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Bitcoin : un danger pour le climat

Ces dernières semaines se succèdent les articles autour du bitcoin. En effet, cette “monnaie virtuelle”, partie de rien vaut désormais plusieurs milliers de dollars. Une véritable success story pour les early adopters, qui se sont enrichis grâce à la spéculation autour de cette technologie. Mais aujourd’hui, son développement menace directement le climat à cause de la consommation électrique nécessaire au fonctionnement du bitcoin.

En effet, d’après les calculs du site Digiconomist, la consommation annuelle du réseau Bitcoin est estimée à 52 Twh, à la date du 27 février 2017. Et cette consommation est en constante augmentation, comme le montre le graphique ci-dessous :

Source : https://digiconomist.net/bitcoin-energy-consumption

Comment fonctionne le Bitcoin ?

Le Bitcoin repose sur une technologie décentralisée, la blockchain. Inspirée de la cryptographie, il s’agit de protéger les données du réseau de la falsification, rendant ainsi quasiment impossible la création monétaire non-autorisée. Cependant, là où une monnaie numérique standard va vérifier la faisabilité d’une transaction auprès d’un serveur centralisé, la blockchain est présente dans une multitude d’ordinateurs de part le monde. Ces machines sont appelées “mineurs”, car pour vérifier la véracité d’une transaction, elles doivent résoudre un problème cryptographique. Sans ces machines, chargées de sécuriser le réseau, le Bitcoin ne pourrait pas fonctionner efficacement. Une fois résolues, ces machines sont rémunérées en Bitcoin.

Cependant, le protocole du Bitcoin fut conçu de façon à ce que ces problèmes soient de plus en plus complexes au fil du temps, ce qui implique davantage de consommation énergétique. Il est aujourd’hui impossible de corriger ce problème dans le Bitcoin (de part sa conception), qui est condamné à rester un gouffre énergétique. D’autres crypto-monnaies, comme Ethereum, tentent de résoudre ce problème et sont donc moins coûteuses en énergie.

Pourquoi s’inquiéter ?

Ainsi, à l’heure où ces lignes sont écrites, le réseau Bitcoin consomme l’équivalent de 0,23% du réseau électrique mondial. Une simple transaction en Bitcoin demande 784 KWh aujourd’hui, soit un peu plus de la consommation moyenne d’un foyer français pour 2 mois ! Ainsi, une transaction Bitcoin rejette l’équivalent de 384.15 kg de CO2, soit presque autant qu’un aller simple Paris-Pékin en avion ! D’ailleurs, la plupart des mineurs de Bitcoin se trouvent en Chine, là où l’électricité est peu chère, parce qu’encore majoritairement produite par des centrales à charbon.

Quelles solutions ?

Au delà de l’aspect purement spéculatif, le Bitcoin représente aujourd’hui une menace sérieuse et directe pour le climat. C’est un exemple de plus qui démontre que nos échanges doivent se relocaliser, que nos activités doivent retrouver du sens. Nos gouvernements doivent exiger une régulation de cette “monnaie”, afin de respecter les engagements des accord des Paris.

Par ailleurs, à notre échelle, il existe des alternatives, comme par exemple les Monnaies Locales Complémentaires un peu partout qui visent à dynamiser le tissu local des productrices et producteurs, des associations, des services… Plutôt que de s’enrichir sur le dos du climat, préservons le !