europe

Rencontre les Spitzenkandidaten écologistes : Ska Keller

La députée Européenne Allemande Ska Keller a été désignée avec Bas Eickhout comme Spitzenkandidat (tête de liste) pour le Parti Vert Européen

Traduit de l’anglais de cet article de l’Ecosprinter le journal de la fédération des jeunes verts européens !

Le Parti Vert Européen a désigné ses deux têtes de listes pour mener la campagne des européennes, à savoir Bas Eickout et Ska Keller. Nous vous proposons une interview Ska Keller. Vous pouvez retrouver l’interview de Bas Eickhout ici !

Pouvez-vous identifier quelques changements de politique que vous souhaitez apporter, susceptibles d’améliorer la qualité de vie des jeunes européen·e·s et de leur donner une vision positive de l’avenir ?

C’était normal pour moi de m’intéresser aux événements qui m’entouraient et d’essayer de les changer. C’est le sujet de la politique. Je dirais que cet intérêt s’était déclenché au début de mon adolescence, lorsque j’ai suivi ma passion pour le bien-être des animaux et puis adhéré au groupe contre le racisme dans ma ville. J’ai découvert le parti écologiste par hasard – il n’y avait pas de groupe local – mais j’ai su aussitôt avoir trouvé mon foyer politique. C’était il y a 17 ans, et depuis lors, je suis active auprès de Jeunes Écologistes, y compris la FYEG bien sûr, et plus tard dans le parti écologiste.

Pensez-vous qu’on ait besoin de plus de jeunes au Parlement Européen et pourquoi ?

Certainement ! Bien que les choses se soient améliorées et que le Parlement européen ne soit plus un lieu de stockage pour des politiciens lorsque le parti ne sait pas quoi en faire au niveau national, le député européen moyen reste un homme blanc âgé. Pourtant le Parlement devrait représenter la société ! Nous avons besoin de beaucoup plus de diversité au Parlement et de beaucoup plus de jeunes en politique en général. Après tout, ce que nous décidons aujourd’hui affectera les jeunes beaucoup plus longtemps que les personnes âgées. Pour réaliser cet objectif, nous avons besoin d’organisations de jeunesse comme la FYEG, où les gens peuvent tester et discuter leurs idées, améliorer leurs compétences et essayer de nouvelles méthodes plutôt qu’être assimilés à une politique d’antan. Les partis doivent être ouverts et prêts à changer leurs habitudes tout en encourageant leurs jeunes membres.

Nous avons besoin de jeunes figures à la tête des partis et de listes pour montrer que cela est possible. Plus important, nous avons besoin de changer comment nous faisons de la politique, et la rendre inclusive et ouverte.

Vous pensez que votre propre parti national en fait assez pour assurer la représentation des jeunes dans la politique européenne ?

Les Verts allemands viennent de voter sur leur liste européenne et elle inclut cinq candidat·e·s de moins de 40 ans sur les 10 premières places. Et sur un total de 40 places, 19 candidat·e·s ont moins de 40 ans. Nous avons également trois ancien·ne·s porte-paroles du FYEG sur la liste et beaucoup d’entre eux qui ont participé ou sont encore impliqué·e·s encore au sein des Jeunes Verts en Allemagne. De plus, durant nos dernières élections régionales, nous avons eu de Jeunes Vert·e·s élu·e·s et on a cassé des records d’âge au Parlement. Notre candidat en tête de liste en Bavière était trop jeune pour devenir légalement Premier ministre. Heureusement que nous sommes seulement arrivé·e·s en deuxième position ! 😉 En revanche, cela montre également que les lois doivent encore être modifiées, car on ne peut pas vraiment justifier pourquoi un premier ministre doit avoir au moins 40 ans.

Les Grünen de Bavière sont devenus la deuxième force politique du Länder

Pouvez-vous identifier quelques changements de politique que vous souhaitez apporter, susceptibles d’améliorer la qualité de vie des jeunes européen·e·s et de leur donner une vision positive de l’avenir ?

En général, toutes les politiques affectent les jeunes, nous devrions donc veiller à inclure le point de vue de jeunes dans tout ce que nous faisons. Plus particulièrement, nous avons besoin de répondre à la situation sociale des jeunes, afin qu’ils et elles ne passent pas du système éducatif au chômage, à des stages d’exploitation, ni à des emplois précaires, qui sont, malheureusement, trop fréquents. Les États membres doivent mettre en œuvre « la garantie pour la jeunesse » afin de garantir de bons emplois pour les jeunes et les stages doivent être réglementés.

Nous, les Verts, avons toujours prôné qu’Erasmus devait être une opportunité pour toutes et tous et pas seulement pour les étudiant·e·s aisé·e·s. Il est temps qu’Erasmus + devienne une réalité pour toutes et tous. Pour moi, la participation des jeunes est une question primordiale. Les jeunes doivent être entendu·e·s et doivent pouvoir défendre leurs intérêts.

Quels sont vos objectifs en tant que Spitzenkandidat ou eurodéputée dans les 5 prochaines années ?

Il existe trois grands défis où nous devons nous battre: premièrement, le changement climatique et la perte de biodiversité. Nous avons peu de temps pour agir avant de faire face à une catastrophe climatique. Cela dépend maintenant de la volonté politique. Le sommet sur le climat de Katowice est un terrain d’essai. L’Union européenne doit faire preuve d’un véritable leadership dans ce domaine. L’autre épreuve est le Conseil Européen : les États membres seront-ils prêts à se conformer aux objectifs plus ambitieux du Parlement européen, par exemple en ce qui concerne les émissions des voitures ? Pour cela, nous avons besoin de pressions politiques.

Deuxièmement, nous devons construire une Europe sociale. L’Union européenne s’est trop longtemps concentrée sur les règles économiques et les marchés – notamment parce que les États membres ne souhaitent pas faire d’efforts collectif dans le domaine social. Nous devons enfin mettre les objectifs sociaux au même niveau que les règles économiques et désormais imposer des normes minimales obligatoires pour les revenus et les soins de santé dans toute l’Europe.

Enfin, l’Union Européenne doit être capable de défendre la démocratie et l’état de droit sur tout son territoire. Ces principes fondamentaux sont attaqués dans plusieurs États membres et les citoyen·ne·s comptent, à juste titre, sur l’UE pour protéger leurs droits. Nous devons développer des mesures pour sauvegarder ces droits.

Pouvez-vous nous parler d’un ou d’une jeune personnalité·e politique qui vous inspire et nous expliquer pourquoi ?

Greta Thunberg. Je la trouve très inspirante parce qu’un jour, elle a décidé elle-même, sans planification ni organisation, de faire quelque chose de courageux : faire en grève à l’école pour le climat. Elle ne savait pas comment cela pourrait finir et elle était prête à risquer des complications dans sa vie personnelle. Elle nous rappelle que c’est à chacun·e de faire entendre sa voix et de prendre des mesures dans la lutte contre la catastrophe climatique.

Greta Thunberg avec le secrétaire général de l’ONU à la COP24.

Membre de partis écologistes écossais et français, je viens de Glasgow, mais reste à St Gaudens et travaille en tant qu'assistant de langue au lycée et au collège. Ancien co-organisateur des jeunes écologistes écossais aussi!

Rencontre les Spitzenkandidaten écologistes : Bas Eickhout

Le député Européen néerlandais Bas Eickhout a été désigné avec Ska Keller comme Spitzenkandidaten (tête de liste) pour le Parti Vert Européen

Traduit de l’anglais de cet article de l’Ecosprinter le journal de la fédération des jeunes verts européens !

Le Parti Vert Européen a désigné ses deux têtes de listes pour mener la campagne des européennes, à savoir Bas Eickout et Ska Keller. Nous vous proposons une interview Bas Eickhout. Vous pourrez retrouver l’interview de Ska Keller prochainement !

Quand avez-vous décidé de faire de la politique, et pourquoi ?

Durant ma scolarité, l’écologie et la nature me captivaient déjà. J’ai vite compris en étudiant la chimie et les sciences environnementales que j’ai voulu épauler la lutte contre le changement climatique non seulement par la science, mais aussi dans la sphère politique internationale. Les conséquences du changement climatique sont trop graves pour attendre que le marché devienne durable de lui-même. En tant qu’homme politique, je voulais m’opposer aux intérêts particuliers des secteurs des combustibles fossiles,des voitures, des avions. C’est ce dont je me suis occupé et je continuerai cette lutte.

Pensez-vous qu’on ait besoin de plus de jeunes au Parlement Européen et pourquoi ?

C’est certain que nous avons besoin de plus de jeunes dans la politique européenne. Le Parlement Européen prend les décisions sur les lois qui façonnent le futur de l’UE. La nouvelle génération a de meilleures chances de rompre avec d’anciennes politiques qui avaient échoué, qui ont volé les opportunités d’avoir un bon travail et une vie saine et satisfaite de millions des personnes. Si cela ne tenait qu’aux jeunes, il n’y aurait pas eu de Brexit, et nous aurions des mesures plus ambitieuses en matière de climat. Je poursuivrai à écouter les voix et les intérêts des jeunes et des prochaines générations.

Vous pensez que votre propre parti national en fait assez pour assurer la représentation des jeunes dans la politique européenne ?

Aux Pays-Bas, le leader de Groenlinks a 32 ans, ce qui illustre les opportunités que mon parti offre aux jeunes. Mais ce n’est pas seulement lui : avec le mouvement que nous avons construit, il a réussi à mobiliser des milliers de jeunes pour qu’ils participent à la vie politique et votent pour la première fois. J’espère que nous pourrons poursuivre sur cette lancée lors des élections européennes afin de renforcer la voix des jeunes.

Le chef du parti Groenlinks, Jesse Klaver

Pouvez-vous identifier quelques changements de politique que vous souhaitez apporter, susceptibles d’améliorer la qualité de vie des jeunes européen·e·s et de leur donner une vision positive de l’avenir ?

Le manque de possibilités pour les jeunes, c’est le résultat d’années de politiques de droite dogmatiques qui ont échoué. Ils ont cru que la libéralisation du marché du travail, le marché financier dérégulé, l’austérité et le libre-échange pouvait créer de la richesse pour tout·e·s. En fait, ces politiques ont créé des banques en difficulté, du chômage, des services publics sous-financés, des inégalités et, dans certaines régions d’Europe, une génération de jeunes qui ont une moins bonne situation que leurs parents.

Il faut casser ces idéologies de droite, non pas avec quelques mesurettes sociales, mais en remettent la justice sociale au cœur de la politique européenne. En réglementant le marché financier, en mettant en place un véritable programme d’investissement, en fournissant un filet de sécurité avec protection sociale, nous pouvons donner aux jeunes les opportunités qu’ils et elles méritent.

Quels sont vos objectifs en tant que Spitzenkandidat ou eurodéputé dans les 5 prochaines années ?

Tout d’abord, j’aimerais mener une campagne réussie : augmenter la taille du groupe des MEP (député·e·s éuropéen·ne·s ndlr) écologistes qui luttent pour une Europe différente, avec les MEP élu·e·s de toute l’Union Européenne. Je veux que nous soyons l’alternative crédible aux vieux partis centristes qui prétendent qu’il n’y a pas d’alternatives. Je souhaite que nous montrons et démontrons aux électrices et électeurs qu’une UE différente, écologiste et juste est possible, sans rejeter la précieuse coopération européenne que nous avons construite au cours des dernières décennies.

Vous pouvez nous parler d’un ou d’une jeune personnalité politique qui vous inspire et nous expliquer pourquoi ?

Alexandria Ocasio-Cortez est une femme politique très motivante. Elle montre que – malgré cette période très inquiétante dans la politique Américaine – qu’il y a toujours l’espoir de vaincre la politique de la peur et de la colère. Elle propose l’espoir qu’il est possible de gagner avec les politiques progressistes. Ocasio-Cortez a déjà déclaré son premier objectif : travailler sur un nouvel accord écologique pour les États-Unis. En fait, elle n’est pas la seule voix progressiste : la “vague bleue” des nouveaux démocrates qui ont pris la Chambre des Représentants est le groupe plus diversifié de l’histoire : il représente toutes sortes d’origines ethniques, religions, sexes et orientations sexuelles.

Alexandra Orcasio Cortez, la plus jeune représentante jamais élue au Congrès Américain

Membre de partis écologistes écossais et français, je viens de Glasgow, mais reste à St Gaudens et travaille en tant qu'assistant de langue au lycée et au collège. Ancien co-organisateur des jeunes écologistes écossais aussi!

Les échos du vent : l’agenda des luttes européennes

A vos agendas camarades ! Chaque année, un militant écologiste et altermondialiste bercé par ses voyages et ses rencontres, répertorie sur son site un agenda des rassemblements écologistes, sociales et altermondialistes en Europe.

On peut ainsi noter dés le 9 juin en France le Tour Alternatiba, une mobilisation anti-nucléaire à Bure le 16 juin, et enfin plusieurs camps climat dans toute l’Europe (Autriche, Allemagne, République-Tchèque, Suisse…).

En plus de cet outil libre et gratuit à toutes et tous, “Les échos du vent” est également un carnet de voyages militant. Nous donnant une folle envie de bouger, de voyager et de rencontrer des personnes formidables à travers toutes l’Europe.

Alors n’attendez pas une seconde de plus, découvrez vite cet agenda et préparez vos luttes estivales !

La France peut-elle encore dire « NON » au CETA ?

Quatre cent huit. C’est le nombre de député·e·s (sur 695 votant·e·s) ayant voté pour l’application et la ratification par l’Union Européenne du Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA, Accord économique et commercial global) le 15 février dernier au Parlement Européen.

Ainsi soit-il. La représentation européenne a ainsi décidé. Et la majorité parlementaire française est plus que décidé à voter « POUR ». Ce traité tant décrié par nos chèr·e·s euro-député·e·s et les ONG environnementales semble devenir, aujourd’hui, quelques semaines après son application partielle, une réalité. On nous promet des retombées économiques et une croissance à l’infini ; de quoi faire rougir notre cher Pierre Gattaz ! Mais sommes nous tou·te·s destiné·e·s à subir ce libéralisme sans entrave, ce capitalisme sauvage et ces multinationales plus puissantes que jamais ? La France (car la ratification se fait dorénavant à l’échelle nationale) peut-elle encore dire non ?

Espérer de la majorité serait naïf et insensé politiquement.

Heureusement, un collectif français altermondialiste a trouvé la solution. Le collectif Stop TAFTA (dont les Jeunes Écologistes et EELV font partie), a mis en place depuis plusieurs mois une action citoyenne : « CETA à nous de choisir : Référendum ». Elle a tenu sa journée nationale de mobilisation le 18 octobre octobre dernier, rassemblant plusieurs milliers de militant·e·s afin de faire entendre leurs voix et de demander un vote citoyen sur le CETA.  Mais au fond, comment ces citoyen·ne·s peuvent-ils demander ce référendum ? De quoi s’agit-il exactement ?

Concrètement cette procédure que souhaite le Collectif est un référendum d’initiative semi-populaire. A la fois demandé par les parlementaires et par les citoyen·ne·s. Pour qu’il y ait une esquisse de cet acte constitutionnel, un cinquième des parlementaires français·es (185 sénatrices, sénateurs député·e·s) et un dixième des électeurs et des électrices inscrit·e·s (environ 4 729 296 personnes) est nécessaire. Cette initiative issue de l’article 11 de la Constitution prendra, une fois réclamée par le nombre nécessaire de parlementaires, d’électrices et d’électeurs, la forme d’une proposition de loi qui sera soumise par référendum au « peuple français ».

Dans la théorie, cette disposition paraît simpliste. En pratique, durant une période comme la notre où l’altermondialisme est minoritaire au parlement, et où mobiliser des masses, c’est à dire un peu plus de 4 millions de citoyen·ne·s, pour réclamer ce référendum à travers une consultation est très compliqué. Des syndicats et des associations ont déjà tenté l’expérience, la pétition de la Manif pour tous a recueilli « seulement » 700 000 signatures, et en 2008, la pétition contre la privatisation de la Poste avait recueilli 300 000 signatures.

La question se pose ; est-ce qu’un cinquième du Parlement français est contre le CETA ?

Le problème pour y répondre est la différence de positionnement politique entre les député·e·s européen·ne·s et francais·es. Par exemple, le PS français à toujours été favorable à cet accord. Ce sont d’ailleurs leurs ministres qui l’ont négocié et encouragé. Autre exemple chez Les Républicains, au Parlement Européens leurs député·e·s ont voté POUR (suivant la ligne du PPE), mais au niveau national l’avis est partagé, notamment pour les conséquences sur l’agriculture. Ainsi, pour répondre à notre question, nous prendrons une grille de lecture européenne pour pouvoir comparer et essayer de comptabiliser. Lors du vote à Strasbourg le 15 février 2017, tou·te·s les député·e·s de « gauche » et d’extrême droite ont voté CONTRE le CETA, c’est à dire Europe Écologie-les Verts, le Parti Socialiste, le Front de Gauche et le Front National. En retranscrivant ce résultat au Parlement Français, il y aurait ainsi environ 190 parlementaires acquis à la cause, et donc une possibilité de lancer la première phase de consultation citoyenne, c’est à dire recueillir environ 4 millions de voix.

Une disposition inapplicable ?

Cependant, d’après certains constitutionnalistes, cette disposition est quasi inapplicable. En effet, même si dans un grand élan citoyen le Collectif Stop TAFTA, qui est à l’origine de cette procédure, arrivait à trouver les 185 parlementaires (ce qui n’est pas ici infaisable comme nous l’avons vu ci-dessus) et les 4,5 millions de signatures citoyennes. Le texte arriverait devant le Parlement qui s’en saisira dans les délais fixés. La constitution prévoit dans ce cas, si ce dernier examine le projet de loi, que la voie référendaire sera caduque. Il faudrait pour provoquer un référendum une non-examination dans les temps du parlement.

Triste conclusion. Certes l’initiative du Collectif est enthousiasmante, et pleine d’espoir, mais la lucidité et la raison prennent toujours le dessus. Il semble que, seule la raison bienveillante et écologiste des député·e·s de La République En Marche puissent nous sauver de ce feuilleton libéral et capitaliste que sont ces accords internationaux de libre-échanges commerciaux : CETA, TAFTA, JEFTA, APE, TISA…

 

Sources :

1http://www.votewatch.eu/en/term8-eu-canada-comprehensive-economic-and-trade-agreement-draft-legislative-resolution-vote-consent-conse.html

2https://www.greenpeace.fr/ceta-lautre-menace-qui-pese-sur-leurope/

3https://france.attac.org/se-mobiliser/le-grand-marche-transatlantique/

4https://www.youtube.com/watch?v=gThBzdSjIKw

5https://www.collectifstoptafta.org/actu/article/des-milliers-de-personnes-exigent-un-referendum-sur-le-ceta

6http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/constitution.asp#titre_2

7http://www.huffingtonpost.fr/2013/11/21/referendum-initiative-populaire-vote-inappliquable_n_4315311.html

 

Avenue de l’Europe COP21

Aujourd’hui, petit tour d’horizon dans Avenue de l’Europe autour de la COP21 ! Passage par le Danemark, les Pays-Bas et le Royaume-Uni pour comprendre si l’Europe est si vertueuse que cela en terme de protection de l’environnement et de réduction des gaz à effet de serre. N’hésitez par à regarder jusqu’à la fin pour voir l’intervention de Dany Cohn-Bendit, l’ancien député européen est en effet interrogé par Véronique Auger et donne son avis sur la COP21.

Envie de ce voyage vert en Europe ? Un simple clique et c’est parti !

J. Lebourgeois pour la rédac’

Cette émission t’a plu ? Alors n’hésite pas à la partager avec tes amis :

L'équipe de la rédaction se charge de vous proposer régulièrement de nouveaux articles.

Quoi tu connais pas « Sauver la solidarité » ?

Aujourd’hui, Jérémy nous présente un livre d’un philosophe belge, Philippe Van Parijs. L’objectif de ce disciple de John Rawls : donner les armes intellectuelles à la gauche pour repenser la solidarité et faire avancer la démocratie.

Dans Sauver la solidarité, Philippe Van Parijs s’interroge sur les moyens possibles de rétablir une solidarité au sein de la société actuelle. « Sauver la solidarité », voire même l’étendre. Publié en 1995 sous le titre anglais Real Freedom for All: What (if anything) can justify capitalism?, ce livre propose trois piliers sur lesquels la gauche doit s’appuyer : l’allocation universelle, la globalisation démocratique et le patriotisme solidariste.

Philosophe et économiste belge, il publia un livre en 1993 intitulé Marxism Recycled où il prend acte d’une révolution dans la théorie des classes, où l’opposition capitaliste-prolétaire se mue en travailleur-chômeur et y défend l’instauration d’une allocation universelle que chaque individu toucherait de manière inconditionnelle toute sa vie. Dans l’ouvrage explicité ici, il contribue à faire avancer les théories de la Justice de John Rawls. Fortement engagé, il proposa la mise en place d’un euro-dividende, sorte de revenu de base européen. Il défend aussi l’idée d’étendre le droit de vote à tous les étrangers résidant en Belgique aux élections municipales.

Concevoir la solidarité autrement

Sa pensée novatrice suggère ainsi que pour y arriver, il faut se dégager de la conception actuelle de la solidarité, telle qu’elle est véhiculée dans l’opinion commune et la pratique de chacun. C’est-à-dire un acte contingent, fait dans le simple intérêt d’un groupe ou d’une personne de manière éphémère. Bref, être solidaire quand cela nous arrange. Lui conçoit la solidarité bien autrement : celle-ci serait à l’œuvre si étaient mises en place une allocation universelle, une globalisation démocratique ou encore si on œuvrait à une réhabilitation du patriotisme. Voici les trois moyens que celui-ci propose pour arriver à instaurer une société « solidariste » et qui constituent le rawlsisme de gauche. Cet ouvrage témoigne d’une pensée qui refuse la résignation et qui conçoit l’avenir de notre société de manière différente, c’est-à-dire basée sur l’idée de justice sociale universelle.

Petit point sur le rawlsisme. Philosophie conçue par le philosophe américain John Rawls, il y défend l’idée que tout individu tend consciemment à prendre des décisions qui maximisent l’intérêt général. Une action est considérée comme bonne si, et seulement si, elle permet d’accroître « le plus grand bonheur pour le plus grand nombre », et ce, même s’il faut sacrifier le bien-être de certains.

Il posa deux principes :

* Principe de liberté et d’égalité : Chaque personne a un droit égal aux libertés les plus étendues compatibles avec la liberté des autres.

* Principe de différence : Les inégalités sociales et économiques doivent être agencées de sorte que tout individu ait les mêmes chances que les autres. Les inégalités sont justifiées lorsqu’elles permettent d’améliorer la situation des plus désavantagés.

Pour une démocratie mondiale

Philippe Van Parijs consacre la première partie de son essai à définir ce qu’est le rawlsisme de gauche. il y défend notamment le souci de lutter pour l’avènement d’une démocratie mondiale. Penser la démocratie à l’échelle nationale, celle de notre société n’est pas suffisante. Il ne s’agit pas pour autant de créer d’autres institutions de solidarité, mais bien de consolider et d’améliorer les anciennes. Pour se rapprocher d’une redistribution des richesses d’envergure mondiale, la « première étape » est de passer à l’échelle supérieure, car les systèmes nationaux de redistribution sont soumis à de trop fortes pressions. Pressions qui sont réduites lorsque l’on passe à une échelle plus grande, car cela permet d’avoir une marge de manœuvre accrue en ce qui concerne la gestion des taxations, de l’épargne, de la consommation d’énergie. Donc lutter aujourd’hui pour un rawlsisme de gauche, c’est vouloir préserver les espaces de distribution existants, tout en luttant contre le morcellement territorial de la solidarité (autrement dit, l’organiser sur un territoire le plus grand possible).

En effet, l’échelle nationale s’impose comme une barrière à la réalisation de l’idéal de justice solidariste, car elle est basée, dans les pays riches, sur la démocratie conçue comme nationale. Or, derrière l’apparente harmonie des termes justice et démocratie, il y a un véritable obstacle à la réalisation de la justice si on s’en tient à l’échelle nationale. Les démocraties posent en effet un souci d’égalité au niveau des territoires par l’institution de leurs frontières. Une justice sociale mondiale ne peut en effet être envisageable que si, d’un point de vue institutionnel, tous les individus de la planète ont le même accès aux mêmes opportunités, sont égaux face aux flux de richesses…

Pour obtenir une justice mondiale, il faudrait donc tout d’abord abattre les frontières pour que les inégalités entre habitants de pays pauvres et riches s’amenuisent. Via cette suppression, les capitaux et les travailleurs pourront en effet se répartir entre tous les pays, contrairement à aujourd’hui où le capitalisme des pays démocratiques a accentué la disparité Nord/Sud. La conséquence inévitable de cela est donc que les habitants du Sud veulent aller dans les pays du Nord pour pouvoir profiter eux aussi de ces richesses. De plus, la démocratie donne également le pouvoir aux habitants des pays du Nord (par leur vote) d’enrayer cette venue d’immigrants qu’ils considèrent comme une menace du fait qu’ils viennent profiter des ressources du pays d’accueil. Donc plus il y aura de démocraties nationales dans le monde, moins il y aura d’égalité à l’échelle mondiale, ce que seule une démocratie à l’échelle mondiale serait capable de résoudre.

Si la démocratie nationale freine l’avènement de cette justice sociale, il faut alors la sacrifier. Philippe Van Parijs ne voit en effet la démocratie que comme un instrument institutionnel. Et à ce titre, si l’idéal exige de l’écarter, alors il faut le faire. L’ingénierie démocratique ne doit pas se laisser guider par un idéal démocratique autonome, mais par un idéal de justice, pour lequel l’idéal démocratique ne serait au mieux qu’un instrument.

Pour autant, moins de démocratie ne nous rapproche pas plus de la justice sociale non plus, car une procédure ne respectant pas les trois principes de la démocratie (conjonction de la règle de majorité, du suffrage universel et de la liberté de vote) offrirait encore moins de garanties que la démocratie de réaliser cet idéal.

La question est donc de savoir lequel, parmi les innombrables dispositifs de décision collective qui satisfont aux trois conditions minimales, est capable d’assurer la réalisation de cette justice sociale. Le dispositif choisi devra pouvoir permettre l’éclosion d’un débat public à travers lequel toutes les parties concernées puissent faire entendre leurs positions et leurs arguments et surtout, influencer le contenu des discours. Seul ce débat est susceptible de faire de la démocratie un mécanisme institutionnel permettant de façonner les lois et son fonctionnement selon cet idéal de justice.

Et l’Europe dans tout ça ?

L’Union européenne témoigne de la possibilité de dépasser l’échelle nationale. Mais les difficultés de mise en œuvre de cette solidarité supranationale sont bien réelles. Seule institution supranationale, l’Union européenne semble être l’organisation politique la plus à même de réaliser ce défi d’allier démocratie et justice pour une solidarité effective universelle.

Cependant, instaurer un mécanisme de redistribution interpersonnelle massive à cette échelle n’est pas sans poser des problèmes de fond. Tout d’abord, la taille de ce mécanisme pose problème. Plus il est grand, mieux ce serait. Or, plus l’UE est grande, c’est-à-dire, plus elle a d’États membres, moins son pouvoir politique est fort, car il est très difficile d’obtenir de tous les États membres (28 en 2015) une décision commune, sachant que chacun défend ses intérêts nationaux. De ce fait, pour renforcer le pouvoir politique de l’Union européenne, il faut accroître le pouvoir du Parlement européen, seule institution représentative élue au suffrage universel direct. C’est en effet celui-ci qui, au-delà des intérêts personnels, vise l’intérêt des habitants de l’Union. Mais il faut encore rééquilibrer le pouvoir du Parlement européen, qui est celui des citoyens, et le pouvoir de la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et le FMI). Mais il faut aussi renforcer les échanges scolaires, les euro-diffusions, l’anglais comme « latin du troisième millénaire » pour pouvoir réaliser des débats à 28 sans intermédiaires, ce qui contribuerait à créer un sentiment de cohésion entre les peuples, pour créer un patriotisme européen qui se voudrait « solidariste ». On voit donc déjà les difficultés à mettre en œuvre ce projet de justice sociale à l’échelle d’un continent. Il est aisé d’imaginer les difficultés d’organiser cette démocratie mondiale distributrice équitable des richesses.

Suite de la réflexion se situe dans un deuxième article consacré à cet ouvrage, à paraître bientôt sur La Souris Verte.

Etudiant en classe préparatoire littéraire au lycée Chateaubriand. Chroniqueur pour la rubrique "Quoi tu connais pas" de La Souris Verte. Membre du comité de rédaction du journal.