille disparaissait, il n’y aurait plus que du pain et du riz dans nos assiettes. Rien de bien varié me direz-vous… L’alimentation animale elle-même dépend de cette pollinisation. La disparition de l’abeille n’est donc pas souhaitable, n’est-ce pas ? Mais c’est pourtant ce qui est en train de se produire. En Europe, 30% à 40% des abeilles ont été décimés en moins de 10 ans, soit, en France, l’équivalent de 350 000 ruches par an. Le taux de mortalité est passé de 5-6% par an à 30% aujourd’hui. De même qu’une reine ne vit plus que deux à trois ans au lieu de quatre ou cinq ans. Cela sans parler d’une baisse de la fécondité record et de la disparition alarmante des butineuses. Ce sont les effets CCD – « Colony Collapse Disorder », les syndromes d’effondrement des colonies d’abeilles, phénomène de mortalité anormale et récurrente des colonies d’abeilles domestiques. Ce n’est pas seulement l’Europe et la France qui sont touchées par ce phénomène depuis 1998. Non. Ce dernier est mondial ! Et d’autant plus difficilement mesurable du fait que les abeilles ne meurent plus devant la ruche mais dans les champs. Mais que se passe-t-il ? Ma question est candide, puisque vous le savez évidement. L’emploi massif des insecticides, des herbicides et des fongicides, le recours aux cultures intensives et à la monoculture – un désert sans fleur des champs – sont les fléaux de la biodiversité végétale et de ses sentinelles. Cette catastrophe a pour premières victimes ces dernières : c’est au total plus de 14 milliards d’abeilles qui ont péri depuis 1997 en France. Les raisons ? Des poison qui coule à flot dans nos champs et une pauvreté florale qui sont à l’origine d’une faiblesse immunitaire chez l’abeille. Imaginez l’hécatombe si l’on y ajoute aux domestiques les abeilles solitaires et autres pollinisateurs sauvages ! L’environnement se dégrade, c’est un fait, et tout particulièrement en France qui est le premier consommateur en pesticides d’Europe, et le troisième dans le monde.

engrais

« Nous avons la volonté nécessaire pour affronter ces disparitions qui touchent nos cheptels. », nous dira Henri Clément. Les apiculteurs, pâtres de nos abeilles domestiques, reconstituent chaque année des milliers de ruches et se refusent de perdre courage. C’est ainsi que l’UNAF, qui regroupe 22 000 apiculteurs aujourd’hui sur 70 000 en France, s’est créée : défendre la cause de l’apiculture française et sauvegarder les superfamille des Apoidea. Sans ces femmes et ces hommes, la pollinisation des cultures maraîchères, arboricoles, fourragères et florales seraient impossibles puisqu’on les sollicite fréquemment en période de floraison pour polliniser certains espaces tant la disparition des pollinisateurs sauvages est importante. Une abeille peut en une journée récolter le nectar et le pollen de près de 225 000 fleurs ! Sans abeille et sans pollinisateurs sauvages, l’homme serait-il capable d’assumer cette industrieuse tâche ? On estime une chute de 30% de certaines productions agricoles si les abeilles venaient à manquer, d’où des réservations pour polliniser les champs. La pollinisation est entrée dans les exploitations et le sort de l’abeille commence à inquiéter les pouvoirs publics.

Mais il s’agit moins d’un intérêt pour leur survie que pour leur pouvoir de pollinisation. Néanmoins, la résistance est en marche et les apiculteurs, assisté de l’UNAF, furent parmi les premiers à alerter les pouvoirs publics sur la disparition progressive des insectes pollinisateurs sauvages et sur la dangerosité de nouveaux produits qui ont des effets néfastes sur le comportement et la santé de l’abeille : des pesticides comme le ”gaucho” (sur les plantations de tournesols) puis le ”regent” (sur les plantations de maïs) ont été interdits d’utilisation depuis 2005, remettant ainsi en cause les procédures d’homologation de ces produits. Mais le danger de ces pesticides est toujours présent dans nos sols et pourra se manifester sous d’autres noms. Ce sont pourtant les apiculteurs qui ont été accusés à tort de cette surmortalité dans un premier temps. Il est temps de rétablir la vérité ! Ce n’est pas « l’incapacité » des apiculteurs qui est la cause de la disparition de leurs cheptels mais un système qui n’est pas viable, ni durable. Ne méprisons plus ce travail et cette passion pourtant d’avenir, profondément ancré dans des terres et des pays. Ne sous-estimons plus ce lien puissant qui unit des hommes et des femmes avec un patrimoine antérieur à l’Histoire de l’humanité. Les abeilles retrouvent leur titre de noblesse aujourd’hui ainsi qu’un rôle dans nos débats.

L’entendez-vous, ce bourdonnement ? Il est faible mais bien présent. Il nous questionne sur un rapport que nous avons oublié, celui qui existait entre l’Homme et la Nature et que nous nous devons de re-découvrir. L’abeille est une leçon de vie si on sait l’observer.

évolutions

Questions du public :

→ Est-ce vrai que les ondes de nos portables sont néfastes aux abeilles ? Les ondes les désorienteraient-elles ?

H. C : « Les savants y croient de moins en moins. Les abeilles se portent bien à Paris où les ondes sont pourtant très présentes. Dans certains espaces où le CCD touche des cheptels, il n’y a quasiment pas d’onde. Ce n’est donc pas, pour moi, une piste pour comprendre la disparition des abeilles. »

→ Nous venons d’évoquer Paris. Que pouvez-vous nous dire de l’impact des villes sur les abeilles ?

H. C : « Les colonies d’abeilles s’y portent bien mieux que dans les zones de grandes cultures ! La pollution ne semble pas avoir un effet aussi néfaste qu’on peut le croire sur la qualité du miel. Celui de l’Opéra de Paris peut en être la preuve. Cela demeure surprenant. Mais il faut savoir que lorsqu’on retrouve dix-sept à dix-huit pollens différents à Paris, nous n’en retrouvons que cinq seulement dans la Beauce à cause de l’agriculture intensive. De quoi laisser songeur. Cette bonne adaptation de l’abeille en ville a permit à l’UNAF d’y implanter quelques ruches pour sensibiliser le public sur la situation de l’apiculture en France, dans le cadre de notre programme ”Abeille, sentinelle de l’environnement”. Dans les ruchers urbains, nous pouvons installer six à huit ruches, que nous installons dans les espaces verts et sur les toits des établissements de nos partenaires(**). »

→ Comment diffusez-vous votre message ?

H.C : « Essentiellement par les principaux concernés : les apiculteurs. La moitié de la production de miel est vendu du producteur au consommateur, ce qui permet de discuter. Le public nous soutient mais ignore beaucoup de choses. Il est indispensable de mettre en place un programme de sensibilisation et d’information des médias, du grand public et des politiques. L’installation de ruches en ville, la programmation de journées APIdays (découverte du métier d’apiculteur au grand public) ou de conférences-débats comme celle-ci, peuvent jouer ce rôle. Il y trois piliers à mon avis pour permettre de pousser les actions. Le scientifique, qui apporte les preuves de ce que nous avançons. Le juridique, qui est un levier quand nous ne sommes pas entendus. Et l’oreille médiatique, qui exerce une pression sur les politiques. Mais c’est également heurter un lobby considérable car il y également des enjeux financiers. Pour le Ministère de l’agriculture, la question apicole doit être rangée dans un tiroir car elle dérange. »

→ N’avez-vous pas peur d’un effet de mode ?

H. C : « Il est vrai que certains prétextent l’abeille pour se faire du miel… euh du blé. Il existe des dérives, comme celui du prix des essaims. C’est la contrepartie du succès acquis pour la protection des abeilles ».

→ En parlant de dérives, certains apiculteurs n’en commettent-ils pas ?

H. C : « Malheureusement oui. L’apiculture a profondément changé en trente ans. Dans certains pays, le miel est toujours considéré comme une denrée rare et noble, comme au Maroc ou en Syrie. C’est tout l’inverse avec certains apiculteurs américains. C’est une véritable entreprise dans leur cas : 20 à 30 000 ruches par apiculteurs ! C’est déraisonnable car on pousse l’abeille à produire toujours plus. Le bourdonnement des abeilles n’est pas le bruit des dollars qui tombent ! »

→ On parle d’une « honte des apiculteurs ». Pourtant, ils n’y sont pour rien dans la perte de leurs cheptels. Comme un travailleur qui perd son emploi, ils se sentent obligés de cacher ces pertes dans un premier temps car ils en ont honte. Qu’est ce qui est fait pour soutenir un apiculteur et pour lui enlever le poids de cette honte injustifiée ?

Henri Clément : « … Rien. Aucune aide de la part de l’Etat. C’est un véritable traumatisme pourtant ! Les recherches néanmoins apportent des réponses pour expliquer ce phénomène. Mais ils ne reçoivent aucun soutien et tout ce que le ministère de l’agriculture a à dire c’est que ce phénomène est ”multifactoriel”. Multifactoriel… autant dire que l’on ne tire aucune leçon ».

→ Comment pouvons-nous reconstituer les stocks ?

H. C : « Monsanto a acheté en Nouvelle Zélande, l’entreprise la plus grande productrice de reines. Monsanto ?! Rien de louche ? Autre cas. Les Japonais sont en train d’imaginer une abeille sans dard. En France encore, des chercheurs tentent de créer des abeilles OGM qui résisteraient aux pesticides. Dans d’autres pays, on se pose la question d’un drone qui jouerait le rôle de pollinisateur. Arrêtons un instant. Tout ceci n’est qu’un leurre ! La mortalité de nos abeilles signifie quoi ? La dégradation de l’environnement ! Il faut arrêter d’homologuer des produits sans prendre conscience de leurs dangers. Il faut réorienter notre modèle agricole vers l’agronomie, mettre fin à la monoculture, se débarrasser des OGM. »… Il faut réinventer notre monde.

→ Albert Einstein a dit un jour : « Si les abeilles disparaissaient de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre ». Est-ce vrai ?

H. C : « Je vous avouerai que je ne pense pas qu’il est dit cette phrase un jour. Mais ce qui est dit à un fond de vrai. Savez-vous quelle quantité de miel en moyenne consomme un français par an ? 600 g. Vous semblez étonné. Oui, c’est peu. Il ne semble donc pas, à première vue, que la perte de l’abeille soit une catastrophe dans la vie de l’homme. Détrompez-vous. Si les pollinisateurs disparaissaient, notre vie changerait du tout au tout. La qualité de notre alimentation se réduirait considérablement. Nous aurions moins de fruits et moins de légumes dans nos assiettes. N’oublions pas le lien qui existe entre le pollinisateur et la fleur ; la fleur est le fruit à maturation. »

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→ Quelles conséquences depuis l’arrivée du frelon asiatique en France ?

H. C : « Lorsque le frelon asiatique est arrivé sur le territoire français, les apiculteurs ont alerté les Ministères. Mais ces derniers n’ont pas agit. Aujourd’hui, le frelon asiatique a colonisé toute l’Europe, de la Belgique à l’Espagne. Quelles conséquences ? Les frelons asiatiques tuent les abeilles pour nourrir leurs larves. Sa présence à l’entrée des ruches stresse les abeilles qui n’osent plus sortir. La population vieillit et la reine devient moins productive en raison du manque de nourriture. Mais ce n’est pas le seul ennemi de l’abeille. Il y a également le varoi, un acarien qui parasite et affaiblit les abeilles. »

(*) Henri Clément fut le président de l’UNAF -Union Nationale de l’Apiculture Française- de 1996 à 2011. Il en est aujourd’hui le porte-parole. Il est actuellement en charge de la revue Abeilles et fleurs et du programme ”Abeille, sentinelle de l’environnement” afin de sensibiliser le public et les médias sur le rôle fondamental de l’abeille dans notre biodiversité. Il occupe aussi la fonction de président dans le Syndicat apicole de Lozère.

(**) Les partenaires de l’UNAF sont autant publics que privés. Il peut s’agir de collectivités territoriales, dont fait partie la ville de Montpellier, ou d’entreprises ainsi que des PME/ PMI françaises.

Quelques sites à visiter :

La charte pour la survie des abeilles et la sauvegarde de la biodiversité

UNAF sur Facebook

Un article connexe sur La Souris Verte :

Les ruches à miel, une fausse-bonne idée

Quelques films-documentaires sur cette question :

Des abeilles et des hommes :

Le silence des abeilles :

Crédits photos : D.R.

Guillaume Poinsignon

L’écologie du Soleil-Levant (2/3) : Les pratiques environnementales au Japon

Nicolas est un jeune écolo expatrié au Japon depuis deux mois. Il a choisi de partager avec la Souris Verte ses réflexions sur l’écologie au Japon dans une série de trois articles. Au programme aujourd’hui : les pratiques et les politiques japonaises quant à l’environnement, avec le professeur Hiroshi Ōta, enseignant en politiques environnementales à Tokyo.

Les Japonais se définissent volontiers comme « écolos », même s’il n’existe pas vraiment de traduction littérale de ce terme. Le gouvernement par ses politiques, l’industrie par son innovation, et le peuple par ses actions quotidiennes, ont une façon de percevoir et de pratiquer l’écologie parfois intéressante.

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Ōta-sensei dans son bureau surchargé de livres et d’objets improbables (photo : N.D.)

Le pays du Soleil Levant est, par essence, confronté à des défis environnementaux. Dès les années 50 et 60, le Japon a été confronté à de graves problèmes de pollution industrielle, et a réussi à en venir à bout par des politiques gouvernementales appropriées. Pour le professeur Hiroshi Ōta, enseignant en politiques de l’environnement à la prestigieuse université de Waseda (Tokyo), la résolution de ces problèmes passe essentiellement par un « système légal approprié et complet, pour compenser les dommages et faire payer les pollueurs ». Aujourd’hui encore, les victimes de l’empoisonnement au mercure de la baie de Minamata dans les années 50 sont indemnisées.

« Notre principal atout en matière d’environnement est le volet technologique, ce qu’on appelle l’éco-modernisation », explique le professeur Ōta. En effet, le Japon est à la pointe de la technologie dans bien des matières. Premièrement en ce qui concerne les énergies renouvelables, et notamment le solaire : sur les 19,45 millions de kilowatts renouvelables produits par l’archipel, environ 5 millions proviennent du solaire. Les méga-centrales solaires, souvent offshore, fleurissent partout au Japon, et le pays est leader international dans la production de panneaux photovoltaïques.
La géothermie n’est pas en reste, le Japon étant une des régions les plus volcaniques du monde ; la centrale géothermique de Hatchobaru est une des plus grandes du monde. C’est d’ailleurs la récupération de l’énergie des sources chaudes qui est un des grands espoirs énergétiques de la région sinistrée de Fukushima.

centrale solaire

La centrale solaire d’Aikawa (Σ64 – Wikimedia Commons)

Le génie technologique japonais s’exerce également dans le domaine des réductions d’énergie : électroménager, télévision, automobile (Toyota est leader mondial de la voiture hybride). Cette recherche découle logiquement de la rareté des ressources fossiles de l’archipel. Depuis 1979, une loi oblige les industriels à augmenter de 1% chaque année leur efficacité énergétique. Toute usine doit avoir au moins un employé dédié à cette problématique. Le professeur Ōta attire également l’attention sur la loi dite du « top-runner », en vigueur depuis 1988 : « tout nouveau modèle créé par une industrie doit, sinon surpasser, au moins égaler les performances du modèle le plus économe du marché. Cela garantit des innovations constantes en matière d’efficacité énergétique ». Ainsi, aujourd’hui, un Japonais consomme chaque année en moyenne deux fois moins d’énergie qu’un Américain.
Il est néanmoins amusant de relever quelques paradoxes : le professeur Ōta explique que les techniques d’économie d’énergies sont particulièrement efficaces en ce qui concerne… les sièges chauffants pour toilettes, technologie apparaissant peu nécessaire à nos yeux d’Européens.

Le Japon, bon élève des politiques environnementales ?

Le Japon est l’un des premiers pays à avoir adopté un « plan de base pour l’environnement ». C’est en 1993, après le sommet de la Terre à Rio, qu’est votée la « loi de base pour l’environnement », qui tente non seulement de définir une ligne gouvernementale mais également d’inclure au maximum les collectivités : associations, entrepreneurs et citoyens. C’est le deuxième Plan de base pour l’environnement, adopté en 2000, qui consacre le « passage de l’idée à l’action » et la « garantie d’exécution », avec des programmes stratégiques précis et des mesures contre le réchauffement climatique. Il sera lui-même suivi du Troisième plan pour l’environnement en 2006, qui inclut des objectifs chiffrés sur le long terme : réduction des émissions de CO2 de 25% en 2020, augmentation de l’efficacité énergétique de 35% en 2030, réduction de la dépendance au pétrole de 40 en 2030… L’objectif en 2050 était d’atteindre 70% d’énergie « propre ».

(DeltaWorks - CC0 Public Domain)

(DeltaWorks – CC0 Public Domain)

Ces plans ont eu des effets concrets. Par exemple, d’après le « livre blanc » publié par le ministère de l’Environnement, si en 2000 le Japon utilisait 1,92 million de tonnes de ressources naturelles par an, en 2011, ce chiffre est tombé à 1,33 million. La productivité des ressources (PIB/tonnes de ressources naturelles) a augmenté de près de 50% sur la même période. De même, les chiffres du recyclage de l’eau et des déchets sont en hausse.
Néanmoins, comme le souligne le professeur Ōta, « si le parti démocrate du Japon [ndlr : le parti de centre-gauche, au pouvoir de 2009 à 2012] prévoyait des objectifs ambitieux, ce programme s’appuyait essentiellement une augmentation de l’utilisation de l’énergie nucléaire. Aussi, depuis la catastrophe de Fukushima en 2011, il n’y a plus de réelle politique énergétique ». En effet, aujourd’hui, toutes les centrales nucléaires japonaises sont à l’arrêt, et le manque a été entièrement comblé par des importations d’hydrocarbures.

Le gouvernement japonais met également un point d’honneur à intégrer le peuple dans la protection de l’environnement. Des campagnes d’éducation à l’écologie et à l’étude des sciences environnementales sont menées dans des lieux très divers comme les écoles, les centres régionaux, les lieux de travail, les foyers… Il est très fréquent qu’en faisant mon footing dans le parc non loin de chez moi, je rencontre une ribambelle de jeunes enfants guidés entre les arbres par leur professeur.
Le ministère de l’environnement émet également chaque année un « livre blanc de l’écologie », un rapport annuel destiné à informer les citoyens de l’état de l’environnement au Japon et des politiques en cours destinées à sa préservation.
« De cette éducation, et de l’esprit traditionnel japonais, résulte le fait que les individus se sentent très concernés par l’environnement », souligne Hiroshi Ōta. « Un exemple en est le recyclage ; le tri entre les cinq containers est systématique chez les Japonais ». Logique conséquence de l’esprit mottainai évoqué dans l’article précédent. En effet, les années 60 voient une croissance forte, et le pays du Soleil-Levant est rapidement confronté à un problème de gestion des déchets. Ce recyclage est bien plus poussé qu’en France : combustible, papier, verre, métal et plastique propre sont traités différemment. Toutefois, le respect systématique de ce tri est peut-être moins dû à une forte conscience écologique des Japonais qu’à leur rapport général vis-à-vis des règles, bien moins souple qu’en France par exemple.
Il est à noter que la catastrophe de Fukushima a eu un effet violent sur les mentalités des populations japonaises. « Après l’accident, les Japonais ont dû faire d’énormes économies d’énergie en raison de la pénurie conséquente à l’arrêt des centrales nucléaires, par exemple l’air conditionné limité à 28°C en été et 20°C en hiver. Ce sont des pratiques quotidiennes qui sont restées encore aujourd’hui ancrées dans les esprits ».

Le système de tri des déchets japonais (Jorge – Wikimedia Commons)

Le système de tri des déchets japonais (Jorge – Wikimedia Commons)

Bataille institutionnelle

Cependant, malgré ces éléments positifs, force est de constater que la situation environnementale du Japon n’est pas rose, surtout en ce qui concerne la préservation de la nature. « Nous ne sommes plus dans cet esprit traditionnel de communion avec la nature. Si vous demandez à un Japonais, il vous dira aimer les paysages de son pays ; mais il y a un barrage à chaque rivière, toutes les côtes sont bétonnées, de plus en plus d’espèces animales et végétales sont en danger, les mers sont vidées de leurs thons, anguilles, baleines » alerte le professeur Ōta. « Le principal problème est la faiblesse de l’évaluation environnementale des projets ». En effet, si cette évaluation existe, elle est le plus souvent une caricature servant à légitimer le projet plutôt qu’à réellement prendre conscience de son coût écologique. De la même façon, l’avis de la population n’est que rarement réellement pris en compte : alors que près de 80% des Japonais sont favorables à une sortie du nucléaire, la politique actuelle est à la remise en route des centrales, pour deux d’entre elles fin 2015.
Il s’agit en fait d’une bataille institutionnelle entre deux pôles : d’un côté le ministère de l’Environnement, et de l’autre le METI (Ministère de l’Économie, du commerce et de l’industrie) et le ministère du Territoire et des transports. Il s’agit concrètement d’un rapport de force pour l’influence sur la politique nationale entre l’environnement et le développement, chacun accompagné de ses instances de lobbying (partis, ONG, associations, industrie)  ; or tant dans la classe politique que dans les institutions, le côté vert de la force peine à se faire entendre.

Le modèle japonais semble être celui d’une transition énergétique rendue difficile par la dépendance au nucléaire, où les principaux espoirs viennent de l’éco-modernisation par la technologie. Si celle-ci est un point fort pour le pays, la contestation du système productiviste n’est même pas du domaine du pensable. L’écologie ne se constitue pas en système de pensée global, et l’environnement reste une variable parmi d’autres. Le Japon reste une société d’hyper-consommation, et les politiques sont avant tout tournées vers la recherche d’une croissance disparue depuis vingt ans. Mais peut-être peut-on s’intéresser à une perspective développée par Hervé Kempf dans une chronique pour le MondeEcologie : le modèle japonais . « En fait, ce que le Japon nous apprend, c’est qu’une économie peut connaître durablement une croissance très faible, voire nulle, sans pour autant s’effondrer. D’ailleurs, quel sens aurait, pour une société parvenue à un niveau de richesse très élevé, enserrée dans une île étroite et sans guère de matières premières, très densément peuplée, quel sens, donc, aurait une augmentation continue de l’accumulation matérielle ? […] Dans un monde dont les limites sont de plus en plus apparentes, le Japon et sa jeunesse pourraient bien révéler ce que cela signifie de sortir de la croissance ».

Laissons donc au professeur Ōta un mot de la fin qui semble finalement être un écho de notre propre situation française : « Le Japon a le potentiel technologique et culturel d’être un pays respectueux de l’environnement. Ce qu’il manque aujourd’hui, c’est la volonté politique ».

Le premier article de la série : La culture de l’écologie au Japon

Professeur de sociologie (heures pleines) et économie (heures creuses).