FYEG15

Récit d’une assemblée générale : immersion géorgienne (J-1)

Après un premier jour riche en découvertes et en tourisme, il ne me reste que cette journée pour profiter un peu du calme avant la tempête que semble être l’AG. J’en ai profité pour la commencer par une grasse matinée, histoire de rattraper un peu du sommeil manquant de la veille.

Aujourd’hui on doit accompagner Ana, une amie de Giorgi à sa cérémonie de fin de lycée. Tout le monde sur son 31 (sauf moi évidemment, je n’avais pas du tout prévu ça en partant), on va laver la voiture et on est partis pour aller récupérer Ana chez elle pour la conduire jusqu’à son école pour sa cérémonie, un événement ma foi bien surprenant…

Première surprise : le quartier. On se retrouve dans la banlieue de Tbilissi, chez Ana, où le décor n’a évidemment rien à voir avec le centre. Les bâtiments sont ici l’équivalent de nos HLM français, mais en moins bien entretenus. Le quartier semble même, de loin, laissé à l’abandon et seuls les vêtements pendant aux fenêtres nous indiquent le contraire. Pourtant une fois que l’on se retrouve entre ces barres d’immeubles, on ne peut que témoigner de la vie très active qui s’y déroule. Il y a beaucoup de monde dans les rues, beaucoup de commerces de proximité, installés de façon un peu anarchique entre les immeubles, des jardins potagers, des terrains de jeux pour les enfants…un quartier plus que chaleureux à priori. On arrive devant chez Ana, après s’être un peu perdus tant les immeubles se ressemblent et je profite de l’attente pour faire remarquer tout ça à Giorgi. Il m’explique alors que tout ceci est lié à ce qu’il m’expliquait la veille, c’est-à-dire l’absence de politique d’urbanisme à destination des populations et les habitant du quartier n’ont évidemment pas les moyens de faire rénover un immeuble aussi grand et ce n’est de toute façon pas une priorité. D’autant qu’avec la crise de 2008 le secteur du bâtiment a été mis à mal et ne s’en est toujours pas remis. De nombreuses entreprises du bâtiment ont fait faillite à l’époque laissant ainsi le marché aux quelques grands groupes qui, aujourd’hui, forment un oligopole sur le marché national. En résulte donc des bâtiments délabrés, dont personne ne se soucie vraiment, en tout cas clairement pas les responsables des politiques publiques.

Un bâtiment typique de la banlieue de Tbilissi, à ceci près que celui-ci a une porte à l'entrée

Un bâtiment typique de la banlieue de Tbilissi, à ceci près que celui-ci a une porte à l’entrée

Il y a tout de même un léger « programme d’urbanisme » dans ces quartiers, soutenu par les pouvoirs publics, qui nous semblerait à nous complètement sorti d’un autre monde. La ville finance à hauteur de 70% le coût de l’installation d’une porte à l’entrée de l’immeuble, si les habitants s’engagent eux à en financer les 30% restant. Ça peut nous paraître vraiment étrange, mais traditionnellement ce genre d’immeubles n’a pas de porte d’entrée au pied de celui-ci, et tout le monde peut y accéder sans aucun problème. Mais bon ce n’est clairement pas la politique d’urbanisme du siècle… Surtout qu’en plus, Giorgi m’explique que c’est globalement inutile puisqu’en Géorgie, comme ils n’ont traditionnellement pas de porte au pied des immeubles en banlieue, personne ne souhaite vraiment que ça change et de toute façon personne n’a envie de payer pour quelque chose d’aussi futile. Je ne percerai jamais le mystère du pourquoi de cette politique malheureusement…

Le double effet, crise de 2008 plus absence de plan d’urbanisme ne se fait d’ailleurs pas sentir qu’en périphérie. J’en ai déjà parlé hier, de nombreux bâtiments restent à l’abandon y compris dans le centre. C’est aussi ce qui explique que nous avons croisés depuis mon arrivée beaucoup de bâtiments “en construction”, mais manifestement plus en chantier et que personne ne finira jamais probablement. Les entreprises qui portaient ces projets ont fait faillite et ont laissé les chantiers tel quel. Celles qui restent, elles, n’ont pas repris ces débuts de bâtiments pour finir les projets, mais sont plutôt allées construire quelques centaines de mètres plus loin pour vraiment marquer la distinction entre “leur projet” et ceux de leurs concurrents qui ont fait faillite…

Un de ces nombreux bâtiments de Tbilissi "en construction"

Un de ces nombreux bâtiments de Tbilissi “en construction”

Mais assez parlé de politiques publiques, aujourd’hui on est là pour la cérémonie d’Ana, sujet bien plus réjouissant, et ça tombe bien, la voilà qui arrive.

Elle arrive dans une robe de soirée, très bien coiffée et maquillée pour l’occasion également. Je m’attends du coup avec le tout à une cérémonie en grandes pompes. On part donc pour son école (avec 45 minutes de retard, mais c’est assez courant apparemment), qui, autre surprise, ne se trouve qu’à 500m mais on y va en voiture, en 4×4 même pour être précis… En arrivant, je ne vois que des voitures très classes et tout le monde sur son 31. J’attends patiemment le début de la cérémonie, mais Giorgi m’explique alors qu’en fait ce n’est qu’une séance photo devant l’école et que c’est le programme pour tout le reste de l’après-midi, en différents endroits. Je ne m’étalerai pas bien plus longuement sur le sujet, mais je suis resté assez stupéfait de l’impression très superficielle qui m’est restée de cette après-midi. A plus forte raison parce que Giorgi m’explique au fur et à mesure que je vois tout le monde défiler que c’est en fait le but de cette « cérémonie ». La plupart des personnes présentes ont très probablement loué leur voiture pour l’occasion dans une sorte de concours de celleux qui aura l’air la-e plus riche. Plus il entre dans le détail, plus je le vois très gêné par tout ceci aussi. Ce rituel peut aller très loin manifestement. Certains de ses amis se sont endettés spécialement pour l’occasion lors de sa cérémonie à lui, chose qu’il ne comprend pas. Je ne peux qu’acquiescer.

On va donc de photos en photos à travers Tbilissi. Tout est très scénarisé, tout est filmé, y compris les pseudos courses poursuites entre amis qui sont évidemment loin d’être sans risques, d’autant que la conduite en Géorgie pourrait probablement être classée discipline olympique tant elle est sportive. J’en profite pour faire mon touriste et découvrir de nouveaux points de la ville que je ne connaissais pas, ce qui n’est pas pour me déplaire. Notre après-midi photos finie, nous retournons à la maison pour le dîner (toujours aussi copieux) puis je m’en vais rejoindre mes camarades fyégien-ne-s pour le pot de bienvenue, au siège des Jeunes Verts Géorgiens, qui a de quoi rendre jaloux de nombreuses autres organisations.

Je n’y ferai qu’un passage éclair, mais c’est toujours aussi plaisant de revoir tout le monde et toujours aussi effrayant de se rendre compte des dizaines de prénoms qu’il va falloir (ré)apprendre. Après de brèves retrouvailles autour d’un verre de limonade à la vanille et une nouvelle tournée de Khatchapuri (vegan cette fois-ci !), il est l’heure d’aller se coucher. Il va falloir tenir encore quelques jours alors autant profiter du peu de repos qui m‘est accordé !

Jeune Ecolo déjà vieux, passionné de voyage et bonnes bières mais une étrange aversion envers la musique ce qui ne l'empêche pas de prendre sa plume pour La Souris à l'occasion.

Récit d’une assemblée générale : à la découverte de la Géorgie (J-2)

Antoine, Jean, Marie, Léa et Michaël sont parti-e-s pour Tbilissi, capitale de la Géorgie. C’est en effet là que se tient cette année l’Assemblée générale de la FYEG (Fédération des Jeunes verts européens). Elleux nous racontent leurs pérégrinations dans cette république du Caucase, aux confins de l’Europe. Aujourd’hui, Michaël nous fait faire une petite virée touristique à travers la ville.

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